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La sécheresse exceptionnelle pose la question de notre autonomie en eau potable, alors que la Générale des eaux fait face à une recrudescence de demandes d’abonnements.

Depuis un an Saint-Martin n’aura décidément pas été épargnée par une météo capricieuse. Après un ouragan en octobre 2014, suivi trois semaines plus tard de pluies diluviennes, les cieux ont coupé les vannes depuis janvier. Résultat : une île totalement asséchée, une nature vulnérable face au risque d’incendie, un bétail mal en point, des citernes vides. Et surtout, des interrogations quant à notre autonomie en eau potable, puisque Météo France annonce que le phénomène devrait se poursuivre. En Guadeloupe, les cours d’eau étant au plus bas, des tours d’eau solidaires ont été instaurés. Autrement dit, outre des mesures de restriction de consommation pour certaines utilisations, des coupures d’eau tournantes programmées dans certaines communes. Mais à Saint-Martin, nous n’en sommes pas encore là. Le territoire n’ayant que de faibles ressources hydriques, c’est l’eau de mer qui est transformée en eau potable par osmose inverse, processus géré par l’usine de l’UCDEM  (Union Caraïbe de Dessalement d’Eau de Mer). En outre, « sa capacité de production est passée de 6000 m3 à 9000 m3 récemment grâce à un complément d’équipement » indique le directeur de l’Etablissement des eaux et de l’assainissement (EEASM) Patrick Lentz.
 
LA DEMANDE FAIT UN BOND
 
Du côté de la Générale des Eaux, son directeur Eric Saez confirme que la demande a clairement fait un bond : « nous avons de plus fortes consommations du côté des transporteurs » admet-il. De 80 m3 d’eau par jour, le débit sur la borne de distribution de Galisbay est en effet passé à 160 m3. Mais les consommateurs sur citerne se tournent aussi vers le raccordement à l’eau de ville : « depuis quelques temps il y a tous les jours des demandes d’abonnements » confirme Eric Saez. Pour y répondre, la production de l’usine d’eau potable est donc passée de 5200 m3 par jour à 5800 m3 aujourd’hui. « Cela représente 4500 équivalents habitants » souligne Patrick Lentz. Autrement dit, c’est un peu comme si Saint-Martin devait faire face à une soudaine poussé démographique. Si la sécheresse s’était produite l’année dernière, l’usine de dessalement se serait dangereusement approchée de sa limite de capacité. Mais aujourd’hui, avec un potentiel de production qui s’est amélioré de 50%, il y a encore de la marge. 
A noter qu’en cas de cyclone endommageant les infrastructures de production et de distribution de l’eau potable, Saint-Martin disposerait en revanche d’une autonomie de deux jours.
 
 
89 litres : c’est ce que consomme un résident saint-martinois (consommation personnelle et collective) par jour et par personne. En métropole, c’est 150 litres. Sur notre territoire le prix de l’eau incite à une consommation plus modérée…
 
 
 
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