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Le bus d’un chauffeur professionnel a été incendié dans la nuit de jeudi à vendredi. Il accuse taxis dits « gypsys » d’avoir mis leurs menaces à exécution.

Le phénomène des bus ou taxis clandestins, dit « gypsys », est loin d’être nouveau. Le syndicat des transporteurs dénonce régulièrement ces pratiques qui génèrent une concurrence déloyale et de grosses tensions avec les chauffeurs en règle. Du côté des forces de l’ordre, la gendarmerie et la PAF font régulièrement des opérations de police de la route ciblées sur ces pratiques illégales. Mais cela ne semble pas décourager les mauvaises velléités et l’un de ces chauffeurs de bus professionnels estime être victime de ce sentiment d’impunité. Dans la nuit de jeudi à vendredi, son bus, garé devant son domicile, a été incendié, nécessitant l’intervention des sapeurs-pompiers. « Une vitre a été cassée et un bidon d’essence a été déversé à l’intérieur » nous explique t-il. « Les voisins ont entendu du bruit, il était 2 heures du matin ». Il a porté plainte. Assuré au tiers, il ne sera pas remboursé pour le sinistre causé à son outil de travail, désormais inutilisable. Selon lui, pas de doute, « les gypsys ont mis leurs menaces à exécution ».
 
SANDY GROUND AU CŒUR DU TRAFIC
Ce chauffeur de bus explique être quotidiennement confronté au transport illégal, puisqu’il œuvre sur le même secteur que les travailleurs clandestins.  « Depuis un mois ils sont surtout à Sandy Ground, cela leur permet de rallier rapidement la frontière. Parfois ils s’aventurent dans Marigot et préviennent les autres lorsqu’une patrouille de gendarmerie est dans le secteur ». Selon lui, l’incendie reflète ces pratiques offensives : « ils sont agressifs et cherchent à faire monter les passagers à tout prix, ils ne nous laissent pas travailler. J’ai relevé le numéro d’immatriculation de celui qui m’a menacé et je l’ai donné à la gendarmerie » ajoute t-il. Outre les tensions du quotidien, ce chauffeur de bus dénonce également une concurrence déloyale. « Pour un trajet facturé à 1,50 euros par un professionnel agréé par la Collectivité, le clandestin demande 1 dollar au passager ». Il estime que ces clandestins, immatriculés côté hollandais, seraient actuellement « une trentaine ».
 
EN INFRACTION
Dimanche, le syndicat des transporteurs s’est réuni pour évoquer le problème des taxis « gypsys », l’association ayant déjà alerté à plusieurs reprises les autorités.  Lorsqu’un taxi clandestin est interpellé, il se voit signifier les infractions d’exercice de l’activité de transporteur public routier de personnes sans inscription au registre des transporteurs, d’exécution d’un travail dissimulé, et de transport public routier de personnes sans convention avec l’autorité compétente. Chaque année, la brigade motorisée conduit des procédures pour lutter contre l’exercice de ces pratiques illégales. Des affaires que l’on retrouve ensuite régulièrement devant le tribunal correctionnel. Ce qui ne semble pas couper le mal à la racine, la coopération avec Sint Maarten s’avérant là plus que nécessaire.
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