Au fil du temps, les connaissances sur les baleines à bosses qui fréquentent nos eaux se renforcent, grâce au travail de la Réserve naturelle. Aujourd’hui, après douze jours de suivi scientifique en mer, du 23 mars au 3 avril, la mission Megara 2015 fait le bilan : trois biopsies, un très grand nombre de photos et de vidéos et beaucoup d’enregistrements de chants de mâles.

La belle surprise de cette expédition a été la diversité et le nombre de chants des mâles, les meilleurs chanteurs cherchant à se faire valoir pour gagner le cœur de celles qui les choisiront pour l’accouplement. «Chaque année, les chants se renouvellent et ils sont cette saison relativement différents de ceux que nous avons entendus et enregistrés grâce à l’hydrophone en 2014», remarque Julien Chalifour, en charge du pôle scientifique à la Réserve. «S’ils viennent du même endroit, les mâles vont adopter le même style de chants, et ces chants évoluent apparemment au fur et à mesure des rencontres entre les groupes», continue-t-il en précisant que chez les baleines à bosses, le premier au hit parade a les meilleures chances de reproduction.

3 biopsies seront comparées à 8 500 échantillons conservés aux Pays-Bas

Trois prélèvements de peau vont permettre de déterminer le sexe et l’origine de chaque individu ainsi que leur régime alimentaire, mais aussi les éventuels polluants chimiques qui se fixent dans l’organisme de l’animal. Ces biopsies seront comparées par le Dr Per J. Palsboll, de l’Université néerlandaise de Groningen, à une base de données de plus de 8500 échantillons prélevés sur des animaux dans l’Atlantique Nord. Elles permettront peut-être de découvrir quelles zones de l’Atlantique ont fréquentées ces grands mammifères actuellement à Saint-Martin.  

Un baleineau photographié à Saint-Martin et en Norvège

Parmi la quinzaine de participants, on trouve Michel Vély, spécialiste des mammifères marins et président de l’association Megaptera, qui développe de nombreux programmes d’étude, de sensibilisation et de conservation des mammifères marins ; deux preneurs d’images et de son, mais aussi Olivier Halin, vidéaste et pilote de drone. Habitué des expéditions scientifiques, il a pu tourner des vidéos au plus près des animaux et des officiants. Il va falloir maintenant traiter toutes ces images et plus particulièrement trier les photos de nageoires caudales, dont les caractéristiques signent l’identité de chaque animal, les entrer dans le catalogue créé l’année dernière par la Réserve et les partager avec les catalogues existants, dans la Caraïbe, mais aussi aux Etats-Unis, au Canada et en Scandinavie. C’est ainsi qu’en 2014, la photo de sa nageoire caudale a permis de vérifier qu’un baleineau vu à Saint-Martin avait également fréquenté les côtes norvégiennes. Le pôle scientifique travaille déjà au rapport de stage et la Réserve nous promet que le public aura l’occasion de découvrir les vidéos et autres belles images collectées pendant la campagne Megara 2015

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