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A la faveur d’une onde tropicale Saint-Martin a été arrosé. Mais pas suffisamment pour compenser la sécheresse qui sévit depuis 9 mois, et n’est pas prête de se terminer selon Météo France.

L’activité pluviométrique est certes « de saison », mais l’importante sécheresse qui sévit depuis le début de l’année transforme en véritable miracle chaque précipitation. L’épisode pluvieux du week-end dernier pourrait certes se prolonger cette semaine selon Météo France, grâce à l’influence d’éléments d’altitude propices aux développements de nombreux orages. Mais les quelque 20 mm de pluie enregistrés entre vendredi soir 22 heures et dimanche ne suffiront pas à inverser la donne. « Il s’agissait d’une onde tropicale active, phénomène classique dans une saison pluvieuse habituelle » commente le climatologue Christophe Valère-Montout. « Grâce à la présence de l’alizé on a réussi à avoir cette perturbation, mais la situation n’a pas changé avec la présence du front sec ». Depuis des mois, les perturbations « sont décalées vers le Sud ce qui entretient le phénomène de sécheresse sur la zone » ajoute l’expert de Météo France Guadeloupe, peu optimiste pour les semaines à venir : « de Puerto Rico à Sainte-Lucie, nous sommes en train de battre un record historique de sécheresse ». Aucune des perturbations, qui se sont produites ces dernières semaines, ne sont en effet parvenues à compenser l’indigence des cieux. « Il faudrait que survienne un phénomène cyclonique important pour compenser le déficit » indique M. Valère-Montout. Hier Saint-Martin restait néanmoins classé en vigilance jaune pour fortes pluies et orages, quand le côté hollandais avait décidé de ne pas ouvrir les écoles.
 
AU SEC JUSQU’À FIN DÉCEMBRE
 
Cause de ce déficit pluviométrique : un épisode El Niño de très forte intensité. « Nous sommes en plein milieu et il devrait se poursuivre jusqu’à fin décembre » ajoute l’homme de Météo France. Cet événement a débuté au début de l’année sur le Pacifique équatorial et a continué à se renforcer régulièrement depuis le début du mois de mai. « L’anomalie moyenne de température de surface de la mer atteint à la fin du mois de septembre la valeur de +2,2°C dans la région de l’océan Pacifique équatorial servant à surveiller le phénomène. Cette anomalie correspond à un événement El Niño très fort » détaille Météo France. Cet épisode influence l’ensemble du système climatique et devrait atteindre un maximum d’intensité vers la fin de l’année, avant de commencer à faiblir en début d’année 2016. Pour les météorologues « il devrait très probablement figurer parmi les plus puissants observés depuis 1950 ».

Le phénomène El Niño a déjà profondément modifié le régime des précipitations. Persiste donc jusqu’à la fin de l’année un risque accru de sécheresse sur l’Amérique Centrale et le nord de l’Amérique du Sud ainsi que sur le sud de l’Afrique. A contrario, d’autres zones sont exposées à un fort risque de précipitations supérieures aux normales : le Mexique, le sud des États-Unis, le sud du Brésil, l’Uruguay, l’Argentine ainsi que l’est de l’Afrique et le sud-est de l’Asie.
 
 
Saison cyclonique : déjà 11 phénomènes
 
Fin septembre, on dénombrait onze cyclones tropicaux ayant évolué sur le bassin Atlantique Nord depuis le début de la saison cylonique, dont dix ont été nommés : une dépression tropicale (numéro 9), sept tempêtes tropicales (Ana, Bill, Claudette, Erika, Grace, Henri, Ida), trois ouragans (Danny, Fred, Joaquin) dont deux ayant atteint le stade d’ouragan majeur (catégorie 3 au moins) : Danny et Joaquin.
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