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Plusieurs incendies se sont déclarés à Saint-Martin en quelques jours. Le temps étant chaud et sec, ce sont là les conditions idéales pour que les feux se déclarent.

Il n’a échappé à personne que le temps est actuellement chaud et sec. Mais selon Christophe Valère-Montout, climatologue chez Météo France, il s’agit là d’un « phénomène relativement normal » et habituel en cette période de l’année puisque nous sommes à la fin de la saison sèche qu’on appelle « Carême ». « Il est vrai que les pluies sont restées exceptionnelles en cette saison, mais moins que l’an dernier », précise toutefois M. Valère-Montout. Il explique en effet que nous avons eu entre 15 et 20 millimètres de pluie au mois de mars dernier, contre zéro millimètres en mars 2014. 2015 n’est donc « pas une année record ». De plus, selon lui, « les averses ont souvent lieu de nuit. Il est donc plus difficile pour la population d’en prendre compte », poursuit-il. Et si le temps est sec ces dernières semaines, ce phénomène est dû à l’anticyclone des Açores qui est descendu sur nous et se renforce. L’alizé est donc sec, il y a peu de nuages et les pluies restent exceptionnelles. Mais selon Christophe Valère-Montout, mai étant là, nous allons « entrer dans la saison suivante » avec les premiers phénomènes orageux. En attendant, la végétation est fatiguée, même s’il y a encore de l’humidité dans l’air. Un phénomène propice aux incendies.

Halte à l’écobuage !

Ces derniers jours, plusieurs incendies se sont déclarés, notamment un à Cul-de-Sac le dimanche 26 avril, un dans la zone de Pic Paradis/La Savane le mercredi 29 avril et un à Quartier d’Orléans, dans une décharge sauvage (feu de broussailles) le même jour. Mais deux à trois petits feux se déclarent également tous les jours. Le temps étant chaud et sec, le lieutenant Maes (brigade de sapeurs-pompiers de Saint-Martin) recommande à la population de faire attention et d’éviter l’écobuage, ou débroussaillement par le feu. « Les gens font leur jardin, pratiquent l’écobuage, mais avec la chaleur, le feu se propage », indique-t-il. Car selon lui, même s’il fait chaud, un feu ne peut pas se déclarer seul. En février dernier, suite à un incendie survenu à proximité de l’aéroport de Grand-Case et lié à l’écobuage, la Collectivité avait déjà rappelé à la population, par le biais d’un arrêté, que « le brûlage à l’air libre des ordures ménagères et des déchets verts est strictement interdit sur l’ensemble du territoire de la Collectivité de Saint-Martin ». Et de souligner que le brûlage des déchets verts peut être à l’origine de troubles de voisinage générés par les odeurs et la fumée, qu’il nuit à l’environnement et à la santé et peut être la cause de la propagation d’un incendie. Et d’exhorter les entreprises d’espaces verts et les paysagistes à éliminer leurs déchets verts par les voies respectueuses de l’environnement et de la réglementation : par broyage sur place, en apportant les déchets à l’écosite de Grandes Cayes, ou par valorisation directe. « Les gens n’en tiennent toujours pas compte », poursuit le lieutenant Maes. Mais selon lui, il est plus que jamais important d’éviter de faire du feu en ce moment, pour cause de sécheresse et de chaleur.

Les brumes de sable, un phénomène naturel

Ces temps-ci le ciel est parfois voilé, en raison de ce que l’on nomme communément les brumes de sable venues du Sahara. Le terme de « brume de sable » n’est pas tout à fait correct, et l’on devrait lui préférer celui de « brume de poussières de sable saharien ». Car l’origine de cette brume qui gêne parfois la visibilité dans nos régions provient des quantités de sable du Sahara projetées dans l’atmosphère lors des tempêtes ou vents violents qui sont amenés à sévir dans le désert. Une grande quantité de sable s’envole alors dans l’atmosphère, entre 1 500 et 6 000 mètres d’altitude. Et tandis que les particules les plus lourdes redescendent assez vite, les plus légères restent dans l’atmosphère. Lorsque les vents alizés sont bien établis entre les côtes d’Afrique et les Caraïbes, des poches de poussière peuvent traverser l’océan, atteindre l’arc antillais et affecter la visibilité de façon plus ou moins durable. Cette pollution naturelle ne date pas d’aujourd’hui. Ces brumes ont un avantage : elles constituent un élément défavorable à la formation des cyclones du fait de l’air très sec qu’elles provoquent. Mais elles ont davantage d’inconvénients : elles réduisent la visibilité pour les navires et les avions, elles favorisent l’usure des moteurs et réduisent leur rendement et elles peuvent avoir des effets néfastes sur la santé de personnes présentant des troubles respiratoires comme les asthmatiques.

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