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Une à deux fois par an, l’agence régionale de santé (ARS) organise une conférence de territoire pour Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Cette grand-messe permet de faire le point sur les actions de santé publique réalisées ou à venir. 

 

 

L’agence régionale de santé (ARS) Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy est divisée en trois territoires : le territoire Centre, le territoire sud Basse-Terre, et le territoire îles du Nord. Une à deux fois par an, les acteurs de chacun de ces territoires de santé se rencontrent pour faire remonter les besoins locaux, entendre les propositions du directeur général de l’ARS et participer à l’élaboration du Projet Régional de Santé (PRS). La conférence de territoire des îles du Nord se déroulait donc vendredi dernier en présence du directeur de l’ARS Patrice Richard, de la présidente de la conférence de territoire Nicole Gréaux, du délégué territorial de l’ARS Pascal Godefroy, ainsi que de tous les acteurs de la santé publique dans les îles du Nord, dont les élus des deux collectivités d’Outre-mer. Tous ces acteurs ont fait le point sur l’avancée des projets. L’année dernière, Saint-Martin a en effet lancé deux plans d’actions majeurs : le plan santé jeunes, qui détermine sur trois ans un programme d’actions spécifiques aux jeunes, ainsi que le contrat local de santé (CLS), signé en décembre 2014 entre la Collectivité et l’ARS et qui a permis de cibler les priorités à suivre pour répondre aux besoins de la population saint-martinoise.

MIEUX CONNAÎTRE LA POPULATION

La conférence de territoire a également permis de restituer deux études cruciales pour mieux connaître les problématiques de santé auxquelles est confrontée la population locale. En 2013, l’ORSAG  (Observatoire régional de la santé de Guadeloupe) s’était en effet penché sur les pratiques alimentaires des femmes vivant à Saint-Martin, afin de pouvoir adapter les recommandations nutritionnelles au contexte local. L’état de santé des Saint-Martinois a également été passé au crible grâce à l’étude CONSANT – SM (lire par ailleurs), qui permet de disposer de données chiffrées sur la population locale quant à son exposition au risque de maladies cardiovasculaires, première cause de décès en Guadeloupe.
A noter que la conférence de territoire ne disposant pas de vice-président, une élection a été faite en ce sens pour combler la chaire vacante. La casquette est revenue à Aline Hanson.

 


 

L’état de santé des Saint-Martinois passé au crible

Afin de connaître l’état de santé de la population saint-martinoise, l’ARS avait financé en 2013 l’étude CONSANT-SM, coordonnée par le docteur André Atallah et menée par l’observatoire régional de santé. Une enquête similaire avait en effet été menée sur la Guadeloupe mais ce type de données faisait jusqu’alors défaut concernant la population de Saint-Martin. Les conclusions de l’étude CONSANT-SM ont été rendues vendredi dernier lors de la conférence de territoire (lire par ailleurs). Elle révèle ainsi que la prévalence de hypertension artérielle est estimée à 28%. 33% de la population adulte est en situation d’obésité, pathologie qui touche plus les femmes que les hommes (40 % des femmes et 24% des hommes). Quant au diabète, il toucherait 8% de la population : là encore les femmes sont plus exposées avec une prévalence de 12 % (contre 3% pour les hommes). L’étude du docteur Atallah révélait également qu’un tiers de la population déclarait faire une activité physique de loisir, régulièrement. En revanche, 1/5ème de la population affirmait passer au moins 4 heures par jour devant la télévision. L’enquête menée sur un échantillon de la population saint-martinoise démontrait aussi qu’il existe « un lien très fort » entre niveau socio-économique et état de santé, la prévalence de l’hypertension étant trois fois plus élevée chez les personnes ayant stoppé leur scolarité au primaire. Il y aurait également 2 fois plus d’obèses chez les sujets percevant les minimas sociaux et 3 fois plus de diabétique chez les inactifs et chômeurs.

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