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L’abattoir de Saint-Martin, attendu comme le messie par la filière élevage, était inauguré mardi et ouvert à la visite.

Sept ans après l’obtention du permis de construire, l’abattoir situé à Millrum était enfin inauguré mardi dernier (lire aussi notre édition du 29 mai). La Seabat, qui assure la gestion de la structure sous la houlette du jeune agriculteur Emmanuel Jimenez Richardson, a déjà recruté deux des trois employés qui vont y travailler. Les premiers tests d’abattage vont pouvoir démarrer sous peu puisque parallèlement, la Seabat a obtenu l’agrément sanitaire provisoire indispensable à l’exploitation de la structure. Et d’ici quelques semaines, nous pourrions bien avoir de la viande locale dans nos assiettes. Mardi, cette perspective était de nature à réjouir les représentants de la filière agricole qui ont tour à tour exprimé leur enthousiasme. Et surtout leur soulagement, puisque l’ouverture de la structure avait été plusieurs fois menacée notamment à cause de la construction (postérieure) de la cuisine centrale qui ne respectait pas la distance minimale de 100 mètres imposée entre un abattoir et tout autre bâtiment. Le gérant de l’abattoir ne masquait donc pas sa satisfaction. « Le parcours fut long et difficile »  rappelait-il, évoquant la première étude de faisabilité qui remonte à 1993, puis la première étude préalable à la construction de 2003. « Les éleveurs peuvent reprendre enfin confiance » tempérait Emmanuel Jimenez Richardson, qui voit dans cette inauguration « la concrétisation de grandes attentes ».
La présidente de la Collectivité Aline Hanson a elle annoncé que les éleveurs de Saint-Martin « pourront commercialiser leur viande dans les conditions sanitaires en phase avec les normes européennes ». Sur les 1,07M€ qu’on représenté cet investissement, l’Etat s’était engagé à hauteur de 20,3% et l’Europe de 54,4%. Le Conseil régional et le Département de Guadeloupe ont investi 3,3%, la Commune de Saint-Martin 6,5%.   

UNE VRAIE POLITIQUE AGRICOLE ? 

Pour Julien Gumbs, chargé de la filière agricole à la Chambre consulaire interprofessionnelle (CCISM), l’abattoir est certes « un maillon de plus » dans le développement de ce secteur économique, mais il doit être « concomitant d’une politique agricole ». Et de solliciter la présidente Aline Hanson : « nous attendons des échanges constructifs pour faire évoluer l’agriculture ». Sans doute faisait-il aussi référence au zonage du Plan locale d’urbanisme (PLU) dont il dénonçait, en mars dernier lors de la consultation publique, le peu de cas fait aux terres attribuées au développement de l’agriculture.
Les représentants de la filière agricole misent sur un objectif de 20% d’autosuffisance alimentaire à Saint-Martin. Cela nécessitera forcément d’autres investissements pour y parvenir, vu les conséquences engendrées ces derniers mois par la sécheresse -phénomène climatique habituel sur l’île- sur les exploitations agricoles.

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