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Deux cochons, deux taureaux et deux chèvres ont été amenés jeudi à l’abattoir pour un premier test. La viande sera proposée à la dégustation la semaine prochaine.

Pour la filière agricole l’instant était pour le moins solennel. L’abattoir de Saint-Martin, qui a longtemps fait figure de coquille vide compte tenu de ses péripéties administratives et sanitaires, accueillait jeudi les premiers tests d’abattage à grande échelle. Deux porcins, deux bovins et deux caprins ont fait figure de cobayes sous l’œil des services vétérinaires. « C’est un abattoir multi-espèces » rappelait Maguy Gumbs, directrice de la CCISM – qui fait office de Chambre d’agriculture -, venue assister au bon déroulement des opérations. Au petit matin, ces premières victimes étaient donc déjà parquées dans les boxes, attendant leur dernière heure pendant que se préparaient les formalités d’usage. « Nous réalisons une inspection ante mortem puis une inspection post mortem » détaillait le docteur Mario Poggio. Avant l’abattage, les vétérinaires étaient donc tenus de vérifier les éléments liés à la protection animale, la traçabilité, l’état sanitaire des animaux, etc. « Il s’agit de vérifier si les animaux répondent aux conditions d’abattage » résume le vétérinaire. Post mortem, « nous réalisons une inspection sur l’hygiène d’abattage et l’état sanitaire de la viande ».
Les trois équipiers de l’abattoir, dont le responsable Steeve Hodge, ont ensuite procédé à la mise à mort, en présence du responsable de la filière agricole à la CCISM Julien Gumbs, et du gérant de la SEABAT Emmanuel Gimenez. Pour ce premier test, qui a nécessité quelques prises en main, Saint-Martin a reçu l’aide de techniciens des abattoirs de Marie-Galante et du Moule : « leur visite est importante car ils ont une très grande expérience » justifie Maguy Gumbs.
 
UN MOIS POUR PEAUFINER LES DÉTAILS
« Tout s’est relativement bien passé » commente Julien Gumbs. S’il concède « quelques points à corriger sur du matériel restant à acquérir et des aménagements », il mise sur un fonctionnement régulier de la structure d’ici la fin octobre. Quant aux services vétérinaires, ils vont rendre sous peu leur verdict pour que l’agrément sanitaire provisoire devienne définitif.
Mais à quelle cadence cet abattoir va t-il fonctionner, sachant que Saint-Martin ne compte qu’une trentaine d’éleveurs enrôlés à la CCISM ? Certes ce type d’installation n’est jamais rentable. Mais à moins d’un vrai développement des cheptels, celui-de Saint-Martin aura un véritable défi à relever. Tous fonds confondus, il a représenté un investissement de 1,07M€.
 
 
L’abattoir ouvert à la population le 3 octobre
 
Le samedi 3 octobre l’abattoir sera ouvert à toute la population entre 9 heures et 12 heures. Point phare de la visite : au terme de 10 jours de maturation la viande issue de l’abattage test réalisé ce jeudi sera cuisinée et proposée à la dégustation. Un événement destiné à faire la promotion de cet abattoir et des produits qui en sortiront. Car maintenant, il faut bien qu’il fonctionne…
 
 
Abattoir et cuisine centrale feront-ils bon ménage ?
 
L’ouverture de la structure avait été plusieurs fois menacée notamment à cause de la construction (postérieure) de la cuisine centrale qui ne respectait pas la distance minimale de 100 mètres imposée entre un abattoir et tout autre bâtiment. Le dossier avait d’ailleurs été sérieusement suivi par l’ex-préfet Philippe Chopin et plusieurs tours de passe-passe administratifs avaient été nécessaires. Au final, des aménagements structurels ont été apportés afin de pouvoir rendre fonctionnel l’abattoir de Saint-Martin, dont la construction de murs visant à maîtriser les conditions sanitaires (cf galerie photos).
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