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François Hollande a conclu son allocution sur la question du tourisme, évoquant brièvement une défiscalisation. Les acteurs économiques ne manqueront pas de manifester leur déception…

En matière d’économie, point d’annonces visant à booster le territoire, ou si peu. François Hollande s’est contenté de « lancer un appel à tous les investisseurs pour qu’ils viennent ici à Saint-Martin, qu’ils puissent créer des emplois ». Il promet en outre d’encourager leurs efforts par « la défiscalisation ». En revanche, point d’allusion aux doléances exprimées par les acteurs économiques dont la CCISM qui avait anticipé la venue du président en lui transmettant un dossier afin de lui faire part « de problématiques structurelles qui affectent l’économie de la partie française et pour lesquelles une intervention de l’Etat est nécessaire ». Les doléances portaient notamment sur ce fameux CICE applicable dans les autres territoires français de la Caraïbe, mais pas à Saint-Martin, et qui rend nos entreprises si peu compétitives sur le marché régional. Même s’il reconnaît que François Hollande a annoncé « de bonnes mesures », le président de la CCI Jean Arnell ne masquait pas son dépit: « nous étions en attente de mesures fortes sur des dossiers de fond ainsi que pour améliorer la compétitivité économique du territoire ».


Fonds européens : Saint-Martin doit présenter des projets

Avant de lister ses promesses, François Hollande a renvoyé la Collectivité à ses responsabilités. « Tant que vous proposerez des projets, il y aura des financements » scandait-il au début de son allocution, rappelant que son statut de Région ultrapériphérique (RUP) permet à Saint-Martin de « disposer de fonds importants ». François Hollande a donc appelé les Saint-Martinois à « présenter aux autorités de l’Etat le plus de projets possibles », déplorant que « trop de temps s’est écoulé sans qu’il n’y ait suffisamment de projets ». Pour rappel sur la période 2014-2020 Saint-Martin dispose d’un programme opérationnel FEDER / FSE doté de 55 M€ avec, c’est une première pour le territoire auparavant inclus dans la Région Guadeloupe, des axes prioritaires qui lui sont propres. Le programme opérationnel de coopération transfrontalière 2014-2020 est lui doté d’une enveloppe de 10 M€ et sur la dotation de 179 M€ de fonds FEADER pour la filière agricole, le programme de développement rural 2014-2020 Région Guadeloupe / Saint-Martin, prévoit 3 M€ pour notre territoire. Des mannes financières disponibles qui ne tomberont pas du ciel si, on l’aura compris, les demandes de subventions ne sont pas formulées.


D’AUTRES PETITES PROMESSES

Sur la compensation des charges négatives due à l’Etat par la Collectivité, brièvement évoquée dans son allocution, le président veillera « à ce que ça ne soit plus le cas ». Nul doute que cette question a fait l’objet de discussions plus nourries lors de la rencontre à huis clos avec les élus de la Collectivité. Reconnaissant l’atout que représente le bilinguisme, François Hollande a impliqué l’Education Nationale : « le ministère veillera à ce que vous puissiez avec l’Université de Guadeloupe pouvoir disposer ici d’un lieu d’excellence pour les langues étrangères ». Evoquant le développement touristique, il a également associé la Collectivité à « la création d’une section d’hôtellerie d’excellence ». Sur le cadastre, le président a mentionné « un appui technique pour la mise à jour », afin de « savoir exactement quels sont les états de propriété ».

Concernant le fonctionnement institutionnel de la Collectivité, François Hollande s’est peu prononcé, du moins publiquement. Dans son discours Aline Hanson avait elle revendiqué la création d’un « haut commissariat à l’instar d’autres Collectivités régies par l’article 74 », non sans rendre hommage au préfet Philippe Chopin dont elle a salué « le travail qu’il exerce au quotidien ». La présidente de la Collectivité a également déclaré que la COM souffrait « d’une identité juridique brouillée ». Le chef de l’Etat lui s’est contenté de faire part d’« une grande complexité institutionnelle », d’autant plus grande que « coexistent ici deux souverainetés nationales ». Et de rappeler le choix de l’autonomie : « c’est une aspiration », même s’il « la comprend ». Aux élus donc, de potasser les travers de la loi organique et d’exercer un lobby efficace auprès du gouvernement. Une commission ad hoc avait d’ailleurs été créée au sein de la Collectivité…


Et pour Saint-Barth…

François Hollande était le premier président à se rendre sur l’île depuis Valéry Giscard d’Estaing en 1980. Vendredi après-midi, il s’est prononcé sur le contentieux fiscal qui oppose la COM à l’Etat depuis le changement statutaire en 2007 et a proposé « un compromis » afin de régler la dette de Saint-Barthélemy qui, au titre d’une compensation de charges négative, devait verser chaque année 5,6 M€ à l’Etat. L’ardoise de la Collectivité voisine s’élève aujourd’hui à 40 M€. Le locataire de l’Elysée a proposé d’en effacer la moitié « soit un effort de 20 millions d’euros », face à un Bruno Magras visiblement satisfait. François Hollande a également a annoncé la création d’une « caisse locale de sécurité sociale » à Saint-Barthélemy.

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