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Le député des îles du nord tenait jeudi une conférence de presse pour présenter son bilan de mi-mandat.
 
 

« Je me suis donné corps et âme pour faire entendre les voix de Saint-Martin et Saint-Barthélemy au plan national ». Daniel Gibbs entend répondre à ceux qui « continuent à se demander ce que fait le député » et avait invité la presse mercredi pour présenter son bilan, à mi-chemin entre son élection et les prochaines législatives (juin 2017). Non sans rappeler la « complexité » de sa tâche quant à « la distance entre la métropole et notre circonscription », le député se dit « déterminé ».
Son gros chantier, la mission d’information sur la Collectivité de Saint-Martin, dont le rapport contenant 32 propositions avait été rendu en juillet 2014, a donné lieu « à certaines avancées » veut-il rappeler : « lors de sa venue François Hollande a repris un certain nombre de propositions, dont la création de la chambre détachée du TGI de Basse-Terre sur laquelle je travaille depuis 2013 ». Daniel Gibbs entend aussi rappeler qu’il a co-présidé, avec le président de la délégation à l’Outre-mer de l’Assemblée nationale, le rapport sur la déclinaison Outre-mer du Pacte de responsabilité. C’est dans cet « esprit » que le député affirme avoir voté « pour » la loi de modernisation du droit des Outre-mer ; « mais on s’attendait à une véritable loi avec un peu plus d’ambitions pour nos territoires ».
Daniel Gibbs se félicite également que Saint-Barthélemy ait obtenu l’habilitation pour disposer d’une Caisse locale de Sécurité sociale, compétence issue de la loi organique proposée par le sénateur Michel Magras : « c’est une réelle avancée pour Saint-Barthélemy qui va voir ses dossiers être traités plus rapidement ».
Sur la compensation de la perte du dispositif de rénovation hôtelière pour Saint-Martin, l’élu affirme s’être « battu » : « ce n’est pas suffisant mais c’est une avancée d’avoir pu sauvegarder quelque chose plutôt que de tout perdre ».
 
Des dossiers brûlants
Le député assure également suivre de près les problématiques qui inquiètent la population locale. Sur la question des sargasses et les fonds débloqués par le gouvernement « je continue à me battre pour que Saint-Martin ait sa part » défend-il, critiquant au passage l’appel d’offres lancé en Guadeloupe et pour lequel la préfète avait assuré que les îles du Nord y étaient incluses : « je n’ai pas vu Saint-Martin et Saint-Barthélemy écrites dedans ». « Nous sommes une Collectivité à part entière et on doit avoir nos propres dispositifs, je continuerai ce combat, chaque fois que ça sera nécessaire, administrativement comme politiquement ».
Daniel Gibbs affirme également attendre la publication du décret d’application du Code Natinf, promis par François Hollande au 15 mai et devant permettre à la Collectivité d’encaisser les amendes : « je n’ai rien vu passer ». Le député indique également suivre la question des frais de déplacement des infirmiers libéraux, en bisbille avec la Sécurité sociale, auprès du ministère de la Santé, ainsi que la situation financière exsangue de notre hôpital (évoquée dans notre édition du 13 octobre) sur laquelle il a interpellé le gouvernement.  
Le chef de notre circonscription s’est enfin félicité d’avoir voté en faveur de l’amendement figurant dans la loi de modernisation du droit de l’Outre-mer et actant la fin du roaming, soit les surcoûts téléphoniques entre la métropole et les Outre-mer : « cette situation était injuste, il était important pour nos territoires français de bénéficier des mêmes avantages ». Cette réforme sera applicable au 1er mai 2016.
 
Candidat ?
A mi-parcours de son mandat au Palais Bourbon, Daniel Gibbs laisse encore planer le mystère sur une éventuelle candidature aux prochaines élections, du moins pour ce qui concerne les législatives : « si demain je suis candidat aux territoriales je ne pourrai pas l’être aux législatives car la loi l’interdira (ndlr le cumul des mandats) » « Ce qui m’intéresse c’est mon territoire » conclut néanmoins l’élu à double casquette qui pourra toujours se repositionner selon le verdict des urnes. 
 
 
Budget Outre-mer:
« Le gouvernement ne va pas assez loin »
 
Daniel Gibbs, qui sera l’orateur de son groupe les Républicains sur la mission du Projet de loi de Finances 2016, s’est également exprimé sur le budget des Outre-mer. « Le gouvernement, en se contentant de préserver les budgets, d’une année sur l’autre ne va pas assez loin ». « Si le budget est préservé et présente quelques motifs de satisfaction je tique sur plusieurs données » ajoute le député. Il critique « le coup de rabot sur les exonérations de charges sociales qui plombe encore plus nos entreprises ultramarines », l’exclusion de Saint-Martin du CICE, soit « un point fort dans ma volonté de voter contre le budget ». « Je souhaiterais un projet politique ambitieux pour nos territoires, qui vise l’égalité économique et sociale réelle avec l’hexagone, je vais profiter de l’examen de ce budget pour attirer l’attention du gouvernement sur la situation de nos Collectivité et notamment sur la dotation négative de Saint-Martin et Saint-Barthélemy ».
 
Le PLF 2016 prévoit pour les Outre-mer 2,018 Md€ répartis entre le programme « conditions de vie » doté de 718 M€ et le programme « emploi » de 1,3 Md€.
 
Dans le premier programme budgétaire, le logement social est doté de 247 M€, comprenant l’extension du crédit d’impôt pour la rénovation et la réhabilitation. Les crédits alloués aux contrats de plan Etat-Région et aux contrats de développement s’élèvent à 160 M€. Les collectivité recevront 53 M€ et le fonds exceptionnel d’investissement est doté de 40 M€. 20M€ sont programmés pour construire des écoles en Guyane et à Mayotte. L’enveloppe de la continuité territoriale est en progression de 5,1%, soit 35 M€ ; elle est recentrée sur les plus démunis et doit financier le rétablissement de l’aide aux familles endeuillées.
 
Sur le second programme budgétaire des Outre-mer qui concerne l’emploi, le Service militaire adapté (SMA) est doté de 57 M€ et la formation professionnelle de 38 M€ (contre 32 M€ en 2015). L’aide de l’Etat en faveur de l’investissement par la défiscalisation ou le crédit d’impôt représente 800 M€ de dépense fiscale au profit des Outre-mer.
 
 
L’affaire du tweet qui fait réagir nos parlementaires
 
Il y aura eu au moins nos parlementaires pour s’émouvoir d’un tweet posté lundi dernier par Cécile Duflot s’insurgeant contre l’interpellation des 5 salariés suspectés d’avoir participé aux violences contre les dirigeants d’Air France : « Arrêtés chez eux à 6 h du matin ? Pourquoi ? pour les humilier devant leurs familles ou parce qu’ils préparaient une fuite à St Martin ? ». Cette sortie, serait presque passée inaperçue si elle n’avait provoqué le courroux de nos parlementaires. Le sénateur Guillaume Arnell s’est insurgé contre la légèreté des propos de celle qui fut pourtant ministre du logement et surtout de l’égalité des territoires : « @CecileDuflot Les saint-martinois vous seront reconnaissants de ne pas écorner leur image à la faveur de querelles politiciennes » et « @CecileDuflot Saint-Martin fait partie de la République jusqu’à preuve du contraire, dès lors, pourquoi parlez vous de fuite ? ». Daniel Gibbs s’est également fendu de commentaires incisifs dont celui publié sur sa page Facebook : « Je déplore qu’une ancienne ministre de la République véhicule des stéréotypes aussi ridicules que nauséeux sur un territoire qu’elle ne connaît visiblement pas. Cécile Duflot n’a pas à se faire de la pub sur le dos de Saint-Martin ».
 
 
 
 
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