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C.L., un jeune homme de 19 ans, comparaissait jeudi dernier devant le tribunal de Saint-Martin pour acquisition, détention, usage et vente de cannabis.

Le jeune homme comparaissait également pour recel de scooter, mais il a été impossible d’en vérifier la provenance. Le 21 février, une perquisition dans le cadre d’une autre enquête a été menée à son domicile. Sur place, les gendarmes ont retrouvé des graines de cannabis, des pochons contenant de l’herbe de cannabis et 97 plants de cannabis, ainsi qu’un scooter dont le numéro de série avait été limé. « Que voulez-vous dire pour votre défense ? », lui a demandé le juge Gérard Egron-Reverseau. « Rien », a répondu le jeune homme. Il a toutefois indiqué que « quelqu’un » avait commandé ces graines pour lui et qu’il les avait mis en plant pour les faire pousser. Quant aux différents pochons, il a expliqué qu’ils étaient destinés à sa consommation personnelle et qu’il n’avait pas l’intention de les revendre. À la question du juge « saviez-vous que détenir et fumer du cannabis était interdit ? », C.L. a répondu « non ». « Vous vous moquez de nous ? », a alors poursuivi le juge, précisant qu’on n’avait jamais vu personne vendre « officiellement » du cannabis. De plus, lors de sa garde-à-vue, il a déclaré aux gendarmes qu’il revendait « un peu ». « Oui, mais seulement à une personne », a-t-il alors déclaré devant les juges. Quant au scooter, le jeune homme l’aurait gardé chez lui « pour arranger quelqu’un » qui aurait quitté l’île et serait parti en Haïti, a-t-il dit.  

« Si vous recommencez, ça va devenir compliqué »

C.L. a également indiqué qu’il continuait de fumer un peu, à raison d’un joint par jour, ce qui signifie qu’il en achète à quelqu’un. Et le jeune homme n’en est pas à sa première rencontre avec la justice puisqu’en 2014, peu avant ses 18 ans, il avait déjà été suivi par un juge des enfants lors d’une procédure de mise sous protection qui a duré six mois. Ce qui a conduit le vice-procureur à souligner que C.L. n’avait « pas entendu le juge des enfants » et « a recommencé ». « Quand un jeune se lance dans ce genre de trafic, cela finit souvent par une comparution immédiate », a-t-il ajouté, requérant une peine de cinq mois de prison avec sursis. « Avez vous compris le message du procureur ? Si vous recommencez, ça va devenir compliqué. Il vous faut arrêter », a donc déclaré le juge à son tour. C.L. a finalement été condamné à six mois de prison avec sursis.
Il a été relaxé des faits de recel car l’origine du scooter est inconnue et les faits de vol ne sont pas établis.


 

Le « quatuor » de Saint-Barth condamné

Trois personnes, absentes lors de l’audience du jeudi 16 avril, étaient jugées au tribunal de Saint-Martin pour des faits de vol aggravé. Ce « quatuor », comme on l’a baptisé, était d’abord un trio à qui l’on reprochait un vol en réunion et précédé d’actes de détérioration commis dans la nuit du 31 janvier au 1er février dernier au préjudice d’un magasin de cosmétique de Saint-Barthélemy. Plusieurs centaines d’euros et de dollars avaient été dérobés. L’un d’eux, L.P. était aussi poursuivi pour trois autres vols aggravés au préjudice d’un cabinet de vétérinaire, d’un magasin de spiritueux et d’une villa occupée par des touristes. Lors de ce dernier vol, commis le 11 février dernier avec un certain A.M., quatrième membre du « quatuor », la somme de 3 500 dollars a été dérobée, de même qu’un collier en or d’une valeur de 5 000 dollars. Ils ont été interpellés le lendemain de ce vol et ont tous reconnu leur implication dans ces faits.

Ces personnes agissaient « un peu par désœuvrement », selon le juge Gérard Egron-Reverseau. Ils utilisaient aussi toujours le même mode opératoire : ils fracturaient la porte du commerce, cassaient le cadenas, se servaient puis partageaient. Lors de leur garde-à-vue, ils n’ont pas contesté les faits. A.M., qui était « très défavorablement connu des services de la justice », a été jugé à Basse-Terre. Les trois autres ont été reconnus coupables du vol commis au préjudice du magasin de cosmétique. L’un d’eux, T.F., a été condamné à six mois de prison avec sursis, tandis que L.P. a été condamné à six mois de prison ferme. Il a toutefois été relaxé des trois autres vols. La femme, qui était jusque là inconnue de la justice, a quant à elle écopé de six mois de prison avec sursis.


 

Jugeant le cannabis « trop cher », ils le cultivaient

Le 6 mars dernier, les gendarmes passaient à pied devant le domicile du couple et ont vu des pieds de cannabis. Voyant le couple dans la propriété, ils ont demandé à entrer et ont trouvé 21 pieds de cannabis, plusieurs lampes de culture, 34 « semis » de cannabis plantés et une graine. Entendu, le couple n’a pas contesté faire pousser du cannabis dans le sous-sol de la maison, arguant même que l’acheter revient trop cher, préférant le cultiver pour sa « consommation personnelle ». Aux juges, la femme a déclaré qu’elle croyait qu’il était possible d’en posséder un pot. « Détenir du cannabis, de la drogue est interdit. Comprenez-vous que cela nous interpelle ? », a demandé le juge. L’homme a alors répondu que vu leurs conditions financières, il trouvait « mieux de le faire pousser lui-même », ce qui ne constitue pas une excuse selon le juge. Mais depuis le 6 mars, ils se sont « calmés » et n’en cultivent plus. Ils ne se disent de toute façon « pas dépendants ». Le procureur a requis une peine d’avertissement de quinze jours de prison avec sursis à leur encontre.

L’homme a été condamné à cette peine, tandis que la femme a écopé de travaux d’intérêt général de 35 heures à effectuer dans un délai d’un an. 

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