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La brigade verte chargée du ramassage des sargasses est enfin constituée. Principale particularité : elle emploie des jeunes en insertion et leur offrira une formation qualifiante.
 
 

Saint-Martin dispose enfin de sa brigade verte préposée au ramassage des sargasses, ces algues brunes qui envahissent régulièrement nos rivages et nuisent considérablement au bien-être des riverains comme à l’activité touristique. Mi-juillet, la Collectivité et la Préfecture annonçaient déjà de concert la mise en œuvre d’un protocole « anti-sargasses » associant également l’ADEME (agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie). Ce dispositif prévoyait une convention financière avec le déblocage de 200.00 € sur l’année 2015, soit 100.000 € de l’Etat et 100.000 € de la Collectivité. Le protocole impliquait notamment la création d’une brigade verte pour le ramassage des algues.
C’est chose faite grâce à la signature, jeudi, du contrat unique d’insertion et du contrat d’accès à l’emploi, entre le Centre Symphorien d’Insertion, association de Quartier d’Orléans choisie sur appel d’offres qui embauche ces jeunes brigadiers, et Pôle Emploi. Sous les regards satisfaits de la préfète Anne Laubies et de la présidente Aline Hanson, les 18 brigadiers verts ont tour à tour signé leur engagement dans cette nouvelle mission. « Compte tenu de la situation de l’emploi à Saint-Martin, nous avons souhaité choisir une structure d’insertion tournée vers les jeunes » soulignait la représentante de l’Etat, rappelant que le ramassage des algues s’effectuera néanmoins « sous l’autorité de la Collectivité ».
 
Double objectif
La lutte contre les sargasses permet d’offrir à ces jeunes sans emploi un nouveau départ dans la vie. Les brigadiers sont en effet embauchés dans le cadre de contrats aidés, financés à hauteur de 10% par l’Etat et de 90% par l’ADEME, qui paye également les charges patronales, l’équipement et la formation des jeunes gens au métier d’ambassadeur du tri et d’agent de propreté. Soit une enveloppe totale de 92.000 € pour l’agence de l’environnement.   
Ces jeunes, qui avaient été pré sélectionnés, seront formés et disposeront d’une véritable qualification, au terme d’un CDD d’un an. Le directeur régional de Pôle Emploi, Jean Jacques-Gustave, se frottait les mains : « c’est une opération d’utilité publique, et en même temps ce travail débouchera sur un véritable métier ». Le vice-président du Centre Symphorien d’Insertion, Christian Philomin, a lui tenu à rappeler aux jeunes nouvellement recrutés leur « chance d’intégrer ce programme ». « C’est une formation qualifiante, engagez-vous et soyez dignes de cette confiance ».
A noter que le Centre Symphorien d’Insertion a retenu l’attention des autorités car il est basé à Quartier d’Orléans, secteur qui constitue, avec Sandy Ground, le quartier prioritaire de la Politique de la Ville.  
 
Le ramassage en pratique
Les brigadiers entreront en action dès la fin septembre, le temps de finaliser les embauches et d’être formés. La Collectivité supervisera les opérations de ramassage des algues et établira les planning d’intervention sur les rivages ciblés, en l’occurrence ceux proches des habitations (Cul-de-Sac, Lamigeot notamment) et à Baie Orientale où les opérateurs ramassent eux-mêmes. Du côté de l’Agence régionale de santé (ARS), qui mesure chaque semaine le taux d’hydrogène sulfuré « nous serons à disposition des brigadiers » assure son directeur Pascal Godefroy. Les équipes seront munies de capteurs pour mesurer le niveau d’H2S : « cela nous permettra d’adapter la protection des opérateurs de ramassage ». Une fois les algues ramassées, il faudra bien les stocker : un terrain éloigné des habitations a été choisi dans le secteur de la Baie Orientale, nous dit-on. Les algues seront étalées en couche mince pour les faire sécher. Ensuite, elles pourront se décomposer au soleil, être brûlées, ou transférées à l’écosite pour y être valorisées. A noter que l’ADEME Guadeloupe a lancé un appel à projets portant notamment sur le mode de valorisation des sargasses, et auquel les Collectivités des îles du Nord et les entreprises de ces territoires peuvent se porter candidats jusqu’au 12 octobre prochain.
Par ailleurs, le gouvernement avait acté cet été la création d’un plan interministériel anti-sargasses comprenant une enveloppe de 2 M€. Les îles françaises de la Caraïbe devront se partager le pécule et à ce titre, les arbitrages sont en cours de finalisation. Nul doute que la Martinique et la Guadeloupe se verront plus généreusement dotées compte tenu de la dimension prise par l’invasion des sargasses sur leurs rivages
 
 
Joël, 28 ans : 
« On est soi-disant au paradis »
Sans activité depuis trois mois, Joël fait partie des 18 brigadiers qui vont contribuer au ramassage des sargasses. « C’est une belle idée car l’île, qui est déjà un peu sale, ne peut pas se permettre de laisser les algues comme ça. Les touristes ne voudront jamais revenir, on est soi-disant au paradis mais quand on regarde autour de soi, ce n’est pas le cas ! Avant je travaillais dans les espaces verts, alors le ramassage des algues ça me convient bien, surtout le fait de contribuer à l’image de Saint-Martin ».
 
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