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Mercredi matin les quelques gouttes de pluie n’auront pas gâché les célébrations de l’abolition de l’esclavage qui sont chaque année l’occasion de rappeler les valeurs fondamentales de la République.

 

Chaque année c’est le 27 mai que Saint-Martin, comme la Guadeloupe, satisfont au devoir de mémoire. Mercredi, au rond-point d’Agrément, face à la statue Lady Liberty érigée en 2007 pour commémorer le 159ème anniversaire de l’Emancipation Day, les commémorations se sont ouvertes au son du gwo-ka et de la conque de lambis, en présence des élus de la Collectivité et du préfet Philippe Chopin. Outre les allocutions officielles et traditionnels dépôts de gerbe, la célébration a été mise à l’honneur par les jeunes qui ont mis en scène des spectacles chorégraphiés pour évoquer l’esclavage et la libération. « La célébration de l’abolition de l’esclavage est un précieux relais intergénérationnel » voulait à ce titre souligner la présidente de la Collectivité Aline Hanson, qui a incité la jeunesse saint-martinoise à « s’approprier l’histoire » en se plongeant dans des lectures instructives telles que l’ouvrage Ségou de Maryse Condé. « Le racisme n’a pas sa place dans notre République et encore moins à Saint-Martin » : Aline Hanson a également tenu à revendiquer la nécessité de vivre ensemble « dans les meilleures conditions de respect afin de parvenir à créer une réelle cohésion dans notre population ». Les valeurs de la République ont également été ardemment soulignées par le préfet Philippe Chopin : « elles constituent le fondement de notre démocratie que nous devons défendre avec force et conviction ». Le député Daniel Gibbs a également insisté sur ces valeurs auxquelles l’abolition de l’esclavage fait référence : « on ne commémore pas pour revenir sur le passé mais pour aller de l’avant ».  

CHANGEMENT DE DATE ?

Mercredi, Aline Hanson révélait que les recherches effectuées par les archives territoriales « s’illustrent dans le cadre de cette commémoration ». Grâce aux travaux menés par l’historienne Daniela Jeffry sur la date de l’abolition à Saint-Martin, les archives ont en effet retrouvé un document d’état civil collecté sur l’île et attestant que la proclamation de l’abolition de l’esclavage sur nos terres aurait en fait eu lieu le 28 mai 1848, et non le 27. « Nous nous baserons sur ces travaux pour faire modifier la date de commémoration sur notre territoire » indiquait la présidente.
La France a été le premier pays en 2001 à inscrire dans une loi la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité. En 2006, le président Jacques Chirac avait acté qu’en métropole, les cérémonies officielles de mémoire de la traite, de l’esclavage et leur abolition, se dérouleraient chaque 10 mai. 22 millions de personnes sont encore asservies à travers le monde. A ce titre le préfet Chopin n’a pas manqué de citer l’illustre Victor Schoelcher : « Disons-nous et disons à nos enfants que tant qu’il restera un esclave sur la surface de la Terre, l’asservissement de cet homme est une injure permanente faite à la race humaine toute entière».

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