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Comme chaque année, la commémoration de l’abolition de l’esclavage donne lieu à une célébration au pied de la statue « Lady Liberty » au rond-point d’Agrément. Rendez-vous ce mercredi 27 mai à 9 heures.

Ce mercredi 27 mai est un jour chômé sur le territoire. Saint-Martin, comme la Guadeloupe, va en effet commémorer l’abolition de l’esclavage, proclamée il y a 167 ans, le 27 avril 1848 et appliquée progressivement dans les territoires français d’Outre-mer. Dans ces départements et collectivités ultramarins qui ont connu l’esclavage, des monuments ont été érigés pour commémorer cette date historique. À Saint-Martin, c’est le cas de la statue « Lady Liberty » érigée sur le rond-point d’Agrément. Cette sculpture de Theodor Bonev a été inaugurée en 2007, à l’occasion du 159ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage. Elle accueille depuis lors chaque année les commémorations de l’Emancipation Day. Ce mercredi, dès 9 heures, la population est donc invitée à célébrer ce moment fort de l’histoire locale. Allocutions officielles, dépôts de gerbe et animations culturelles accompliront le devoir de mémoire.

UN PEU D’HISTOIRE

L’abolition de l’esclavage avait certes été proclamée en France le 4 février 1794, pour la première fois dans l’histoire, près de 4 ans après l’adoption par l’Assemblée de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Mais l’abolition, appliquée dans toutes les colonies françaises, sauf à l’île Bourbon (La Réunion) et aux Mascareignes, a été révoquée en 1802 par Napoléon Bonaparte. Ce n’est que 46 ans plus tard que l’esclavage est définitivement aboli, le 27 avril 1848. Le décret du gouvernement provisoire du 4 mars 1848 créant la commission d’abolition de l’esclavage précise alors que « nulle terre française ne peut plus porter d’esclaves ». Selon les considérants du décret d’abolition du 27 avril 1848, « l’esclavage est un attentat contre la dignité humaine ; […] en détruisant le libre-arbitre de l’homme, il supprime le principe naturel du droit et du devoir ; […] il est une violation flagrante du dogme républicain : Liberté, Égalité, Fraternité ». L’esclavage a été aboli dans toutes les colonies et possessions françaises dans les mois qui ont suivi la promulgation du décret. Environ 250.000 esclaves noirs ou métis aux Antilles, à la Réunion et au Sénégal sont ainsi libérés (plus de 87.000 en Guadeloupe, près de 74.450 en Martinique, 60.650 à La Réunion, 12.500 en Guyane, et plus de 10.000 au Sénégal d’après les demandes d’indemnisation présentées par les propriétaires).
Chaque territoire commémore l’abolition de l’esclavage en fonction de la date où il y a été proclamé : le 22 mai en Martinique, le 27 mai en Guadeloupe, le 10 juin en Guyane et le 20 décembre à La Réunion. En France métropolitaine, c’est le 10 mai dernier que l’on célébrait la journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions.

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