Dans sa lettre ouverte du 14 avril, l’association du BTP (ABTP) fait un bilan très sombre de l’activité actuelle et se montre très anxieuse face à l’avenir, par la voix de son vice-président, Franck Viotty.

En effet, l’ABTP de Saint-Martin, qui a régulièrement rapporté un déclin d’activité avec des pertes de parts de marché  et une amplification de la situation de crise, déplore que les bilans de fin d’année de la plupart des entreprises locales soient mauvais. “La dégradation est durablement installée, mais pire nous n’avons pas la certitude d’avoir encore atteint le fond du gouffre. L’avenir est très incertain et l’ensemble des architectes de l’ile nous confirme que les planches à dessins sont vides. Pire, les experts comptables, au moment d’établir les bilans annuels, mettent en lumière la situation catastrophique car malgré les chantiers annoncés à corps et à cri par la Collectivité de Saint-Martin et la Semsamar, les bilans consolidés ne font que ressortir des déficits confirmés. L’activité en 2014, en apparence soutenue par la construction de la Cité Scolaire, ne laisse aux entreprises locales cotraitantes et surtout sous-traitantes des marges brutes dégagées de la taille d’une peau de chagrin.  Les marges nettes sont déficitaires car les chiffres d’affaires, constamment en baisse, ont été accompagnés avec des frais fixes identiques, voire en augmentation. Le secteur privé à quant à lui été presque inexistant.” écrit Franck Viotty, le président de l’association.

L’investissement n’a rien À voir avec les besoins réels

Selon lui, les entreprises extérieures concurrentes, encouragées par le CICE (Crédit impôt compétitivité emploi) dont ne bénéficient pas les entreprises locales, n’ont cessé de prendre des parts de marché. Il avance que la situation catastrophique des entreprises locales ne dégageant pas de bénéfices pèsera sur la Collectivité de deux manières, d’une part sur le montant de l’impôt sur les sociétés, qui sera moindre, d’autre part, sur le fait que la Collectivité devra rembourser les provisions pour impôts sur les sociétés versées par les entreprises antérieurement bénéficiaires et qui aujourd’hui ne dégagent plus de résultats excédentaires ou positifs. “L’avenir n’est guère plus prometteur,” continue-t-il, car “les conditions nécessaires et suffisantes pour inciter le privé à investir ne sont pas encore réunies, le budget investissement de la Collectivité de Saint-Martin n’a rien à voir avec les besoins réels du territoire et l’annonce
triomphante et mirobolante de la Semsamar sur ces projets 2015, n’est qu’un plat réchauffé que l’on nous sert depuis 5 ans, comme les 92 logements de Concordia”. Il termine dans le même esprit en estimant que “la dernière loi en préparation en métropole de plusieurs milliards pour booster l’industrie, comme le CICE, ne s’appliquera pas à Saint-Martin car notre fiscalité est une fois de plus hors champs d’application nationale”.

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