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Les entrepreneurs dont l’activité est directement impactée par les échouages d’algues brunes étaient conviés samedi dernier à la CCISM, qui a recueilli leurs doléances afin de définir un plan d’action.
 

Les Antilles accablées par le poids des sargasses » peut-on lire en feuilletant le dernier numéro de WindMagazine, lecture très prisée des sportifs baroudeurs en quête de spots. Car l’impact économique des algues brunes invasives se mesure déjà en terme d’image : l’attractivité de notre destination risque d’en prendre un coup. « Aujourd’hui je n’ose même plus faire de la langue de bois » glisse Jean-Seb Lavocat, qui opère au Galion depuis plus de 20 ans. Samedi dernier, après qu’il se soit décidé à interpeller les pouvoirs publics, lui et une dizaine de ses confrères se sont rendus à la CCISM pour exprimer clairement leurs demandes face au président Jean Arnell, la préfète de Saint-Martin Anne Laubies, la directrice de la CCI Maggy Gumbs et le président de Métimer Bulent Gulay, qui se sont montrés attentifs en questionnant les participants.
 
LES SARGASSES COÛTENT CHER
Dans le cadre d’un plan d’évaluation de l’impact des sargasses, les entrepreneurs étaient surtout invités à chiffrer le « coût » des échouages, que ce soit en perte d’activité ou en charges supplémentaires. Les opérateurs ont donc tour à tour exprimé leur désarroi.
Au Palm Beach de Baie Orientale « on dépense 3500€ par mois pour le nettoyage » indique Charly, qui estime de 35 à 40 % la baisse de fréquentation subie par son établissement. « Sur une journée qui peut faire 130 couverts, aujourd’hui j’en garde 30 ». A proximité, le centre Watersports de Fredo Lavocat a dû fermer pendant trois mois. Du côté du Galion, Jean-Seb n’a pas loué une planche à voile pendant quatre mois. « On est spectateurs au quotidien de notre dégringolade » regrette t-il. Sur le même spot, Patrick de Tropical Wave a lui dépensé quelque 30.000 € depuis le début des échouages, pour maintenir son activité. A Cul-de-Sac, Oswen qui loue des Kayaks a aussi mis la main à la poche : 6000 € pour la construction d’un petit ponton afin de permettre aux touristes d’accéder à ses embarcations.
Restaurateurs et activités nautiques ne sont pas les seuls impactés. Les locations saisonnières subissent aussi les conséquences des échouages nauséabonds : « désormais une personnes sur trois se pose la question avant de s’engager, c’est un problème que nous n’avions pas l’année dernière » rapporte Vincent Laborde de Gescap / Immodom. Son budget pour maintenir les biens en état de recevoir la clientèle : 3.000 € par mois.
 
UN PLAN D’ACTION, PLUSIEURS SOLUTIONS 
Pour faire face aux sargasses, Saint-Martin peut actuellement compter sur le protocole signé entre l’Etat et la Collectivité. Cet accord prévoit une enveloppe de 200.000 € également répartie entre les deux entités sur 2015, pour financer les Brigades vertes chargées du ramassage puis le traitement des algues, en tant que déchet. S’il est effectivement prévu que « les Brigades vertes s’inscrivent dans le temps », rappelait la préfète, le travail de fourmi auxquelles les équipes de ramassage sont confrontées ne répond pas à la situation d’urgence dans laquelle sont placés les opérateurs touristiques. « C’est un vrai sujet, on rentre dans la période touristique, j’en suis consciente » concédait-elle, ajoutant que pour lutter contre les sargasses, « il n’y a pas une solution mais différentes solutions ».
Au terme de la réunion, les doléances ont donc permis de formuler plusieurs axes d’intervention.
La défiscalisation et les fonds Feder constituent des leviers mobilisables pour l’acquisition d’une machine, à l’usage de tous les entrepreneurs impactés : « on peut vous aider à structurer un projet et à l’évaluer » commentait Jean Arnell. Il a également été proposé de demander à la Collectivité de geler le prix des AOT sur les sites impactés par les sargasses ainsi que certaines taxes. La CGSS pourrait également être sollicitée sur des moratoires. Le ramassage, sur tous les sites impactés, doit également se poursuivre inlassablement et surtout, se pérenniser.
En fin de semaine, une délégation de la CCISM se rendra à Paris avec, dans sa valise, un dossier d’évaluation de l’impact des sargasses. Par ailleurs, les représentants des Etats de la Caraïbe devraient se réunir prochainement sur ce sujet qui nécessite une véritable coopération internationale.
 
 
Entreprises : plus que 2 jours pour donner votre feedback à la CCISM
 
Pour faire suite à la deuxième réunion de crise “Sargasses” qui s’est tenue le 17 octobre à la Maison des Entreprises, la CCI Saint-Martin invite tous les entrepreneurs impactés directement ou indirectement par le phénomène à remplir le questionnaire dédié. Une délégation de la CCISM prévoyant un déplacement en métropole, il est fondamental que la synthèse de cette évaluation économique des échouages de sargasses soit le reflet de la situation vécue par les entreprises de Saint-Martin. De cette évaluation dépendront les mesures compensatoires, les possibilités de moratoi
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