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Louis Jeffry, a présenté les vertus de l’économie sociale et solidaire devant le Conseil économique, social et culturel réuni en séance plénière mardi dernier.
 
 

Présente au quotidien, même si l’on ne s’en aperçoit pas toujours, l’économie sociale et solidaire (ESS) fonctionne sur le principe de l’utilité sociale et regroupe les structures fonctionnant sur ce modèle : associations, mutuelles, coopérations, fondations… Pour l’ancien candidat aux territoriales et législatives de 2012, Louis Jeffry, ces organisations centrées sur les principes de solidarité gagneraient à se développer sur notre territoire. « Dans l’Hexagone, les entreprises relevant de l’ESS recrutent à tour de bras, et elles sont suivies par l’Etat car elles structurent un modèle économique qui crée de la richesse » expliquait-il devant les membres du Conseil économique, social et culturel (CESC) mardi dernier. Convaincu qu’il y a là une niche pour créer des emplois et maintenir un certain niveau de vie, Louis Jeffry a vanté les mérites de ce modèle économique : « ces entreprises se distinguent par leurs valeurs et leur finalité, elles participent au développement des territoires ».
En France, elles représentaient l’année dernière 10,3% des emplois, soit 2,3 millions de salariés et quelque 223 000 établissements.
 
Un système solidaire
L’ESS, c’est le moyen de « créer de la richesse en faisant du social ». Une économie au service de l’homme et non du profit en somme, puisque les structures sont des sociétés de personnes et non de capitaux. Et ce modèle englobe une réserve d’activités « qu’il nous faut développer » assure Louis Jeffry. Les secteurs sont en effet divers et nombreux : logement, lutte contre les inégalités, insertion sociale, aide à la personne, commerce équitable, développement durable… « L’économie de marché et l’économie sociale et solidaire sont deux systèmes qui doivent coexister » estime l’homme, qui cite en exemple les chantiers d’insertion pour le ramassage des sargasses qui sont aussi « l’occasion de créer du profit ».
« Le but de l’action n’est pas le profit, mais il ne l’empêche pas » certifie Louis Jeffry. Le professionnel de santé qu’il est, cite en exemple les mutuelles « ce système solidaire qui permet de minimiser les risques et de maintenir un certain niveau de vie ».
 
Soutien des pouvoirs publics
En ces temps de crise, l’économie sociale et solidaire redéfinit les valeurs de la société. Le gouvernement mise donc sur ce modèle économique en plein essor et en juillet 2014 a été promulguée la loi sur l’ESS qui marque le soutien institutionnel aux nouvelles formes d’entrepreneuriat social et favorise le regroupement des structures. Louis Jeffry met ainsi en avant le rôle des CRESS – chambres régionales de l’économie sociale et solidaire ainsi que les PTCE – pôles territoriaux de coopération économique – qui regroupent les organismes fonctionnant sur ce modèle sur un territoire défini. « L’Europe aime ce genre de structures et a tendance à les financer » justifie t-il. Il cite également comme potentiel local le secrétariat conjoint créé entre Sint Maarten et Saint-Martin pour la mise en œuvre du programme de coopération territoriale, et qui préfigure à plus long terme la création d’un GECT (Groupement européen de coopération territoriale); ou encore l’Observatoire de la Santé qui réunit les deux côtés de l’île et dont il est le pilote. Louis Jeffry a également insisté sur les Eco Smart Space, ces espaces collaboratifs qui permettent de mutualiser les ressources, les locaux, les réseaux entre entrepreneurs.
L’homme en est persuadé, « il faut faire connaître au grand public l’économie sociale et solidaire et être ainsi au plus près des pouvoirs publics pour impulser des dynamiques ». « L’ESS c’est de la création de richesse et les structures qui œuvrent dans le social ont vocation à développer de nouveaux services, ce qui aura pour conséquence d’aider la Collectivité plutôt que de grever son budget ».
« Un sujet très intéressant » a conclu le président du CESC Georges Gumbs, qui défendra peut-être ce modèle économique auprès de la gouvernance actuelle.
 
 
Philippe Thévenet, 
secrétaire de bureau du CESC
La plénière du CESC qui se tenait mardi fut également l’occasion d’élire, parmi les 23 membres, le nouveau secrétaire du bureau en la personne de Philippe Thévenet, qui remplace désormais Laurent Bayly. « Le CESC a besoin de fonctionner et si je peux l’y aider j’en suis ravi » exprimait-il au terme d’un vote à bulletin secret dans une ambiance sereine et décontractée. Le bureau du CESC doit en effet comprendre, outre un secrétaire, son président (actuellement Georges Gumbs) et cinq vice-présidents. A noter que la séance a également conduit les membres du conseil à valider leur règlement intérieur.
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