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Comme promis par François Hollande lors de sa venue à Saint-Martin le 8 mai, les renforts de gendarmerie mobile ont bien été actés. Mais certaines questions relatives à l’organisation de ces nouveaux effectifs restent en suspens.

 

 

Lors de son discours aux élus et à la population le 8 mai dernier, le président de la République alors en visite sur nos terres avait annoncé des renforts, entendant répondre ainsi aux inquiétudes liées à l’insécurité : « il y aura plus de gendarmes mobiles sur l’île et ils arriveront dès cet été » avait-il promis. Contactée la semaine dernière, la préfecture nous a confirmé qu’effectivement « ces renforts ont bien été actés pour cet été ». « La gendarmerie y travaille » détaillait en outre le chef de cabinet du préfet, Emmanuel Effantin. Le président n’a donc pas fait une promesse en l’air, mais il reste à connaître le nombre réel de militaires qui seront nouvellement détachés. En effet, les missions des gendarmes mobiles n’impliquent pas systématiquement le déplacement des quatre pelotons d’un escadron. Avant 2009, Saint-Martin ne disposait certes que de la moitié d’un escadron, soit deux pelotons. Mais depuis lors, les déplacements de trois mois effectuées sur notre territoire par les gendarmes mobiles sont déjà assurés par un escadron complet de 73 militaires (quatre sont détachés à Saint-Barthélemy), qui vient compléter l’effectif des 82 militaires de la compagnie de gendarmerie départementale. 

Autre interrogation sur la venue de ces nouveaux effectifs : la durée de leur mission. Seront-ils seulement déployés de façon ponctuelle, le temps de faire baisser la délinquance ? Sur ce point François Hollande ne s’était pas non plus attardé. En outre l’arrivée d’effectifs supplémentaires suppose qu’il y ait ici les moyens de loger ces nouveaux venus, surtout si les renforts sont envisagés de façon pérenne. Or à Saint-Martin, la capacité d’hébergement militaire est plus que limitée puisque la caserne de la Savane affiche déjà complet. A Marigot et à Oyster Pond, les gendarmes mobiles sont hébergés à l’hôtel.

EST-CE LA SOLUTION ?

Le rapport de la mission parlementaire sur la Collectivité mené en 2014 par les députés Daniel Gibbs et René Dosière, avait fait état d’une « délinquance préoccupante », chiffres à l’appui. A ce titre, la mission avait insisté sur « la nécessité d’un engagement renouvelé de l’Etat à Saint-Martin » dans plusieurs domaines, et notamment « dans la mise en œuvre d’une politique efficace de lutte contre la délinquance ». Or, les renforts n’étaient pas apparus comme la solution privilégiée : « du bilan établi à l’attention de vos rapporteurs, il ressort qu’a priori, cette politique ne nécessite pas, pour obtenir des résultats durables, le déploiement de nouveaux effectifs de maintien de l’ordre » pouvait-on lire. En revanche, le dispositif de sécurité serait marqué par « des difficultés d’organisation au regard des spécificités de la délinquance et des phénomènes criminels sur l’île ». Si l’on en croit les conclusions de la mission parlementaire, les effectifs gagneraient donc surtout à être déployés différemment.

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