Temps de lecture estimé : 3 minutes

Le conseiller territorial indépendant également président de l’association « True Hope for St-Martin » nous a transmis une lettre ouverte au président de la République. Extraits.

Après avoir souhaité la bienvenue à Saint-Martin au président de la République et l’avoir remercié de prendre le temps de « venir jusqu’à nous », Jules Charville débute sa missive en expliquant que « Saint-Martin est en crise ! » et que « derrière sa façade lumineuse », c’est une société « en profonde souffrance ». Car selon lui, Saint-Martin est passé du « moyen âge » à la modernité en moins d’un tiers de siècle et « rien n’a été fait pour permettre à cette société de s’adapter ». Il insiste également sur le fait que malgré le changement de statut, la société saint-martinoise, « qui n’y a pas été préparée », « a perdu ses repères qui déjà faiblissaient » et a davantage de problèmes : précarité, misère, etc. Et tout cela vient s’ajouter selon lui à un « nombre incalculable de particularités dont elle souffre ». Les difficultés qu’il cite sont multiples : une loi organique « inadaptée à notre projet de société  et à notre positionnement géographique », une organisation et une gestion administrative de l’Etat « aveugles à nos spécificités », des coûts de transports domestiques, aériens et maritimes « exorbitants », une éducation « depuis toujours inadaptée à nos réalités sociales, sociologiques et linguistiques », une situation migratoire « très particulière », une situation économique « catastrophique » et une coopération avec les îles voisines « en jachère ».

Trois requêtes

Après cet état des lieux plutôt alarmiste, Jules Charville soumet trois requêtes au président Hollande. D’abord, le conseiller territorial évoque la relance économique pour aider les entreprises locales à se développer, créer et sauver des emplois. Il fait notamment référence au Plan Corail qui avait été mis en place par le gouvernement pour accompagner et soutenir les PME et les TPE des DOM après la grève générale de 2009. Il demande donc au gouvernement la mise à l’étude de la possibilité d’une dispense totale des charges sociales pendant au moins 3 ans. Ensuite, sur le plan de l’éducation, de la formation et de l’enseignement supérieur, il explique que les jeunes saint-martinois sont souvent amenés à quitter leur île après l’obtention du bac « faute de choix » et « par manque de disponibilité en matière de filière et de nouvelles formations ». Il demande alors la mise en place de classes préparatoires (non privées) qui pourront préparer sur place, et pendant 1 ou 2 ans, les étudiants aux concours d’entrée dans les grandes écoles (dans les filières scientifique, littéraire, économique et commerciale, développement durable, etc.) et dans les écoles d’ingénieurs. Mais il demande surtout le respect de la langue de Saint-Martin qui est l’anglais et le « droit de voir nos enfants avoir accès à une école en langue anglaise où le français sera la langue accompagnatrice et non plus celle obligée de l’accès au savoir et à l’éducation ». Enfin, en matière de délinquance et d’insécurité, après le constat d’une tendance à la « démission » générale, il déclare que pour les jeunes, « la solution est  la sortie du chômage obligé, une formation effective et des perspectives d’avenir que n’offre pas aujourd’hui l’horizon obstruée ». Et de demander davantage de moyens et d’aides spécifiques pour l’école, pour la formation et pour l’apprentissage des jeunes.

Et de conclure sur le fait que « Saint-Martin n’aspire qu’à vivre paisiblement et à être pour le monde entier ce qu’elle était il y a encore trente ans : un paradis ». Le message est lancé…

Commenter avec Facebook

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.