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La brigade de prévention de la délinquance juvénile (BPDJ) de la gendarmerie travaille depuis trois ans avec un dépliant distribué aux classes de CM1 des écoles de Saint-Martin et Saint-Barth. L’objectif est de sensibiliser les enfants à certains dangers.

 

Intitulé « Et toi, tu fais quoi ?! », ce document est agréé par l’Education nationale et a été conçu par l’association Enfance Prévention. Voilà trois ans que la BPDJ travaille avec ce dépliant qui met en scène un petit garçon qui se retrouve dans certaines situations dites à risques. « Il ne s’agit pas de faire peur aux enfants, mais de les sensibiliser à certains dangers venant des adultes, comme le fait de monter dans la voiture d’un inconnu, les réseaux sociaux, les cadeaux donnés sans raison par des inconnus, les atteintes sexuelles, les images à caractère pornographique, etc. », explique l’adjudant-chef Françoise Cantié, qui commande la BPDJ de Saint-Martin. Et selon elle, ce dépliant est idéal pour les enfants puisqu’il s’agit d’une bande dessinée qui contient peu de dialogues et beaucoup d’images. « Bien qu’il soit en français, il est très bien perçu des enfants, nous permet d’échanger avec eux et de leur demander ce qu’ils feraient à la place de ce petit garçon », ajoute l’adjudant-chef Cantié. Mais cette année, la BPDJ n’a pas obtenu de financement pour distribuer ce dépliant aux élèves de CM1. Françoise Cantié a donc demandé de l’aide au député Daniel Gibbs qui a accepté de le financer.

VISITE À DES CM2 DE L’ÉCOLE NINA DUVERLY

En visite dans une classe de CM2 de l’école élémentaire Nina Duverly qui a « étudié » ce dépliant l’an dernier, M. Gibbs a déclaré que les actions de ce type sont « quelque chose qu’il faut continuer ». Et d’insister sur le fait qu’après avoir été sensibilisés, les enfants « pourront sensibiliser (leurs) proches à (leur) tour ». Il a également évoqué ses souvenirs d’école où les luttes des écoliers avaient trait au sport alors qu’aujourd’hui, les rivalités « versent dans la violence et la délinquance » et constituent « le reflet de ce que l’on voit à la télé ».

ENFANTS LIVRÉS À EUX-MÊMES

Selon Françoise Cantié, ce dépliant permet aux intervenants de faire de la prévention, et surtout à Saint-Martin où les enfants doivent faire face à des risques spécifiques. « Il y a beaucoup d’enfants qui font du stop. Et même s’il n’y a jamais eu de problèmes, on leur explique qu’ils peuvent tomber sur quelqu’un qui a bu et qui risque de faire un accident », indique l’adjudant-chef. Mais d’autres problèmes existent. « Dernièrement, des personnes tentaient d’entrer dans des maisons où il n’y avait que des enfants, en leur disant qu’ils voulaient acheter les bijoux de leurs parents », raconte Françoise Cantié. Elle précise aussi que beaucoup d’enfants sont livrés à eux-mêmes, que ce soit le jour ou la nuit. « On le sait car ils parlent entre eux », dit-elle. A 9 ans, ces enfants ont souvent déjà Facebook, où l’on ne peut pourtant s’inscrire qu’à partir de 13 ans. Ils jouent aussi à des jeux vidéo très violents, parfois réservés aux plus de 18 ans. « On leur apprend à tuer, à aller voir des prostitués… Ils surfent sans contrôle parental », poursuit Mme Cantié. Certains enfants se livrent même à des attouchements dès le primaire. « On nous demande parfois d’intervenir dans des classes de cours préparatoires et il nous arrive de voir des enfants faire des gestes obscènes. Ils les ont bien appris quelque part ! Entre la violence et le sexe, ils commencent très tôt », conclut-elle. La prévention a donc, plus que jamais, toute sa place dans les écoles !

La BPDJ tient à remercier Rapido Print qui a gracieusement mis de la couleur à un dépliant qui aurait dû être en noir et blanc.

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