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Le tribunal jugeait M.B. jeudi dernier pour des faits de vols avec violence. Récidiviste, le jeune homme de 22 ans pourrait écoper de six mois de prison.

Le 25 janvier 2014, le prévenu aurait volé le téléphone portable et la somme de 140 dollars à J.T. Ce dernier a expliqué aux gendarmes qu’il se rendait à Sandy Ground pour acheter de l’herbe. Alors qu’il était dans son véhicule, il s’est rendu compte que quelqu’un venait vers lui. Pensant qu’il s’agissait de quelqu’un qu’il connaissait, il ne s’est pas méfié. Mais l’homme, M.B., aurait pointé un pistolet sur lui et lui aurait pris son portable. J.T. a alors pris la fuite en direction de la Baie Nettlé et s’est garé sur le parking du supermarché du quartier. Un scooter transportant deux personnes est ensuite arrivée à sa hauteur, l’un des deux individus étant M.B. qui aurait fait mine de sortir quelque chose de dessous son t-shirt. Pensant que c’était une arme à feu, J.T. aurait alors proposé à M.B. la somme de 140 dollars en échange de son téléphone. Ce dernier aurait alors pris l’argent sans rendre le portable avant de partir. Sur place, pas de témoin. Seul le gérant du commerce a indiqué que quelqu’un est entré dans son magasin en répétant : « il va me tuer ». Le téléphone n’étant pas doté du système de géolocalisation, il a été impossible à retrouver. Par ailleurs, le système de vidéosurveillance des lieux montre que J.T. était effectivement poursuivi par un deux-roues, mais qu’aucune violence n’a été commise sur le parking du supermarché. Les images indiquent qu’il y a eu une discussion, mais aucune arme n’y paraît et M.B. a bien été identifié, contrairement à l’autre individu. Entretemps, M.B. a été interpellé pour d’autres faits et la perquisition menée chez lui n’a pas permis aux enquêteurs de trouver un quelconque objet en lien avec le vol du 25 janvier 2014.

« M.B. est connu pour ça »

Entendu dans le cadre de ce vol, M.B. a déclaré aux gendarmes qu’il avait bien suivi J.T., et ce, pour comprendre une attitude qu’avait eue ce dernier sur la route. Selon M.B. c’est J.T. qui lui a lui-même remis son téléphone pour régler un litige. Les deux hommes se seraient disputés dans un night-club du côté hollandais. « Mais pourquoi vous a-t-il donné son portable ? », lui a alors demandé le juge. « Je ne sais pas. C’est son problème », a répondu M.B. « Vous comprenez que j’aie du mal à vous croire ? », a poursuivi le juge. Le vice-procureur, lors de son réquisitoire, a déclaré qu’il ne s’agissait pas là d’une première pour M.B. qui est « connu pour ça », « a fait de la prison pour ça » et « est soupçonné de pas mal de faits comme celui-là ». Et d’ajouter qu’un « individu normal ne remettrait pas volontairement son téléphone », avec son carnet d’adresse, ses données personnelles, etc. « Il l’a fait parce qu’il a eu peur », a-t-il ajouté. Puis, en s’adressant à M.B., il a rappelé qu’il avait déjà « six mois de prison ferme sur la tête » et a requis six mois de prison supplémentaires. « Ne vous étonnez pas si les gendarmes débarquent chez vous », lui a-t-il dit. Le jeune homme s’est alors énervé, déclarant que ses parents « souffrent » chaque fois qu’il a affaire à la justice. « J’ai 22 ans ! Je ne vais pas passer ma vie devant la justice ! », s’est-il écrié. Le verdict sera rendu le 4 juin prochain.


Excédé par des travaux, il se sert de son arme

Jeudi dernier, V.G. comparaissait au tribunal de Saint-Martin pour avoir fait usage de son pistolet d’alarme sur des ouvriers qui effectuaient des travaux à la Baie Orientale.

Les faits se sont déroulés le 1er avril dernier et « ce n’est pas un poisson d’avril », a déclaré le juge. Des gendarmes qui patrouillaient ont été informés que des coups de feu avaient été tirés dans la zone du village d’Orient Bay, en direction de la Chapelle. Plusieurs étuis ont même été recueillis à cet endroit. Un témoin a rapidement identifié V.G. comme étant l’auteur de ces coups de feu. Ce dernier a donc été interpellé, placé en garde-à-vue et entendu par les gendarmes. Il leur a expliqué qu’il était excédé par le bruit des travaux qui duraient depuis deux semaines dans un restaurant en face de son logement, qu’il avait « pété un câble » et qu’il avait tiré avec son pistolet d’alarme à blanc. V.G. a également indiqué que ces travaux étaient effectués « sept jours sur sept ». « J’avais fait la fête avec mes amis la veille, j’étais certes un peu alcoolisé, mais ces travaux m’indisposaient vraiment et ça m’a fait du bien de tirer », a-t-il déclaré au juge. Et d’ajouter qu’il a fini par jeter ce pistolet qu’il ne possédait, a-t-il précisé, que depuis peu. Il a même avoué qu’avant de tirer, il avait déjà envoyé des pétards en direction des ouvriers.

Un geste qui « défoule »

Un geste qui « ne sert à rien », mais qui « défoule », a déclaré le vice-procureur lors de son réquisitoire. Mais il a quand même ajouté qu’« heureusement que ce n’était pas une vraie arme », mais que dès que l’on se trouve en possession d’une arme, « on a envie de s’en servir ». Il a requis une peine de 1 500 euros d’amende avec sursis à son encontre, indiquant qu’il ne s’agissait pas là de faits de violences avec arme identiques aux vols à main armée par exemple. Son avocat Me Paris a fait référence à « la pire des tortures » que constitue la privation de sommeil. « Il souffrait beaucoup des travaux qui avaient lieu sept jours sur sept, avec les murs qui tremblaient », a-t-il déclaré. Il a demandé la relaxe pour son client. Verdict le 4 juin prochain.

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