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Il y a un an la Collectivité lançait son projet de restructuration des cimetières. Les règles d’inhumation vont bientôt changer.

Conséquence de la poussée démographique sur ces trois dernières décennies couplée à une organisation anarchique des cimetières : Saint-Martin n’a plus de place pour ses morts. En juillet 2014, la Collectivité se lançait donc dans un vaste programme de réaménagement des cimetières publics. Objectif : faire de la place et mettre les infrastructures en conformité. Mais au préalable, il fallait mener une campagne d’identification des sépultures, avant que la Collectivité ne puisse faire valoir son droit de reprise. Or « la population n’a répondu que timidement » observe Léonie Flanders, directrice des Affaires juridiques et du contentieux à la Collectivité. En effet, à ce jour, seuls près de 30% des tombeaux et caveaux sont clairement identifiés à Marigot. A Cul-de-Sac, Grand-Case et Quartier d’Orléans, de 2 à 15 % seulement. La Collectivité se laisse donc encore un peu de temps avant de faire valoir son droit de reprise sur les sépultures abandonnées. Le cimetière est en effet considéré comme appartenant au domaine public et le terrain commun doit pouvoir accueillir cinq fois plus d’inhumations que le nombre moyen annuel de décès, selon le Code général des Collectivités territoriales. Or à Saint-Martin, cette disponibilité n’est plus là depuis longtemps. « Nous manquons toujours de place, surtout à Marigot. Lorsqu’il n’y a pas de caveau familial, il arrive que nous orientons l’inhumation sur Grand-Case ou Quartier d’Orléans » précise Léonie Flanders. L’acquisition d’un terrain n’est pourtant pas envisagée, la COM estimant que la seule réorganisation des cimetières doit permettre de pourvoir aux besoins du territoire.
 
Nettoyage et embellissement
Dans le cadre de ce projet de réaménagement, la Collectivité a passé un marché de trois ans avec l’association d’insertion AIDS-M pour nettoyer et embellir les cimetières. Depuis quelques mois, celui de Marigot a donc reçu un sacré rafraîchissement. Les hautes herbes et l’accumulation de gravas donnaient en effet une piètre image des lieux. « Ce nettoyage a non seulement permis de mettre à jour des allées entre les sépultures, mais il a également révélé des tombes anciennes, enfouies sous la végétation, ainsi que les emplacements disponibles » souligne en outre Léonie Flanders. Une fois le débroussaillage terminé, viendra l’embellissement : « nous pourrons alors planter des allées de fleurs et de végétaux ». Le nettoyage récent du cimetière de Marigot a également mis à jour des tombeaux séculaires. « Certains ont plus de 100 ans » précise Mme Flanders, ajoutant que « la Collectivité entend mettre en valeur cet aspect du patrimoine ».
 
Vers plus de discipline
Outre de trop nombreuses tombes abandonnées, la Collectivité déplore l’absence de civisme. « Pots de ciment, monticules de terre, après une inhumation certains laissent tout en chantier ». Pour discipliner la population, la Collectivité va donc mettre en place un système de dépôt de garantie demandé pour chaque permis d’inhumer délivré. « Si tout est propre la caution sera rendue ».
« Dans sa troisième phase le programme de réaménagement des cimetières va permettre de mieux structurer l’espace et de faire face aux obligations légales » indique la directrice des Affaire juridiques. Comme partout en France, les cimetières de Saint-Martin vont donc faire l’objet de concessions, dont le coût varie selon la durée choisie. « Cela permettra d’imposer des sépultures conformes à un cahier des charges, qui déterminera notamment les dimensions à respecter ». A Marigot, vont également voir le jour un jardin du souvenir, un columbarium, ainsi qu’un ossuaire pour accueillir les dépouilles non identifiées : « nous devons nous adapter non seulement à la réglementation mais aussi à l’évolution des mœurs ».  
En août 2014, la Collectivité a édité un règlement intérieur des cimetières. Elle entend également mettre en place un système d’appel d’offres auquel devront répondre les entreprises qui procèdent à des inhumations.
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