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Frédéric Erb, trésorier de l’association des commerçants de Marigot et membre du Conseil de quartier n°5, s’exprime sur la désertification de Marigot et évoque des solutions urgentes à trouver pour faire face aux difficultés que rencontre l’activité commerciale.
 
 

SMW: Quels sont les objectifs de votre association pour améliorer la fréquentation des commerces à Marigot, quand on sait que celle-ci baisse chaque année?
Frédéric Erb : En effet, tout le monde le sait, malgré des dizaines de réunions avec les autorités, nous souffrons de l’insécurité ambiante, d’une ville sale et mal entretenue, d’un manque de lumière, et de l’absence de pôles d’attraction avec des grandes enseignes comme Hermès, Vuitton, Chanel… Nous avons des mesures d’urgence à proposer, qui ne sont pas susceptibles d’engendrer de grandes dépenses, mais qui peuvent redonner rapidement de l’engouement pour revenir faire ses courses à Marigot.
Déjà, que préconisez-vous pour ce qui concerne l’insécurité ?
La priorité est d’optimiser l’éclairage existant avec un meilleur réglage de celui-ci. Il convient de le vérifier plus souvent et faire en sorte qu’il marche bien la nuit et non de jour comme bien souvent !
La Collectivité doit impérativement interdire la mendicité de sorte que les agents puissent faire leur travail dans la légalité et en toute sérénité. De plus, il faut que les pouvoirs publics trouvent une solution pour reloger les sans-abris, livrés à l’errance, dans des endroits convenables comme l’ancienne gendarmerie de Marigot par exemple, afin d’éviter les problèmes que nous rencontrons comme sur le parking de la Marina Royale. Il s’agit là d’une volonté politique car cette situation qui ne fait qu’empirer nuit gravement à l’image de la ville et réduit à néant les efforts financiers de l’Office de tourisme en matière de promotion, à tel point que nos concurrents de la partie hollandaise déconseillent Marigot pour son insécurité.
 
Vous évoquez les questions d’insalubrité de la ville. Quelles seraient les mesures à prendre dans ce domaine ?
Les bas-côtés de la chaussée et leurs abords doivent subir un relooking à l’instar de toutes les communes de France. Avec l’association de notre conseil de quartier n°5 présidée par Paul Whit, nous pourrions mettre en place une structure d’insertion des jeunes, au même titre que Sandy Ground On The Move, pour embellir cet environnement. Il suffirait que la Collectivité fournisse les parpaings, du ciment, de la peinture, du sable… les matériaux de première nécessité pour faire ces travaux indispensables.
Pour les vieilles bâtisses qui ont souvent du cachet, il faudrait un plan initié par la Collectivité pour repeindre les façades grâce à des mesures incitatives ou des réductions sur les taxes foncières dont les propriétaires pourraient bénéficier.
Enfin, pour revenir au parking de la Marina Royale, la Collectivité doit pouvoir concéder sa gestion à l’association de quartier n°5, qui serait alors en charge d’un plan de réinsertion de jeunes sans emploi sur cet emplacement stratégique de la ville.
 
Vous pensez qu’il convient de revoir le plan de circulation de ville, pouvez-vous nous en donner les raisons ?
En effet, avec la venue du nouveau pont qui facilite certes un flux de circulation vers l’aéroport, aucune réflexion n’a été réellement menée pour faciliter les accès à Marigot. Nous proposons la réouverture de la rue en sens unique qui part de la rue de Hollande dans l’axe de la rue Kennedy en enlevant simplement les quatre blocs de béton barrant ce passage. Puis nous souhaitons que la rue de St-James soit ouverte en sens unique du centre vers Bellevue, toujours dans un souci de moindre coût, afin de fluidifier le trafic et par voie de conséquence redonner du chiffre d’affaires aux commerces de la zone de St-James et du haut du centre ville.
 
Quelle est votre position sur le projet d’aménagement du Front de Mer dont certains le comparent à un serpent de mer depuis des années…
Nous déplorons dans cette affaire que bien souvent des cabinets d’études très coûteux soient consultés en Guadeloupe pour établir ces projets. Malheureusement on nous demande que rarement notre avis alors que nous sommes confrontés à une clientèle principalement nord-américaine avec ses spécificités commerciales. Cela engage des dépenses importantes rarement suivies d’effet et ces organismes ne sont pas forcément adaptés aux besoins de notre clientèle touristique. Mais pour vous répondre, nous attendons les propositions concrètes de ce projet d’aménagement du front de mer.
 
Dans nos présentes éditions vous évoquiez la possibilité d’actions plus draconiennes en l’absence de réponses des pouvoirs publics. Cela est-il toujours dans l’air du temps ?
Comme nous l’avons annoncé, nous attendons désormais des réponses urgentes et précises. Vous comprendrez bien que la situation des commerces devient intenable, que nous avons un vrai projet de réhabilitation de Marigot peu coûteux et que le cas échéant nous serions contraints d’entamer des actions plus directes car il en va de la survie du quartier n°5 et de la pérennité de nos entreprises.
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