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François Hollande sera à Saint-Martin ce vendredi 8 mai. Des dysfonctionnements de la Collectivité à la situation économique et sociale du territoire, pleins feux sur les attentes que suscitent cette visite.

INTERVIEW d’ALINE HANSON

« Nous attendons une réponse efficace face à nos besoins les plus urgents »

Alors qu’elle s’apprête à recevoir François Hollande ce vendredi, la présidente de la Collectivité Aline Hanson s’exprime sur les enjeux de cette visite et les dossiers qui attendent une réponse de l’Etat.

SMW : Cela fait 16 ans que Saint-Martin n’a pas reçu la visite d’un président de la République, et c’est une première pour notre jeune collectivité d’Outre-mer. Comment vous êtes-vous préparée ?
Aline Hanson : La venue d’un président de la République est un événement historique pour un territoire sous bien des aspects. Que ce soit pour le sommet Bush – Mitterrand en 1989 ou pour la venue du président Jacques Chirac en 2000, la population a toujours pris la mesure d’un tel événement, et réservé un accueil chaleureux au président de la République. D’un point de vue politique, il est effectivement primordial pour l’exécutif de bien se préparer à cette visite présidentielle, car il va falloir dans un laps de temps très court faire passer le bon message et les bons éléments au président de la République. Nous travaillons depuis un mois déjà à l’élaboration des dossiers et doléances prioritaires qui seront transmis au président et à ses conseillers. Nous avons également arrêté les thèmes qui seront abordés avec le président, lors de l’entretien en tête-à-tête prévu dans mon bureau. Le message devra être clair et concis.

RSA, recouvrement fiscal, compensations de charges, sécurité… Nombreux sont les sujets sur lesquels interpeller François Hollande. Qu’attendez-vous précisément de votre rencontre avec le président ?
Je vous l’ai dit plus haut, l’objectif que nous nous sommes fixé est de présenter la situation de Saint-Martin de façon pragmatique, afin de brosser au président Hollande un portrait précis des difficultés de notre territoire et qu’il puisse en retour y répondre de façon concrète. Nous attendons de sa part une réponse efficace face à nos besoins les plus urgents, parmi lesquels le devenir de notre jeunesse et la mise à disposition de moyens financiers plus conséquents pour l’encadrer et la former.
Concernant le RSA, vous n’êtes pas sans savoir que la Collectivité a souhaité engager un processus de réforme de cette prestation sociale avec l’aide de l’Etat français, dans l’objectif de maîtriser ses dépenses sociales et de parvenir à un financement du RSA qui soit en adéquation avec ce que la Collectivité peut redistribuer. Cette réforme permettrait à la Collectivité de dégager des marges de manœuvre pour l’investissement et le développement économique. Nous allons discuter de tous ces points avec le président de la République, et espérer de sa part une réponse juste et pérenne pour notre territoire et les bénéficiaires du RSA.
Entre autres sujets, nous demanderons au président de faire en sorte que l’Etat tienne les engagements qu’il a signés en 2012 dans le cadre du protocole d’accord Etat/COM/AFD, notamment eu égard au reversement à la Collectivité de sommes fiscales perçues à tort par la DRFIP de Guadeloupe.
La réévaluation de la dotation de l’Etat, la compensation des charges, le recouvrement, l’assiette et le contrôle de l’impôt par les services de l’état, sont parmi les autres dossiers prioritaires sur lesquels nous comptons interpeller le président.

Sur notre territoire qui vit essentiellement du tourisme l’insécurité est source de toutes les inquiétudes. Comment comptez-vous sensibiliser le président de la République sur ce point ?
L’insécurité est un sujet majeur pour notre collectivité, sa population et la santé économique et touristique qui en découle. C’est une mission régalienne de l’Etat et ce dernier pourrait réfléchir à des réponses plus adaptées à nos problématiques. Déjà en 2000, le président Chirac avait souligné dans son discours « les difficultés de Saint-Martin en matière d’insécurité, de répression du trafic de stupéfiants, d’immigration clandestine et de différence de coût du travail avec la partie hollandaise », estimant alors que « l’immigration et le développement économique futur de l’île étaient des sujets qui méritaient des réformes à la fois novatrices et respectueuses des principes de la République ».
La situation n’a guère évolué depuis, c’est pourquoi nous attendons beaucoup du gouvernement sur cette question, car elle conditionne le devenir et l’image de notre île.
Comme je l’ai souvent dit, c’est en mutualisant nos efforts que nous avancerons. Outre une surveillance du territoire et une réponse judiciaire qui doivent être adaptées, nous avons besoin d’engager un réel travail de fond pour une meilleure prise en charge de notre jeunesse. Débloquer des fonds supplémentaires visant à doter le territoire d’infrastructures et de moyens ciblés pour les jeunes et à lutter plus efficacement contre la criminalité, voilà une proposition que nous soumettrons au président Hollande.

Quelle image de Saint-Martin  souhaitez-vous donner à François Hollande ?
Une image franche et directe. Il n’est pas question de masquer la réalité. Saint-Martin est un magnifique territoire doté d’un potentiel unique, mais il doit faire face – comme bien d’autres régions et territoires de la République – à des difficultés socio-économiques réelles, que le gouvernement doit entendre et nous aider à solutionner. 


 

Visite au pas de course pour François Hollande

François Hollande atterrira à Juliana à 15h30 ce vendredi 8 mai, où il sera accueilli par les officiels de Sint Maarten. Il décollera ensuite pour Saint-Barthélemy, où il devrait arriver à 16h30. Deux heures plus tard, il sera de retour à Saint-Martin pour débuter son marathon éclair sur nos terres. Après un atterrissage à 18h30 à l’aéroport de Grand-Case, où il sera accueilli par le préfet, la présidente de la Collectivité, le sénateur et le député, il se dirigera vers l’hôtel de la Collectivité. Selon le sénateur Guillaume Arnell, invité à s’exprimer sur la visite présidentielle hier au micro de SOS Radio (95.9 FM), Aline Hanson pourrait être assise aux côtés de François Hollande dans le véhicule qui conduira la délégation à Marigot. A 18h55, une cérémonie avec dépôt de gerbe se déroulera au Monument aux Morts dans le jardin de la Collectivité. François Hollande s’entretiendra ensuite avec les élus du conseil territorial et Aline Hanson pourra bénéficier d’un entretien privé avec le président. A noter que François Hollande pourrait faire une déclaration à la population depuis le balcon de l’hôtel de la Collectivité. A 20 heures, un dîner à huis clos -selon nos sources dans un restaurant du front de mer à Marigot- avec les élus de Saint-Martin et Saint-Barthélemy clôturera cette séquence présidentielle sur notre territoire.
« Un énorme dispositif a été organisé pour les médias » détaillait hier matin Guillaume Arnell, faisant allusion à la cinquantaine de journalistes qui suivront la délégation présidentielle. Une cohorte d’autant plus impressionnante pour notre territoire que les ministres Christiane Taubira, George Pau-Langevin et Ségolène Royal seront du voyage. Sur SOS Radio, le sénateur Guillaume Arnell évoquait également hier la présence de Fleur Pellerin.

Quel sera l’engouement de la population ?
Les Saint-Martinois, invités à venir saluer le président au moment de la cérémonie à l’hôtel de la Collectivité, vont-ils se sentir concernés par la venue de François Hollande ? Lors des dernières présidentielles, le candidat socialiste avait été effectivement crédité de 51,5% des voix à Saint-Martin, un résultat faisant écho aux votes nationaux. En outre, c’était la première fois sur notre territoire que le parti socialiste arrivait en tête des suffrages, et ce dès le premier tour. Mais au second tour de ces présidentielles de 2012, seulement 32,85% des électeurs étaient allés voter (contre 80% en métropole). Et point de primaire socialiste sur le territoire, un comité de soutien s’étant néanmoins formé pour appeler à voter François Hollande. A noter que d’après le dernier sondage BVA, la côte de popularité du président de la République affiche 27% de bonnes opinions dans toute la France. Reste que, selon notre sénateur, « la visite de la plus haute personnalité de l’Etat est un privilège ». Guillaume Arnell sait cependant quel message il souhaite faire passer au président de la République : les Saint-Martinois aspirent à « être traités exactement comme tous les français ».

 


 

La FipCOM pourra transmettre ses doléances à un conseiller de François Hollande

La Fédération interprofessionnelle (FipCOM) sera reçue le 8 mai par un conseiller du président de la République. Tour d’horizon des sujets sur lesquels elle a choisi de sensibiliser le chef de l’Etat.

Les socio-professionnels vont pouvoir glisser certains dossiers dans la valise du président de la République. Les membres de la FipCOM ont en effet demandé à être auditionnés par un proche collaborateur de François Hollande. « L’Elysée a répondu favorablement à notre requête et nous serons reçus par un conseiller ce vendredi à 17 heures, à la préfecture » confirme le président de la FipCOM, Michel Vogel. Afin de préparer le plus soigneusement possible cet entretien, il a transmis mardi dernier un courrier aux services de la Collectivité : « il s’agit d’accorder nos violons, de s’assurer que nous allons tous dans le même sens ».  
Quant aux sujets qui seront évoqués, ils font écho aux doléances qui nourrissent régulièrement débats et travaux sur le fonctionnement de la Collectivité. « Nous allons aborder la situation du recours devant le tribunal administratif quand à l’obligation de compensation des charges » détaille Michel Vogel, question qui conditionne en partie le rétablissement des finances de la Collectivité. Pour mémoire, après plus de deux ans de saisine, le Conseil d’Etat avait prononcé son incompétence et renvoyé l’affaire en 2013 devant le Tribunal administratif de Paris.
Récemment évoqué avec l’ex-ministre des Outre-mer Brigitte Girardin, venue fin avril dans le cadre d’une nouvelle réflexion sur l’avenir de notre territoire, le toilettage de la loi organique va également revenir sur le tapis : « la FipCOM entend sensibiliser le conseiller du président sur la nécessité de réviser la loi organique qui régit notre COM ». Notamment, la question de la séparation du législatif et de l’exécutif. Sera également mentionnée la concurrence subie par Saint-Martin du fait de l’exiguïté du territoire, de la libre circulation avec la partie hollandaise, et de l’applicabilité du CICE en Guadeloupe et en Martinique. La FipCOM espère aussi que soit étudiée la possibilité de rendre plus flexibles certaines normes européennes. « Nous sensibiliserons le conseiller de François Hollande sur l’obligation d’assurer la continuité territoriale dans le service public et sur la politique d’assiette et de recouvrement fiscal » ajoute Michel Vogel.
Les dysfonctionnements de la Justice à Saint-Martin seront également mis en avant, les membres de la FipCOM espérant sensibiliser le président de la République sur deux dossiers qui génèrent beaucoup d’attentes et qui ont déjà fait l’objet de travaux de réflexions : la création d’un Tribunal de Première Instance et d’une maison d’arrêt. Sur ces derniers points, la venue de la ministre de la Justice Christiane Taubira, dont la présence dans la délégation présidentielle qui effectue le périple caribéen a été confirmée, permettra peut-être une meilleure prise en compte des besoins de Saint-Martin.  


REPLI DE LA PAF À GALISBAY

Une solution, Monsieur le Président ?

« Sommes nous en France ? » C’est la question que se sont posés hier certains témoins d’une scène insolite à Marigot. L’événement aurait d’ailleurs eu moins de retentissement s’il ne s’était produit à 24 heures de la venue de François Hollande, quand les doléances pour dénoncer les carences de notre territoire remplissent nos colonnes. Hier matin, au rond-point de Galisbay, un contrôle d’identité de la PAF conduit à l’interpellation d’une quinzaine de personnes qui ne sont pas en règle pour circuler sur le territoire. L’opération tourne mal quand des individus extérieurs à la scène s’immiscent dans le dispositif de façon menaçante et prennent à parti les agents de la PAF. Peu nombreux pour faire face, ces derniers auraient alors, selon nos sources, effectué « un repli stratégique » pour éviter le débordement. Les personnes interpellées sont elles reparties dans la nature. Un événement qui relance le débat sur le manque de moyens accordés à Saint-Martin, la libre-circulation des personnes sur cette île bi nationale rendant la tâche d’autant plus complexe. Une solution, Monsieur le président ?


François Hollande sollicité sur les difficultés économiques du territoire

La Chambre consulaire interprofessionnelle de Saint-Martin (CCISM) a fait parvenir un dossier au président de la République, afin de le sensibiliser sur les carences du territoire.

La CCISM a anticipé la visite de François Hollande en lui faisant parvenir un dossier afin de lui faire part « de problématiques structurelles qui affectent l’économie de la partie française et pour lesquelles une intervention de l’Etat est nécessaire » indique son président Jean Arnell. Revenant sur les doléances du monde socio-professionnel, Jean Arnell précise qu’il a été demandé « un soutien au tourisme » et des mesures propres à Saint-Martin : « le CICE majoré tourisme tel qu’il existe sur le territoire national et domien n’est pas applicable sur le territoire de la Collectivité de Saint-Martin, tandis que cette mesure serait susceptible d’améliorer la compétitivité de nos entreprises de ce secteur. En effet, le ratio charges salariales sur le chiffre d’affaires est de 48% à Saint-Martin tandis qu’il est de 34% en métropole (rapport Atout France 2008) » détaille Jean Arnell, qui réclame à l’Etat « une politique volontariste en terme d’allégement du coût du travail pour libérer notre économie et l’armer face à ses concurrents du bassin caribéen ». Et si les mécanismes d’exonération mis en œuvre dans la LODEOM 2015 répondent partiellement à ces attentes, « ils doivent être renforcés pour compenser l’absence de CICE à Saint-Martin ». Le président de la CCISM cite également « la réduction du taux de défiscalisation nationale pour les navires de plaisance » qui « affecte significativement la capacité des entreprises de cette branche à renouveler leurs flottes ».
La CCI de Saint-Martin entend également sensibiliser le président de la République à la gestion matérielle du Registre du Commerce et des Sociétés (RCS), arguant du  « fort dynamisme entrepreneurial de Saint-Martin et la nécessité de disposer d’outils d’administration adaptés ». La visite présidentielle est aussi l’occasion de questionner une fois de plus les services de l’Etat sur l’absence de statistiques territoriales, dont la pénurie « prive les décideurs d’informations qui leur permettraient d’évaluer l’impact des politiques ». La CCI de Saint-Martin a également transmis aux services du président de la République des éléments relatifs au financement de la Chambre consulaire et à l’absence d’établissement départemental de l’élevage qui freine le développement de la filière agricole.


Prendre en compte les « singularités » de Saint-Martin

L’association des hôteliers (AHSM) estime qu’au-delà des dossiers touchant au fonctionnement de la Collectivité, la visite présidentielle doit être l’occasion de mieux considérer l’environnement économique de notre territoire.

« La visite du Président de la République est « symbolique » mais nous espérons bien qu’elle permettra, en dépit de sa brièveté, de mieux toucher du doigt la réalité des difficultés et des singularités de nos territoires. Les dossiers, eux, sont déjà connus et ont été maintes fois évoqués. Difficultés financières de la COM en suite des transferts de compétences mal compensés, poids disproportionné des dépenses sociales qui obèrent ses capacités financières pour l’investissement dans les équipements, les services à la population, le développement économique et la promotion touristique. Au plan des entreprises et de l’économie touristique il est indispensable d’adapter notre environnement réglementaire, sous tous ses aspects, aux conditions réelles et objectives de notre situation et de notre concurrence dans le bassin Caribéen. C’est la condition indispensable pour restaurer la compétitivité de nos entreprises, et notamment dans le domaine hôtelier qui se trouve confronté à une concurrence mondialisée, régionale…. et sur notre île même. La compétitivité est source de profitabilité sans laquelle les entreprises ne peuvent se développer et meurent. Dans le combat que nos entreprises mènent pour le développement et l’emploi il convient de les délester des poids excessifs inutiles, de règles et normes qui sont le plus souvent sans pertinence sur nos territoires, ou dont le poids n’est pas compatible avec nos ressources et dont nos concurrents sont exonérés, délestage qui n’introduirait pas de distorsions de concurrence avec les états européens et la métropole dont nous sommes si loin ….  L’évolution institutionnelle avait, parmi ses finalités, celle de nous permettre de mieux nous adapter à notre environnement spécifique. Et si on le faisait au plan économique ? »


« Aucun travail en profondeur ne pourra être garanti »

Selon les représentants de l’association du BTP, les difficultés de Saint-Martin sont connues depuis longtemps et la brièveté de la visite présidentielle laisse peu d’espoirs.

« Compte tenu du peu de temps consacré à Saint-Martin, aucun travail en profondeur ne pourra être garanti. L’ABTPSM n’a pas souhaité solliciter une entrevue avec les conseillers du président de la République pour la simple et bonne raison que l’ensemble des problématiques de Saint-Martin sont connues depuis belle lurette et n’ont fait qu’empirer au fil des ans. L’association du BTP rappelle que des dossiers concernant Saint-Martin ont été portés à la connaissance des uns et des autres tant lors de la rencontre à Paris avec l’ex-ministre des Outre-mer Mme Penchard que lors de la visite à Saint-Martin de l’ex-ministre des Outre-mer M. Lurel, ou encore lors de travaux avec le préfet, représentant de l’Etat à Saint-Martin. Les solutions qui s’imposent passent par un programme opérationnel de 250 millions d’euros, par un « plan Marshall » de rattrapage et de mise à niveau des infrastructures structurantes de 1 milliard d’euros sur 15 ans, par une dotation de compensation équivalente aux charges transférées, par une maîtrise du RSA ; et en particulier pour les entreprises locales, par une application stricto sensu du CICE à Saint-Martin, éliminant ainsi une concurrence déloyale vis-à-vis des grands groupes de l’extérieur ».


Education, jeunesse, chômage : les attentes de la population

Laurent Bayly, syndicaliste (SNES-FSU)
« J’attends du président de la République qu’il prenne conscience des conséquences locales des décisions prises au niveau national, notamment en ce qui concerne la réforme du collège et de l’éducation prioritaire, et surtout, pour Saint-Martin, de l’atteinte à l’enseignement des langues (suppression des classes bilangues et des classes euro, diminution de l’enseignement des langues, etc.). Mais je serai reçu par les conseillers du président et j’ai des dossiers à leur transmettre ».

Jean-Marc Gervais, président de l’association Jeunesse Soualiga
« Je n’attends pas tant du président, que des élus de la Collectivité qui vont le rencontrer et lui montrer les vrais problèmes afin que tous puissent trouver des solutions. Ce qui me tient particulièrement à cœur, c’est la formation et le post-bac, tout ce qui peut déboucher vers ce que les jeunes aiment et veulent faire. Mais il faut souligner que tout le monde n’a pas les moyens de quitter Saint-Martin pour aller faire des études. Il n’y a pas de post-bac ici, mais il y a des choses que l’on pourrait faire. Seulement, si nous ne demandons pas, nous ne pouvons pas recevoir. Ce n’est pas simple, mais il faut y penser. Ailleurs, ça se fait. Je pense qu’il est très important de penser à ceux qui ne peuvent pas partir et de leur donner l’opportunité de se former ici ».

Fernand Semedo, directeur du SESSAD et du Manteau de Saint-Martin
« J’attends plus d’écoute et, dans ce cadre, que Saint-Martin rattrape son retard en termes structurels, notamment au niveau médico-social. Car quand on compare la situation de Saint-Martin à la Guadeloupe ou à la métropole, on se rend compte que Saint-Martin est très en retard. J’aimerais donc à la fois que le président de la République entende ce besoin et qu’il y réponde. C’est mon souhait le plus important. Enfin, j’aimerais que les dotations soient améliorées ».

Georges Richardson, président de l’association Sandy Ground on the Move Insertion

« Même si la visite de François Hollande est courte, j’aimerais que la présidente de la Collectivité Aline Hanson lui explique les différentes difficultés auxquelles nous sommes confrontés avec notre jeunesse et le chômage. Il faut créer plus d’emplois et prendre une chose en considération : les charges sociales que doivent payer les associations les tuent à petit feu. Il faut donc également trouver un moyen de les réduire pour qu’elles puissent embaucher davantage de jeunes gens. Car quand on voit que 40 % de la population de Saint-Martin a moins de 20 ans, on se dit qu’il est nécessaire de mettre en place un programme social. J’attends de cette visite que tous les élus fassent ce qu’il faut pour s’attaquer à ces problèmes ».

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