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Alors que la ministre des Outre-mer se félicite du repli du nombre de demandeurs d’emploi dans d’autres contrées ultramarines, Saint-Martin connaît une courbe inverse.

La baisse du chômage se confirme en juillet pour la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique et la Réunion. « Sur un mois, ces territoires enregistrent une baisse de 1.220 demandeurs d’emploi, soit une diminution de 0,5% » indique George Pau-Langevin. A Saint-Martin les chiffres du chômage ne suivent pas cette tendance. En juillet dernier, Pôle Emploi comptabilise 4.337 chômeurs inscrits en catégorie A (dépourvus d’emploi). C’est 15 de plus comparé au mois de juin 2015. Et surtout 137 de plus par rapport au mois d’avril 2015, période où le chômage avait recommencé à grimper avec l’arrivée de la basse saison. En un an, le chômage de ces « sans emploi » (catégorie A) accuse donc une hausse de 0,6%. L’augmentation est de 3 % si l’on inclue les personnes exerçant une activité réduite courte (catégorie B), et les personnes en activité réduite longue (catégorie C). Bonne nouvelle tout de même, le nombre de chômeurs de longue durée (1 an et plus), diminue de 1,1% sur un an.
 
PRÈS DE 5000 INSCRITS
Toutes catégories confondues, Pôle Emploi gère 4.995 dossiers à fin juillet (catégories ABCDE). C’est le chiffre le plus élevé depuis octobre 2014 (5000 inscrits). Sur un an, entre juillet 2014 et juillet 2015, il y a 2,8% de personnes en plus qui pointent à Pôle Emploi. Paradoxalement, le mois dernier a affiché un certain dynamisme dans les offres d’emploi : 107 ont été déposées, dont 83 pour des contrats de 6 mois et plus. C’est bien plus qu’au mois de juin avec 53 offres déposées, qu’en mai avec 51 offres et même qu’en avril avec 72 offres.
A noter que les catégories les plus pénalisées par le chômage restent les seniors, qui sont 5% de plus que l’année dernière à la même période, et les diplômés Bac + 2 et plus qui sont 5,3% de plus qu’en juillet 2014. Quant au chômage des jeunes, il continue d’afficher une courbe ascendante depuis avril 2015 : ils sont désormais 492 à rechercher un emploi. Du moins à être inscrit en ce sens à Pôle Emploi, nombre de jeunes sans travail ne franchissant même pas le seuil de l’agence. 
 
 

La prise d’acte de la rupture du contrat de travail :
ce qu’il faut savoir
 
La FIPCOM (Fédération interprofessionnelle de Saint-Martin) souhaite apporter un éclairage sur la prise d’acte, une rupture du contrat de travail par le salarié en raison de faits qu’il reproche à son employeur. Il ne s’agit donc pas d’une démission ou d’une rupture conventionnelle. Dès lors que le salarié constate des manquements de la part de son employeur (comme par exemple un harcèlement, une modification unilatérale du contrat de travail, un non paiement d’heures supplémentaires…), il peut prendre acte de la rupture de son contrat de travail, ce qui entraînera la rupture immédiate de ce dernier. Par la suite, il appartiendra au salarié qui s’estime lésé par le comportement de l’employeur de saisir le conseil des prud’hommes, qui devra se prononcer si les faits invoqués par le salarié sont suffisamment graves ; la prise d’acte sera alors requalifiée en licenciement sans cause réelle et sérieuse. Dans le cas contraire, la prise d’acte sera requalifiée en une simple démission.
A noter qu’à l’origine l’encadrement juridique de la prise d’acte était essentiellement jurisprudentiel. Depuis la loi du 1er juillet 2014, la prise d’acte des faits fautifs de l’employeur autorisant la rupture du contrat à ses torts et une indemnisation du salarié a été codifiée à l’article L1451-1 du code du travail : lorsque le conseil de prud’hommes est saisi d’une demande de qualification de la rupture du contrat de travail à l’initiative du salarié en raison de faits que celui-ci reproche à son employeur, l’affaire est directement portée devant le bureau de jugement, qui statue au fond dans un délai d’un mois suivant sa saisine.
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