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Les principaux gestionnaires d’aires marines protégées dans les Antilles françaises se sont retrouvés la semaine dernière afin de mettre en commun leurs connaissances et leurs expériences dans un seul but : avancer dans la bonne direction.

La préfète Anne Laubies a ouvert le 3ème forum annuel des gestionnaires d’aires marines protégées de la Caraïbe française, qui s’est déroulé sur deux jours à l’hôtel Mercure et s’était tenu auparavant en Martinique et en Guadeloupe. La représentante de l’État a évoqué «la problématique des échouages massifs de sargasses sur nos côtes» et s’est engagée à regarder avec attention les conclusions des échanges entre gestionnaires. La Réserve naturelle de Saint-Martin était représentée en force, aux côtés du Conservatoire du littoral, de la Réserve marine de Saint-Barth, du Parc national de Guadeloupe, du sanctuaire Agoa et des Directions de l’environnement (DEAL) de Martinique et de Guadeloupe. Ce forum régional, émanation du forum national des gestionnaires d’aires marines protégées, a pour objectif de mettre en contact tous les acteurs du secteur afin qu’ils partagent leurs expériences et leurs connaissances, et mettent en commun leurs moyens pour mener au mieux leurs actions de conservation.
Une vingtaine de sujets ont été abordés, parmi lesquels la nouvelle loi sur la biodiversité dont le principe est d’éviter, réduire et compenser les atteintes à la nature, sous son angle caribéen. Cette notion nouvelle de «compensation» trouvera par exemple son application dans le projet du grand port maritime de Guadeloupe, avec un programme de mesures compensatoires incluant la restauration d’habitats coralliens. Le projet de création d’un réseau chargé de suivre l’état de santé du milieu marin dans la zone des Îles du Nord – Saint-Martin, Sint Maarten, Saint-Barth, Anguilla, Saba et Saint-Eustache – a fait l’objet d’une présentation, afin d’améliorer les résultats, harmoniser et faciliter la tâche des gestionnaires, qui travaillent aujourd’hui sur les mêmes sujets, mais isolément. Également, la gestion de la fréquentation – voire la surfréquentation – du public dans les aires marines protégées était inscrite à l’ordre du jour. Cet atelier visait à faire définir un cahier des charges optimal prenant en compte la capacité d’accueil des sites, le maintien des activités économiques et la conservation des écosystèmes. Un compte-rendu de cette table ronde sera adressé à tous les participants, qui ont d’ores et déjà pris rendez-vous pour le prochain forum, à Saint-Barth cette fois.
 

Et les sargasses ?
 
Le rôle des gestionnaires d’aires marines protégées face à la gestion des sargasses était inscrit au programme du forum. Encore mal compris d’un point de vue scientifique, ce phénomène qui semble perdurer soulève des enjeux sanitaires, économiques et environnementaux majeurs. Les écosystèmes littoraux subissent des impacts importants liés à la décomposition des algues et aux opérations de ramassage mécanisés sur les plages. Les risques pour la santé – irritations oculaires ou respiratoires, surtout pour les asthmatiques – liés au dégagement d’hydrogène sulfuré (H2S) par la décomposition des algues existent et le ramassage des algues constitue une priorité, surtout à proximité des zones habitées.
En Martinique, «75% des côtes sont inaccessibles pour la collecte et l’on réfléchit à un panel de techniques complémentaires, au cas par cas, car il n’y a pas de solution unique. Le ramassage des algues à outrance avec des engins classiques a des conséquences catastrophiques sur l’environnement des plages et nous allons à terme devoir nous équiper d’engins spécifiques adaptés,» constate Fabien Védie, référent milieux marins à la DEAL. Constitués de seulement 30% de matière sèche, ces algues représentent un volume énorme. Où les stocker? Qu’en faire? Peut-on les valoriser par le compostage? Une certitude : le ramassage manuel reste la manière la plus écologique de collecte et, en Martinique comme en Guadeloupe, on met en place des brigades vertes en chantier d’insertion. Parallèlement, la DEAL surveille les nappes d’algues depuis le ciel – par survol aérien et satellite – afin de prévoir les prochains échouages. À Saint-Martin, la préfecture travaille sur le sujet en relation avec la DEAL Guadeloupe, dans le cadre du plan d’action annoncé par Ségolène Royal.
 
 
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