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Alors que la sécheresse dure depuis six mois et que les sources se tarissent, les livreurs d’eau débordent eux de commandes auxquelles ils ne peuvent répondre. Les clients vont devoir patienter.
 
 

Faudra t-il faire appel au Grand manitou et suivre avec lui la danse de la pluie pour tirer Saint-Martin de la sécheresse ? Si la question est fantaisiste, la situation météorologique de notre île est elle beaucoup plus préoccupante. D’autant plus préoccupante que les réserves s’amenuisent un peu plus chaque jour, contraignant les livreurs d’eau à réduire leur offre d’une part et à augmenter légèrement leurs prix d’autre part.
Chez Annicette et fils, célèbres porteurs d’eau de Concordia, il faut gérer la situation. « Je travaille depuis vingt ans et je n’ai jamais connu une pareille sécheresse », témoigne le fils cadet Jérôme dont le puits ressent les effets du phénomène climatique depuis décembre dernier. « J’ai été obligé de réduire à 10 000 litres par camion, au lieu de 12 000 litres habituellement, et je ne fais plus que 8 livraisons maximum par jour. » Par ailleurs, le prix du camion d’eau  – non traitée – est passé de 95 à 100 euros.
 
LA CLIENTÈLE PRÉFÈRE ATTENDRE
Beaucoup de citernes saint-martinoises sont donc actuellement à sec. Pourtant, il reste toujours la solution de l’eau dessalée. La clientèle s’y refuse en grande partie à cause de son coût deux fois plus cher que celui l’eau de puits. « Il y a de l’eau de ville en quantité mais cette eau potable ne les intéresse pas », constate l’homme au camion citerne qui ajoute que : « les clients préfèrent attendre. » Cette eau n’est pas vitale.
 
PRIORITÉ AUX PROFESSIONNELS
La majorité des particuliers est reliée au réseau général de distribution d’eau potable. L’eau des citernes est donc essentiellement employée pour alimenter les sanitaires, faire le ménage, arroser les jardins ou remplir les piscines. Quant aux professionnels qui souffrent autant de la sécheresse que le lambda, s’ils restent la priorité du livreur d’eau, ce dernier n’a ces derniers temps pas d’autre choix que de leur fournir de l’eau de ville.
 
 
 
150 LITRES D’EAU PAR JOUR ET PAR HABITANT À SAINT-MARTIN
Apparue dans le cadre de la revalorisation du bois voué à être enfoui, l’expression réuse – prononcer : « réyouze » en bon français – peut également s’appliquer à la question de l’eau vouée à être rejetée. Avec la sécheresse qui s’éternise, cette alternative renouvelable vaut à la société Exowater un intérêt tout particulier de la part du public. Pour son dirigeant Maxence de Blegiers : « Etre autonome, c’est le rêve de tout le monde et en ce moment, les gens sont très sensibles au sujet. » A Saint-Martin, sans tenir compte des piscines et des jardins, la consommation quotidienne en eau pour une famille de 4 personnes est évaluée à 600 litres. Face à un tel chiffre, on saisit peut-être mieux l’importance du réuse.
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