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Jeudi lors du conseil territorial, les élus étaient appelés à se prononcer sur le projet de plan local d’urbanisme. Un débat agité a précédé le vote, le leader de l’opposition dénonçant l’absence de vision stratégique de la majorité.

Accouchement décidément difficile pour ce PLU qui doit être rendu exécutoire début 2016, une fois l’enquête publique achevée (octobre / novembre 2015). Jeudi, face à une assistance venue en nombre, les élus du conseil territorial étaient amenés à voter en faveur de l’adoption du projet de PLU. Un aboutissement après de longues années de gestation suivies, depuis fin 2013, d’une accélération dans le processus d’élaboration que les administrés ont pu découvrir lors des concertations publiques. Le projet de PLU a finalement été adopté hier, mais uniquement grâce aux votes de la majorité, les élus de l’opposition ainsi que le conseiller indépendant Jules Charville ayant voté contre. Ce PLU est pourtant d’une importance capitale puisqu’il engage l’avenir de notre territoire. Mais il cristallise aussi les divergences politiques.
 
LE PLU ET LA STRATÉGIE ÉCONOMIQUE
 
Pour Daniel Gibbs, le vote du projet de PLU a généré un véritable coup de sang. Au leader de l’opposition, le PLU suscite en effet « de grandes inquiétudes » car il démontrerait « une absence totale de vision stratégique ». L’élu en veut pour preuve la projection démographique du territoire, sur laquelle est basé le projet d’aménagement et de développement durable (PADD), feuille de route du PLU : « on parle de passer de 37.000 à 50.000 habitants, mais la Collectivité n’a pas les moyens d’accueillir 15.000 habitants supplémentaires ! » s’est insurgé Daniel Gibbs. Et de tacler les élus qui siégeaient en face de lui avec un tonitruant « conservatisme stérile » afin de dénoncer les choix faits quant au zonage : « le taux de chômage atteint des sommets quand le PLU prévoit des zones destinées au tourisme pas du tout suffisantes alors que ce secteur représente 90% de notre économie » ; et d’ajouter que « la place laissée aux espaces naturels et agricoles pose la question du positionnement économique de votre majorité ».  
 
PAS BESOIN DE PLU ?
 
Le député Gibbs remet également en cause l’existence même de cette planification, arguant que la Collectivité a récupéré la compétence urbanisme en 2012 et qu’en ce sens « elle est compétente pour toutes les décisions ». Aller dans le sens de la loi SRU (13 décembre 2000) qui a instauré le PLU est selon lui « un choix politique » dont il conteste la cohérence. « Le PLU convient à un territoire beaucoup plus large. Par exemple à Saint-Barthélemy, les élus se sont contentés de faire une carte de l’urbanisme ». Daniel Gibbs a également contesté le bien-fondé du PLU : « la décision doit résulter d’une volonté politique et non de l’obligation de poursuivre le travail des prédécesseurs sous prétexte qu’il avait été engagé ».  
 
LA MAJORITÉ ASSUME
 
« J’assume ce PLU » scandait le sénateur Guillaume Arnell, se disant « fier » de laisser aux futures générations des terres protégées. « C’est le PLU de la majorité, il n’y a aucune volonté à spolier qui que ce soit » s’écriait-il, voulant rappeler que tous les administrés qui se sont manifestés au service urbanisme, ont été écoutés : « nous avons fait en sorte de satisfaire le plus grand nombre ». Le vice-président en charge du Développement durable a par ailleurs tenu à rassurer les Saint-Martinois inquiets : « je ferai en sorte que toute la population soit informée de la présence du commissaire enquêteur sur le territoire ». Une fois que les personnes publiques associées (Etat, CCISM, CESC, etc) auront formulé leur avis comme le veut la procédure, une enquête publique permettra en effet aux citoyens qui le souhaitent de formuler des remarques, lesquelles pourront éventuellement être prises en compte : « il faudra saisir cette opportunité » voulait rappeler Guillaume Arnell. S’il accorde que « le PLU ne satisfera pas tout le monde », l’élu a tenu à souligner que « même si les débats ont été houleux, les erreurs commises ont été corrigées et aujourd’hui le PLU est plus en phase avec ce que souhaite la population ».
Quant à Aline Hanson, elle a défendu son PLU, affirmant qu’elle allait faire en sorte que « les investisseurs viennent grâce à la fiscalité qui se veut attractive » et qu’elle croyait en « l’avenir de son territoire ».
Le PLU n’a pas fini de faire débat puisqu’il reviendra sur la table lors de l’enquête publique en octobre 2015 puis à la fin de l’année, lorsqu’il s’agira de l’adopter définitivement.
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