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Ce lundi matin, une vingtaine de salariés de l’hôpital arboraient des banderoles indiquant que le bloc opératoire était « en grève ». En cause selon la CGTG : « l’attitude méprisante et irrespectueuse » de la hiérarchie.

Et cette hiérarchie, selon un tract distribué par la section syndicale CGTG du centre hospitalier Louis Constant Fleming, recourt « à l’intimation, aux pressions de toutes sortes et au flicage ». « Le service du bloc opératoire, qui est quand même le nerf de l’hôpital, est en grève à cause de problèmes relationnels avec l’encadrement », explique Joinesse Bique, secrétaire de la section syndicale du centre hospitalier. En fait, un préavis de grève avait été déposé pour le 23 avril dernier. Mais suite à une rencontre avec le directeur de l’hôpital le 21 avril, ce dernier « s’étant engagé » à recevoir le personnel du bloc opératoire la semaine suivante, la grève avait été suspendue. Le personnel s’attendait donc à rencontrer le directeur du centre hospitalier entre le 28 et le 29 avril. Mais « n’ayant aucune réponse (…), la CGTG a envoyé un mail à monsieur le chef de l’établissement en lui précisant la nécessité, l’urgence de cette rencontre », et d’autant plus que le cadre incriminé devait partir en congé le 27 avril. Le personnel du bloc a alors reçu un courrier en date du 23 avril, l’invitant à une réunion le 13 mai prochain avec un sociologue et l’autre syndicat de l’établissement. Le personnel a donc réitéré sa demande de rencontre tripartite : CGTG, personnels du bloc et direction. Mais d’indiquer alors que « la direction ayant décidé de faire la sourde oreille, aucun rendez-vous n’ayant été acté avant le 1er mai, le personnel se trouve poussé à faire grève ».

« Personnel souffrant »

Dans le tract, mais aussi dans le discours de M. Bique, la notion de souffrance au travail est récurrente. Selon lui, elle est « déjà palpable » et la situation est « en passe d’entraîner des risques psycho-sociaux », ainsi que des risques de baisse d’un accompagnement de qualité des patients. D’ailleurs, il précise que quatre à cinq personnes, voire plus, sont actuellement en arrêt maladie. La CGTG et « le personnel souffrant du bloc » estiment donc que le chef d’établissement « n’a pas pris l’ampleur des difficultés qu’ils vivent au quotidien ». Les soins aux patients mais aussi la sérénité des soignants sont mis en avant. Une vingtaine de personnes travaillant au bloc opératoire est donc en grève. A noter qu’un service minimum est toutefois assuré.

Une « incohérence »

« Nous attendons que notre directeur nous donne un rendez-vous pour nous recevoir. Mais pour toute réponse, il s’est amusé ce matin à faire photos des banderoles et du personnel sans rien nous dire. Cela démontre son souci du dialogue à l’hôpital », indique Joinesse Bique. Mais selon le directeur de l’hôpital Roland Toussaint, une charte de fonctionnement destinée au bloc opératoire avait été proposée au personnel, mais « personne n’a voulu la signer », déclare-t-il, jusqu’à ce qu’elle ait été « encensée » par la Haute autorité de santé. Il indique également que l’inspection du travail a dû intervenir pour rappeler aux salariés qu’ils étaient là « pour travailler » et qu’un rappel à l’ordre appartenait à la direction de l’hôpital. « Nous avons rencontré le personnel et le syndicat et j’ai proposé une rencontre en présence du cadre incriminé en date du 13 mai prochain et en présence de la médecine et de l’inspection du travail. Or, nous avons droit à un nouveau préavis de grève. Pourquoi puisque nous nous sommes déjà rencontrés ? », s’interroge M. Toussaint. Il y a donc selon lui « une incohérence » et il s’agit aussi, dit-il, de « gens qui n’ont pas envie de travailler dans le cadre réglementaire ».

En attendant, la grève du bloc opératoire risque de se poursuivre, et peut-être jusqu’au 8 mai, date de l’arrivée à Saint-Martin du chef de l’Etat…

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