Temps de lecture estimé : 6 minutes

Un récidiviste était à la barre jeudi dernier après qu’en février dernier, les gendarmes ont découvert dans son véhicule l’arsenal du parfait dealer. 

Connu de la justice car condamné à plusieurs reprises pour transport et détention de cannabis, T.S. comparaissait jeudi dernier pour des faits identiques. Le 27 février dernier, vers 21h50, les gendarmes effectuent un contrôle routier dans le secteur de Sandy Ground et remarquent une forte odeur d’herbe de cannabis dans un véhicule conduit par le prévenu. Les gendarmes décident de contrôler la voiture mais T.S. prend la fuite. Après une courte poursuite, les gendarmes découvrent dans le véhicule un couteau et divers ustensiles servant à la culture de cannabis, plusieurs sacs en plastique contenant des sachets de produits stupéfiants prêts à la vente, ainsi que de l’argent liquide en dollars et en euros. En outre le téléphone portable de T.S. est saisi afin d’enquêter sur les conversations du prévenu. Dix-sept contacts sont auditionnés et avouent être des acheteurs réguliers ou occasionnels auprès de T.S., désigné comme dealer. Placé en garde à vue, ce dernier se dit alors consommateur mais pas vendeur. Il ajoute que la marchandise ne lui appartient pas, donne un nom et cherche la clémence du tribunal. « Je suis désolé » dit-il à l’audience. Le juge, incrédule, rappelle les précédentes condamnations et signale à T.S. son état de récidive pour lequel la condamnation peut aller jusqu’à 20 ans de prison ferme. « Vous savez la douleur d’aller en prison » rajoute le juge, qui constate que T.S., lorsqu’il est sorti de détention en 2010, avait bénéficié d’une mise à l’épreuve et travaillé régulièrement pendant quelque temps. « Comment envisagez-vous votre avenir ? » T.S. est effectivement père de trois enfants âgés de 7, 4 et 1 an. En outre, le matin même, il avait fait un esclandre et frappé sa concubine devant le tribunal. « Je m’excuse, j’étais stressé ! » dit-il pour sa défense, avouant également avoir fumé du cannabis la veille.
Le procureur propose une peine de 4 ans de prison dont la moitié avec sursis. L’avocat de T.S. plaide la complexité du système pénal qui ne répond que par la répression. « Mon client, fournisseur de bonnes gens, de notables, d’artistes… ne fait que répondre à la loi de l’offre et la demande ». « La prison n’est pas la solution » ajoute t-il, en souhaitant « une personnalisation de la peine ». « Mon client a surtout besoin de soins » termine l’avocat. Après délibération, le tribunal condamne T.S. à 2 ans de prison ferme et à la confiscation de l’argent et du véhicule mis sous scellés lors de l’enquête. T.S. est sorti libre du tribunal mais sera convoqué par le JAP pour l’aménagement de sa peine.


Condamné pour attouchements sexuels sur une mineure

L’affaire était jugée jeudi dernier en l’absence du prévenu et de la victime. Les faits remontent au mois d’août 2014. Lors d’une soirée festive, E.C. un homme de 62 ans, fait des avances à une jeune fille, K.J, âgée de 15 ans et alors hébergée par sa tante. Il lui propose de lui donner 50 euros. Le lendemain, à l’occasion d’une deuxième soirée, ce voisin de la famille va plus loin et invite l’adolescente chez lui. Lors de l’enquête, il a donné sa version : « je lui ai fait signe de venir. Elle est entrée et s’est assise sur le lit. Je lui ai pris la main et je l’ai touchée au niveau de son intimité. Mais je ne lui ai pas manqué de respect. D’ailleurs les portes étaient ouvertes ». Et de justifier ainsi son acte : « c’est dans notre façon de vivre, on propose de l’argent. Mais je demande pardon et je vais m’expliquer avec la mère, on est de la même famille ». Une expertise psychologique avait alors été ordonnée, sans fournir beaucoup plus d’éléments. E.C. est père de 7 enfants et vit actuellement en concubinage avec la mère de ses deux derniers enfants. Il a déclaré « avoir une sexualité satisfaisante » et « se rendre chez les prostituées quand sa femme n’est pas là ». Par la suite, E.C. aurait trouvé un arrangement avec la mère de la victime, qui donc n’a pas souhaité donner suite à la plainte. Ce qui a visiblement perturbé la victime lors de la confrontation. Elle a d’ailleurs fourni une version quelque peu différente : « il a posé sa main sur ma cuisse puis sur mon sexe et m’a retenue dans le lit ». Devant la souffrance de l’adolescente, un administrateur ad hoc avait été désigné pour défendre les intérêts civiques de la mineure. E.C., pour lequel un avocat commis d’office avait été désigné, ne s’est jamais présenté, prétextant que le cabinet était trop loin. Le tribunal a suivi les propositions du procureur et a condamné E.C. à 18 mois de prison avec sursis et mise à l’épreuve de 3 ans. Une convocation du JAP lui sera adressée. L’indemnisation de la victime sera décidée lors de l’audience du 24 septembre au vu du rapport de l’administrateur ad hoc.


Un prévenu conciliant…

D.L., sous contrôle judiciaire pour une autre affaire, comparaissait jeudi au tribunal pour détention de cannabis. Le 11 mai dernier, lors d’une perquisition à son domicile relative à une enquête pour violences, les gendarmes découvrent des sachets contenant du cannabis. Au cours de l’audience, D.L. affirmait pouvoir se défendre sans avocat et a donné sa version. « J’ai voulu rendre service à un copain qui ne voulait pas que sa maman le sache » commence t-il avec assurance. Le juge, visiblement sceptique, s’étonne du risque pris compte tenu de sa situation pénale. D.L., toujours avec aplomb, dit avoir pensé que le temps jouerait en sa faveur vu l’antériorité de la précédente affaire non jugée, faute d’avocat, et qui remonte à 2011. D’ailleurs, il s’exprime sur un ton accommodant : « je ne suis pas content d’être au tribunal. Je donne ma version et vous avez le droit de ne pas me croire, Monsieur le juge ». Le procureur propose une condamnation d’un mois avec sursis. Après délibération le tribunal entérine le verdict. Avant de quitter la barre, D.L. fait son mea culpa : « j’accepte car je suis en tort ».

Commenter avec Facebook

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.