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Une semaine après la fusillade ayant grièvement blessé un officier de la BAC, les syndicats de police ont lancé un appel à la mobilisation pour dénoncer la “rupture” avec la Justice et demander plus de moyens.
 
 

L’important dispositif de gendarmerie, qui bouclait mercredi les abords du Palais de Justice, n’avait pas d’autre but que de sécuriser cette zone où la foule sous tension s’était amassée pour attendre les six prévenus convoqués en comparution immédiate. Sur le parvis du tribunal, les agents de la PAF étaient eux présents pour une toute autre raison. « Aujourd’hui, on est tous Yann » scandait Diego Bertoli, du syndicat Alliance Police Nationale. Yann, c’est ce policier qui se trouve toujours dans un état critique après avoir été grièvement blessé par les tirs d’un braqueur la semaine dernière en région parisienne. Cet homme était fiché pour radicalisation et n’avait pas rejoint l’établissement pénitentiaire après une permission. Rapidement l’intersyndicale de la Police nationale avait appelé à un rassemblement national pour faire part de sa colère. A Saint-Martin, les syndicats Alliance Police Nationale et unité SGP Police FO se sont donc montrés solidaires : « nous nous sommes regroupés pour soutenir notre collègue toujours entre la vie et la mort » scandait Diego Bertoli, qui défend « l’incompréhension des policiers ». Car l’événement a ravivé les frustrations de la profession : « le manque de fonctionnaires et les dysfonctionnements de la justice forment un malaise global ».
UNE JUSTICE «LÉGÈRE»
 
« On ne peut accepter que des délinquants notoires puissent bénéficier de permissions. Un tel individu, qui avait 30 condamnations à son actif et ne regagne pas sa cellule, ce n’est pas normal » s’insurge le porte-parole d’Alliance, qui mentionne depuis 2008 une augmentation de 40% des violences à l’égard des forces de l’ordre : « il y a des décisions de Justice qui nous paraissent légères par rapport au travail qu’on fait sur le terrain ». Dans un tract les représentants d’Unité-SGP-Fo évoquent d’autres faits illustrant l’exaspération des policiers : des agents agressés et pris pour cible en Guadeloupe, une jeune fille assassinée en Alsace par un permissionnaire. « Aujourd’hui les policiers ne peuvent plus se contenter des réponses habituelles apportées à ces scandales » indique de son côté le tract d’Alliance.
Les conditions de travail des policiers font également l’objet de revendications. Les procédures sont vécues comme « extrêmement compliquées », donnant aux agents et officiers l’impression « d’être engorgés par un magma qui empêche d’être plus souvent sur le terrain ». Les outrages, trop fréquents, suscitent également le découragement : « sur le terrain nous sommes au quotidien confrontés à des personnes qui ne comprennent pas le cadre de nos missions ».
Ces messages, les policiers les adressent également au nouveau vice-procureur de Saint-Martin, muté en août : « nous espérons qu’il va entendre, qu’il y aura des condamnations plus sévères pour les personnes qui ne respectent pas l’uniforme ».
 
Mercredi, alors que les policiers manifestaient leur colère dans toute la France, Manuel Valls a annoncé une série de mesures sur la simplification de la procédure pénale dont l’« allègement de la gestion de la garde à vue », le renforcement de la lutte contre la trafic d’armes à feu comprenant notamment le « durcissement » des peines, et la limitation des permissions de sorties de détenus « sans nécessité avérée ».
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