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La Salle Timbanque ouvre sa saison théâtrale avec une adaptation de la dernière grande œuvre achevée de Camus, La Chute, servie par le comédien Alain Daumer. 
 
 

Cette rentrée culturelle fait de la haute voltige. La programmation du théâtre de Marigot ne lésine pas sur l’exigence, non sans parier sur une valeur sûre en la personne d’Alain Daumer. L’homme, qui connaît Saint-Martin comme sa poche puisqu’il y a vécu 17 années, aime revenir sur le rocher surtout depuis qu’il y a découvert une scène ouverte aux créations extérieures et un public friand. Déjà très convaincant l’hiver dernier dans Mon dernier cheveu noir, Alain Daumer nous offre cette fois une adaptation de La Chute, œuvre déterminante dans la production littéraire de Camus pour l’obtention de son Prix Nobel en 1957. « La Chute, c’est l’oeuvre iconoclaste de Camus » souligne cet homme de théâtre spécialiste du dialogue à une voix, autrement dit de l’exercice « seul en scène » qui caractérise chacune de ses créations.
 
DE L’ÉCRIVAIN AU COMÉDIEN
La dernière grande œuvre achevée de Camus écrit les confessions d’un certain Jean-Baptiste Clamence, non sans explorer les grands thèmes philosophiques chers à l’écrivain. Mais inutile d’être un expert en littérature camusienne pour prétendre accéder à l’adaptation théâtrale de 10.000 mots créée par Alain Daumer. Le public devrait pouvoir compter sur les qualités confirmées de ce comédien charismatique déjà encensé par la critique métropolitaine : « un bulldozer émotionnel », « une diction parfaite », une efficacité théâtrale « incontestable » a écrit la presse de l’Hexagone. Aux néophytes, Alain Daumer conseille même de se laisser porter : tant qu’à faire « ne lisez surtout pas l’œuvre avant de venir ! ». Quant aux camusiens convaincus, peut-être trouveront-ils la clef de l’éternel dilemme qui questionne les lecteurs depuis un demi-siècle : La Chute est-elle réellement une œuvre de fiction ? Pour le comédien, l’aspect autobiographique est indéniable. Ce serait d’ailleurs « une œuvre essentielle pour comprendre Camus ». Alain Daumer se défend néanmoins de tout sacrilège : « je ne trahis pas l’homme ni ses écrits ». Pour s’en convaincre il avait d’ailleurs transmis son adaptation à la maison Gallimard : « si elle n’avait pas été approuvée je l’aurais abandonnée ».
 
D’AVIGNON À ST-MARTIN… OU L’INVERSE
Depuis 15 ans Alain Daumer se rend chaque année au Festival d’Avignon, notamment investi dans la production du Off. A l’été 2016 il y donnera donc La Chute, après l’avoir éprouvée une centaine de fois au moins, notamment lors des célébrations organisées en 2013 par l’ambassade de France de Stockholm à l’occasion du centenaire de la naissance de Camus. Passé maître dans l’adaptation de romans au théâtre, Alain Daumer compte d’autres créations à son actif parmi lesquelles Mon dernier cheveu noir (Jean-Louis Fournier), Jean Valjean, parcours d’un misérable (Victor Hugo), Misogynie et misandrie à part (d’après Gordon Zola). Loin d’être inconnu à Saint-Martin, il s’y est notamment illustré il y a plus de 20 ans dans un café théâtre alors ouvert à Marigot, le Corto Maltese. C’est au sein de l’illustre Café de la Gare à Paris qu’il a véritablement fait ses armes dans la mise en scène, avant de se jeter définitivement dans l’arène. Sans doute pour raconter, aussi, un peu de lui.
 
 
LA CHUTE, D’APRÈS CAMUS
 
Vendredi 18 et samedi 19 septembre à 20 heures. Vendredi 25 et samedi 26 septembre à 20 heures. Théâtre la Salle Timbanque, Auberge de Mer, Marina Royale, Marigot. Infos et réservations au 0590 29 41 52 (boîte vocale). Billets également en vente sur www.theatre-la-salle-timbanque.fr (rubrique acheter vos billets en ligne). Prix des places : 17€.
 
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