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Mercredi, une journée porte ouverte était organisée au restaurant scolaire du lycée des Iles du Nord, l’idée pour la Caisse territoriale des œuvres scolaires (CTOS) de présenter « une solution de restauration de qualité pour tous ».

Cette journée porte ouverte au restaurant scolaire du lycée s’est tenue de 10h à 15h mercredi. Au programme : visite guidée et intervention de différents acteurs : la directrice de la CTOS Elizabeth Tabari, la proviseure du lycée Jeanine Hamlet, la principale du collège Mont des Accords Aline Confiac ou encore le docteur Jean-Yves Leborgne. Environ 500 élèves du collège et du lycée ont pris part à l’événement. « Ils étaient très à l’écoute et semblaient intéressés par ce qui a été dit », indique Mme Tabari. Une bonne chose car le but de cette journée était « d’attirer le plus de jeunes possible au restaurant scolaire sur le temps du midi », poursuit-elle. Car la structure a été créée pour 600 collégiens et lycéens, mais n’en accueille que 100 à 120 par jour. « C’est très peu », déclare Elizabeth Tabari. Le « but du jeu » était donc de leur faire découvrir ces locaux, et certains d’entre eux ont même dit qu’ils n’y avaient jamais mis les pieds. L’occasion également, par l’intervention du docteur Leborgne, de leur parler de « malbouffe », d’obésité et du bien-fondé de bien manger et de boire de l’eau, seule boisson indispensable à l’organisme. « C’est très important car s’ils ne mangent pas ici le midi, ils mangent des sandwichs ou des plats aux fast-foods. Ce n’est pas forcément mauvais, mais ce n’est pas équilibré au quotidien », ajoute Mme Tabari. Il s’agissait donc également de les initier à la diététique et de leur expliquer pourquoi il est important pour eux de manger au restaurant scolaire, et d’autant plus que les plats proposés le sont à des prix « dérisoires », que les repas sont sains, contrôlés et soumis à des règles d’hygiène et de sécurité drastiques. À noter par ailleurs que la structure est régulièrement contrôlée par les services vétérinaires. « Nous essayons également de mettre moins de sel dans les plats », précise la directrice de la CTOS, ce qui n’est pas du goût de tous. « Les jeunes sont habitués à manger des plats très salés, des yaourts très sucrés, sans parler des jus et sodas qu’ils boivent toute la journée. De plus, ils font peu d’activités physiques. Tout cela crée un développement de l’obésité très inquiétant », souligne-t-elle, avant d’indiquer que la CTOS a donc « un rôle à jouer » et n’est pas là « seulement pour nourrir les enfants ». Elle est là aussi pour « leur apprendre à bien manger ».

40 % des 4-14 ans en surcharge pondérale

Selon des chiffres issus d’une campagne de vaccination à l’hôpital Louis Constant Fleming et croisés avec ceux de l’Observatoire régional de la santé de Guadeloupe (ORSAG), la surcharge pondérale à Saint-Martin atteint près de 54 % de la population. Sur ces 54 %, 28 % sont en « surpoids simple » et 26 % ont un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 30 ce qui correspond à une véritable obésité. « Ces chiffres sont plus élevés que ceux de la Guadeloupe », indique le docteur Jean-Yves Leborgne, qui est également président de l’association Morphée Caraïbes, qui agit dans le domaine de l’éducation pour les problèmes de santé publique (obésité et prévention des risques cardio-vasculaires notamment). Dans la tranche d’âge 4-14 ans, la surcharge pondérale atteint environ 40 % des enfants, ce qui « ne correspond pas du tout aux chiffres européens », précise le docteur Leborgne. Chez les 15-29 ans, ce chiffre passe à 44 %. À noter toutefois que les régimes de privation pour y remédier ont un mauvais résultat et un effet « yoyo » et sont responsables à la longue des prises de poids. Plusieurs facteurs sont en cause, mais il y a aussi et surtout le grignotage d’aliments trop sucrés, trop gras et/ou trop salés, peu onéreux et présentés de telle façon qu’ils attirent les clients. « Aujourd’hui, pour prévenir les risques cardio-vasculaires, nous sommes obligés de tirer la sonnette d’alarme », déclare Jean-Yves Leborgne. « Les gens sont trop pressés, ils mangent de plus en plus de plats cuisinés alors qu’on ne sait pas ce qu’on mange. La preuve en est avec les scandales alimentaires de ces derniers mois ou avec toutes ces boissons sucrées et très colorées qui contiennent des ingrédients comme les exhausteurs de goût qu’on ne trouve pas dans la nature », poursuit-il. Et selon lui, les parents devraient faire attention à ce qu’ils donnent à manger à leurs enfants car le squelette se construit à partir des aliments que mange l’enfant. « Notre alimentation et notre santé devraient tous nous préoccuper. Autrement, nous allons droit au mur », conclut-il. Le message est passé…

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