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Le chef d’escadron Paul Betaille quitte Saint-Martin après trois années passées à la tête de la compagnie de gendarmerie des îles du Nord. Mardi dernier, les officiels ont salué son action sur ce territoire où combattre la délinquance est un défi du quotidien.

C’est un homme ému qui se présentait mercredi à la caserne de la Savane, devant un parterre de collègues et d’officiels. Le commandant Paul Betaille tire un trait sur trois années passées au commandement de la compagnie des îles du Nord, non sans avoir mouillé sa chemise sur ce terrain où la délinquance est, de son propre aveu, « un véritable tonneau des Danaïdes ». Paul Betaille avait succédé à Stéphane Brunet en août 2012 et découvrait alors professionnellement les Outre-mer. Celui qui affirmait il y a trois ans vouloir « comprendre cette île » confiait mercredi être empli d’un « sentiment d’inachevé » : ici les chiffres de la délinquance « donnent le vertige ». La tâche fut donc ardue pour ce commandant dont la recherche de résultats aura fait face à une violence « socialement, voire culturellement enracinée », et une délinquance « totalement décomplexée » affirmait-il. Un terrain difficile qui aura nécessité une approche réfléchie : « je suis quelqu’un pour qui les détails n’en sont pas ». La préfète nouvellement nommée, Anne Laubiès, n’aura pas collaboré longtemps avec Paul Betaille mais a visiblement pris la mesure de l’exercice du commandement sur ce territoire : « Saint-Martin est un challenge et on n’en sort pas indemne, dans tous les sens du terme ».
 
DES QUALITÉS HUMAINES SALUÉES
 
Paul Betaille, également connu pour éprouver sa ténacité sur les pentes des mornes où il pratiquait assidument la course à pied, a été salué par ses collaborateurs et partenaires pour ses qualités humaines. Le sénateur et vice-président de la Collectivité Guillaume Arnell a reconnu que le chef d’escadron s’est « adapté à la situation de la délinquance si particulière à Saint-Martin ». « La combattre n’est pas aisé » a ajouté l’élu. Le député Daniel Gibbs a félicité cet homme « de terrain » qui a accompli son devoir « avec intégrité ». Pour le vice-procureur Flavien Noaille, Paul Betaille aura marqué ses interlocuteurs par sa « disponibilité », « un engagement correspondant à la réalité du terrain ». Et par « une belle présence » pour le colonel Rémi Vannier qui avait fait le déplacement depuis la Guadeloupe. De son ami, ce dernier a salué la « détermination » dans « un commandement hors-norme ».
Avec une émotion non feinte, avouant qu’il regretterait « des gens attachants et accueillants » Paul Betaille a néanmoins confié être heureux de retrouver sa femme et ses cinq enfants en métropole : « en quittant Saint-Martin je retrouve l’essentiel ». Il sera affecté dans le Lot, commandant en second du centre national d’instruction cynophile de la gendarmerie. Son successeur, le commandant Manzoni, prendra ses fonctions début août.

Les renforts arrivent le 1er août

 
Les renforts de gendarmerie promis par François Hollande arriveront à Saint-Martin le 1er août prochain, annonçait mercredi le commandant Paul Betaille. S’il s’agit bien de pelotons de gendarmerie mobile, le nombre des effectifs n’a pas encore été dévoilé. Pour mémoire, Saint-Martin avait déjà bénéficié d’un gonflement de ses effectifs en 2009 avec deux pelotons supplémentaires affectés au territoire afin d’enrayer une délinquance déjà grandissante. Pour répondre à l’inquiétude des élus face à une situation qui est loin de s’améliorer, le président de la République avait annoncé des renforts supplémentaires à l’été 2015. Il n’a toutefois pas précisé s’il s’agissait d’un dispositif temporaire ou définitif.
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