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Les travaux visant à la construction du centre commercial Aventura à Hope Estate ont récemment débuté. Il devrait ouvrir ses portes d’ici un an.

 

La ZAC de Hope Estate, qui a connu un bel essor ces dernières années, recevra une nouvelle bouffée d’oxygène avec l’ouverture du centre commercial Aventura, programmée pour l’année 2016. Le projet, qui conforte l’assise de la ZAC dans le dynamisme économique du territoire, a programmé la construction d’un pôle inédit sur la zone nord et est de la partie française. Aventura, dont le nom n’est pas sans rappeler l’incontournable « mall » de Miami, même si la version saint-martinoise sera certes à l’échelle de notre territoire, offrira 2840 m2 de boutiques et bureaux sur deux étages. Le groupe immobilier Tridom, implanté en Guadeloupe, a donc parié sur Hope Estate pour concevoir son ambitieux projet. « A cheval entre Grand-Case et Baie Orientale, c’est actuellement la zone la plus porteuse économiquement en partie française » souligne Alexandre Queffelec, responsable du pôle immobilier pour le groupe guadeloupéen. Situé en bordure de la RN 7, le nouveau complexe n’aura certainement aucun mal à drainer la clientèle.
 
20 BOUTIQUES, 11 BUREAUX
Au départ, le groupe souhaitait repositionner la concession BMW située à la Savane. « Deux lots avaient été acquis sur la ZAC, mais après réflexion, il a été acté d’étendre le projet et quatre lots supplémentaires ont été acquis » précise Alexandre Queffelec. C’est donc sur un terrain de 6137 m2, situé juste en face de Lapierre’s Marble », qu’Aventura sortira de terre. Et le centre commercial crée déjà l’engouement. « En rez-de-chaussée, sur la vingtaine de cellules disponibles huit ont déjà trouvé preneur » indique Jean-Paul Clerc, PDG de l’agence Sprimbarth qui assure la commercialisation des lieux en misant sur « ce superbe emplacement ». On y trouvera donc BMW/MINI, mais aussi une banque, du prêt-à-porter ou encore de la restauration. « A l’étage, les bureaux sont principalement destinés aux professions libérales et nous souhaitons notamment faire venir les cabinets médicaux» indique Jean-Paul Clerc.
 
LES ENTREPRISES LOCALES SOLLICITÉES
Dans un contexte tendu pour les entreprises du BTP, ce type de projet constitue évidemment une aubaine pour booster leur activité. L’investisseur l’a bien compris et affirme s’être fait un point d’honneur à ne faire travailler que des entreprises saint-martinoises. « Terrassement, gros œuvre, carrelage, peinture, électricité… On s’est attelés à n’employer que des sociétés locales » indique le groupe Tridom. Reste à connaître ensuite le nombre d’emplois qui pourraient être générés par l’ouverture d’Aventura. Encore discret sur les enseignes qui se sont déjà positionnées, le groupe confie néanmoins que certaines sociétés saint-martinoises en profiteront pour développer leur activité et créer de nouveaux services.
 
 
Un projet voulu « de haut niveau »
 
Aventura mise sur « une architecture de qualité et une conception originale, savant mélange d’inspiration antillaise et hispanique » indique la brochure vantant l’attractivité du centre d’activités. Bâtiment aux couleurs chaudes, arcades, plantes, patio central, Aventura veut être un bâtiment ouvert pour « un cadre de vie convivial et valorisé ». L’accès aux personnes à mobilité réduite a été pensé grâce à un ascenseur qui permettra de se rendre à l’étage. « Nous avons voulu un projet de haut niveau avec essentiellement des matériaux de qualité » souligne le groupe Tridom. Le principe d’économie d’énergie est également appliqué : « l’éclairage commun se fera avec des LED dernière génération et des panneaux solaires sont envisagés sur la charpente métallique de la concession automobile ». Quand au stationnement, il prévoit un parking de 97 places publiques et 30 places privées réservées aux professionnels.
 
Développement de la ZAC : encore du potentiel
 
Le projet de zone d’aménagement concerté à Hope Estate est né en 2001. Depuis lors, le site n’a cessé de se déployer pour devenir aujourd’hui le cœur de l’activité économique de la partie française. Après un rapide essor des première et deuxième tranches sur le lotissement Hope Estate, la troisième tranche est toujours en cours de développement. Le semblant de reprise économique, aidé par le taux euro / dollar, pourrait bien contribuer à relancer le développement de la ZAC. Selon nos sources, les travaux doivent débuter sous peu sur un terrain de 6000 m2 vendu à une grande enseigne de bricolage. Mais sur cette troisième tranche, reste encore à bâtir une dizaine de lots de 1000 m2 chacun, qui ont déjà été acquis. Enfin, deux lots de 3000 m2 sont encore à vendre sur cette portion plus récente de la zone. L’ouverture du centre commercial Aventura programmée pour 2016 pourra créer une saine émulation si la reprise économique se confirme. 
 

 
27 MESURES POUR BOOSTER LE TOURISME D’ICI 2020
 
Le Conseil de promotion du tourisme, qui s’est réuni le 22 juillet dernier, a planché sur les destinations touristiques d’Outre-mer. Il a débouché sur 27 mesures à l’horizon 2020 de nature à impacter favorablement Saint-Martin.
 
« Véritable levier de développement et de croissance, le tourisme n’a pas encore, dans l’ensemble des Outre-mer, la place stratégique qui devrait être la sienne » souligne la ministre des Outre-mer George Pau-Langevin, qui présidait avec le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius cette dernière séance du Conseil de Promotion du Tourisme, consacrée aux destinations d’Outre-mer le 22 juillet. Il s’agissait donc de « réaffirmer la place de premier plan qu’entendent tenir les Outre-mer pour contribuer à l’attractivité touristique de la France ». Après avoir auditionné les professionnels du secteur de chacun des territoires, les rapporteurs ont dégagé six axes : mieux connaître l’activité touristique, mieux promouvoir produits, expériences et marques, renforcer l’accessibilité des destinations, accompagner la modernisation et le développement du secteur hôtelier, prendre le virage numérique, favoriser la formation dans les métiers du tourisme. 
 
CROISIÈRES : UN POTENTIEL MAL EXPLOITÉ
Les rapports présentés lors du Conseil de promotion du tourisme sont sans appel : le tourisme de croisière, et le tourisme dans les Outre-mer n’ont pas encore trouvé la place stratégique qui devrait être la leur dans l’attractivité touristique du territoire français. La France occupe une position en deçà de son potentiel pour ce qui concerne le marché mondial de la croisière, et l’offre touristique dans les Outre-mer n’est pas suffisamment représentée au niveau international. Pour favoriser le développement de ce segment touristique il est donc notamment proposé le renforcement de l’offre hôtelière dans les outre-mer et à proximité des berges et des ports, l’intégration systématique des sujets « Outre-mer » et « croisières » dans les actions de promotion du tourisme français, le développement des dessertes aériennes sur les destinations Outre-mer et les destinations Croisières. 
 
PLUS OU MOINS APPLICABLES ICI…
Certaines actions rejoignent des velléités locales maintes fois exprimées. A l’instar de la toute première mesure : « engager les destinations d’outre-mer à produire des données statistiques sur leur développement touristique ». Voilà un point qui permettra peut-être enfin à Saint-Martin d’asseoir de nouvelles revendications sur la nécessité pour le territoire, de disposer d’outils statistiques fiables. Le rapport fait état d’autres mesures de nature à soutenir les ambitions locales : « renforcer et valoriser l’offre gastronomique », « prendre en compte les exigences du tourisme durable », « faire de l’entrée des jeunes qualifiés sur le marché du travail du tourisme une priorité partagée », « mettre en place des parcours de carrière au profit des jeunes », « lutter contre la saisonnalité et favoriser le tourisme de proximité des ultramarins ».
D’autres axes seront en revanche plus difficilement applicables pour notre Collectivité, qui gère elle-même sa propre fiscalité : « mettre en place des zones de détaxe (7j/7j), permettant la vente de produits locaux et de marques » ou « un CICE spécifique pour l’hôtellerie ». Il y aura là encore matière à dénoncer une distorsion concurrentielle avec d’autres territoires ultramarins français où ces mesures pourront d’appliquer.
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