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Les différentes alertes sur l’évolution du phénomène Danny auront éprouvé la réactivité des autorités et de la population face au risque cyclonique.

A l’Ouest, puis au Nord-Ouest, puis plus au Sud : Danny aura joué avec nos nerfs. Pour les novices aspirant à quelques sensations fortes le phénomène a fait un flop. Mais ceux qui sont rompus à l’activité cyclonique dans le bassin Atlantique savent bien que ces phénomènes doivent être observés avec pondération et prudence compte tenu de la volatilité leur trajectoire qui se situe toujours dans un cône d’incertitude, et de la présence d’un environnement favorable à leur renforcement ou au contraire, à leur dissipation. Malgré l’impatience manifeste de la population qui s’est précipitée dès jeudi sur les réseaux sociaux espérant avoir rapidement des réponses, il était en effet difficile de prévoir plus de 48 heures à l’avance la tournure des événements. Se préparer au pire dans le calme, en suivant avec attention les bulletins de Météo France et du National Hurricane Center, reste la meilleure attitude à observer.
Comme le pressentaient les experts météorologiques, le phénomène Danny, s’est donc rapidement dégonflé à l’approche de l’arc antillais. Classé en ouragan de catégorie 1, puis 2, jeudi dernier, le système a tout de même créé l’effroi en montant encore en grade à la mi-journée vendredi. Un ouragan de force 3 se dirigeait alors vers le Nord de l’arc antillais, de quoi raviver de mauvais souvenirs. Les prévisionnistes restaient cependant rassurants, annonçant un affaiblissement du phénomène à l’approche des terres grâce à la conjugaison d’un air sec et du cisaillement du vent (phénomène appelé Wind shear aux Etats-Unis), conditions défavorables au renforcement et même au maintien de ce système dépressionnaire. Effectivement Danny a finalement rétrogradé au stade de tempête tropicale dimanche, puis de dépression lundi matin, avant de mourir de lui-même. Des précipitations étaient encore annoncées pour la soirée et la nuit de lundi à mardi : compte tenu du niveau de sécheresse, elles étaient fortement attendues.
 
Ne pas baisser la garde
Vendredi, les supermarchés étaient pris d’assaut et en fin de journée, certains rayons étaient carrément vidés de leur stock. Du côtés des autorités, la cellule de crise a été activée : le plan Orsec de la préfecture et le plan territorial de sauvegarde (PTS) de la Collectivité se sont mis en branle. Dimanche, le phénomène alors reclassé en tempête tropicale menaçait encore les îles du Nord ce qui a motivé une alerte de proximité face au risque d’inondation. Dans l’après-midi trois véhicules de la police territoriale ont sillonné le territoire après la gendarmerie et les pompiers en matinée : « entre 16 heures et 18 heures, nous avons ciblé les secteurs inondables car de fortes précipitations étaient annoncées » détaille le chef de la Police territoriale Albert Conner. Terres Basses, Marigot, Concordia, Grand-Case, Quartier d’Orléans… : les secteurs habituellement exposés à la montée des eaux ont reçu une visite « sonore » diffusant par un haut-parleur des consignes de sécurité. Lundi dans l’après-midi, Météo France avait néanmoins reclassé les îles du Nord en vigilance jaune.  
Les phénomènes tels que Danny, qui épargnent finalement nos îles, ne doivent pas inciter à négliger les prochaines alertes. Aucun phénomène menaçant l’arc antillais ne doit être pris à la légère au risque de se faire surprendre. A commencer par les autorités : « nous avons respecté tout le schéma habituel » indique la Cellule de gestion des risques majeurs de la COM, chapeautée par le conseiller territorial Louis Fleming. Une bonne répétition générale en somme, qui permet de mettre en pratique la coordination des équipes, tant au niveau de la préfecture pour le déclenchement des alertes, qu’au niveau de la COM pour la réponse de proximité.
Si Danny a épargné les îles du Nord, il aura permis de réactiver les réflexes à avoir pendant une saison cyclonique. A commencer par la constitution de stocks d’eau, de nourriture et d’outillage pour éviter la cohue de dernière minute dans les supermarchés.
 
 
La pluie : entre craintes et attentes
 
Saint-Martin a besoin d’eau et parions sur la saison cyclonique pour en apporter. Cependant, des cumuls pluviométriques importants exposent le territoire à de fortes inondations : les sol très secs et la végétation devenue peu résistante vont en effet favoriser le ruissellement des eaux, ce qui hier a suscité la vigilance particulière des autorités. Les services de l’Etat et de la Collectivité ont rappelé les mesures de sécurité individuelles en cas de fortes pluies : se renseigner avant d’entreprendre un déplacement et rester très prudent ; éviter les promenades en montagne et les randonnées en relief ; si vous habitez en zone inondable, mettre en sécurité les biens susceptibles d’être endommagés et surveiller la montée des eaux. Si l’habitation peut être menacée par un glissement de terrain, quittez-là ou préparez-vous à l’évacuer rapidement.
 
Un nouveau système dépressionnaire à surveiller  
Les regards se tournent à nouveau vers le milieu de l’Atlantique, ou « une zone pluvio-orageuse associée à une onde tropicale montre des signes d’organisation à environ 1600 km à l’Est de l’Arc Antillais » indiquait lundi Météo France dans son bulletin de 17 heures. Ce phénomène, qualifié d’ « onde tropicale forte » a actuellement 90 % de chances de donner un système dépressionnaire tropical dans les deux à cinq jours prochains. « Ce potentiel système bénéficiera alors de bonnes conditions environnementales, il devrait se creuser et s’intensifier » stipule Météo France. Il pourrait alors se déplacer globalement vers l’Ouest-Nord-Ouest ou le Nord-Ouest, trajectoire qui intéresserait évidemment les îles du Nord. S’il est toutefois encore trop tôt pour connaitre la trajectoire finale et l’intensité de ce système au cours des prochains jours, il reste à surveiller de près. La saison cyclonique est bel et bien lancée.
 
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