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L’un des trois auteurs présumés du cambriolage d’une banque comparaissait hier devant le tribunal correctionnel de Saint-Martin.

Il y a plusieurs mois, une banque, située à Hope Estate était le théâtre d’un cambriolage particulièrement marquant, au regard du mode opératoire et de l’importance du butin. Dans la nuit du 21 au 22 juin, plusieurs individus parviennent à couper l’alimentation électrique aux abords de l’établissement. Une heure plus tard et l’alarme ayant été mise hors service, ils forcent la porte de la banque et entrent. Pendant une bonne partie de la nuit, ils seront occupés à démonter le distributeur de billets, après avoir pris soin de désamorcer le système de vidéo-protection. Au petit jour, le groupe prend la poudre d’escampette, plusieurs dizaines de milliers d’euros en poche. Sauf que, sans doute pris de cours par l’arrivée des employés, ils laissent sur les lieux du délit un sac à dos avec, à l’intérieur, notamment, une lampe-frontale. C’est celle-ci qui vaut à T. W. sa convocation, ce jeudi 29 octobre, devant le tribunal correctionnel de Saint-Martin.
Des traces de son ADN ont en effet été retrouvées sur l’objet en question. Les empreintes génétiques de deux autres suspects ont par ailleurs été découvertes sur des tiroirs-caisses provenant du cambriolage. Ces pièces ont été retrouvées deux mois après les faits, sur un terrain vague à Quartier d’Orléans, mais n’ont pas permis d’identifier d’autres prévenus.
SUPPLÉMENT D’INFORMATION REQUIS

T. W comparaît donc seul – et sans avocat – à la barre du tribunal, hier. A bientôt 21 ans, il arbore un casier judiciaire chargé : ce dernier a déjà été condamné à plusieurs reprises par le tribunal pour enfants de Basse-Terre pour des faits de violences et de détention de stupéfiants notamment. Il a récemment écopé – le 7 mai dernier – de trois mois de prison avec sursis pour outrage à agent dépositaire de l’autorité publique.

Le prévenu s’explique d’abord sur les empreintes retrouvées sur l’objet : un homme, d’origine guadeloupéenne lui a prêté la fameuse lampe-frontale alors que sa voiture était en panne et qu’il tentait de la réparer. Le président du tribunal, Gérard Egron-Reverseau questionne T. W. à ce sujet et pointe une première incohérence. «Lorsque vous avez été entendu par les gendarmes, vous avez dit avoir saisi la lampe entre vos mains et là, vous me dites que vous l’avez mise sur la tête».
Pour sa défense, T. W. assure ne pas avoir pu commettre le cambriolage reproché puisqu’il se trouvait, au moment des faits, à Saint-Barthélemy. Il dit avoir assisté à un concert d’Admiral-T, à l’occasion de la fête de la musique, avec une amie qui réside sur l’île voisine. «Avez-vous donné son nom et une adresse aux gendarmes afin que cette personne soit entendue et confirme que vous étiez bien avec elle le jour du cambriolage ?», demande Gérard Egron-Reverseau. Le prévenu a communiqué aux gendarmes un prénom mais, pour le reste, il n’en sait pas plus.
Il explique s’être rendu à Saint-Barth en bateau, avec un ami résidant à Saint-Martin. Mais, une nouvelle fois, il ne peut fournir le nom de ce dernier et suppute connaître son adresse. Le vice-procureur, Michaël Ohayon, tente de tirer cette situation au clair: «Vous partez avec votre ami à Saint-Barthélemy et comment faites-vous pour le rejoindre le jour du départ et lui donner rendez-vous ? Il a bien un téléphone votre ami ?», interroge-t-il. Et T. W., de répondre : «Non, on ne s’est pas appelé, il n’a pas de portable», déclare le prévenu. Une énième allégation discutable et qui ne s’appuie sur «aucune preuve tangible» et «vérifiable» comme le relève plusieurs fois le président du tribunal.
Car les sanctions, pour un tel délit, peuvent se compter en années de prison, Michaël Ohayon demande que soit ordonné un supplément d’information avant de prendre ses réquisitions. Cela dans le but que des recherches d’identification des deux autres suspects soient entreprises à travers le fichier de la partie hollandaise. Ce qui permettra également à T. W. d’être à nouveau entendu par les gendarmes et de fournir des éléments probants permettant de valider ou d’infirmer sa version. Le tribunal reçoit la constitution de partie civile, émise par la banque victime du préjudice. Un renvoi, en date du 23 juin 2016, a été décidé.
 

 
Elle dépense 3 000 euros avec la carte bleue d’une mamie
 
Une ancienne aide à domicile était accusée d’avoir utilisé la carte d’une personne âgée dont elle s’occupait. Elle comparaissait devant le tribunal correctionnel ce jeudi pour abus de confiance.
 
Les faits d’abus de confiance reprochés à cette enseignante, exerçant dans le privé, remontent à septembre 2012 et se sont produits en métropole. La quadragénaire habitant désormais sur l’île, elle était jugée hier lors d’une audience collégiale au tribunal correctionnel de Saint-Martin.
Il y a un peu plus de trois ans, la prévenue travaille en tant qu’aide à domicile. Elle se rend trois fois par semaine chez G. G. qui réside dans une commune près de Nantes. C’est son fils qui, un jour, lit les relevés bancaires de sa mère et découvre plusieurs retraits effectués sur Internet et qui ne correspondent pas du tout aux habitudes de celle-ci. En effet, un billet d’avion et des extensions capillaires ont été achetés sur la Toile, pour un montant total de plus de 3 000 euros. N’ayant pas déclaré son déménagement, la suspecte dans cette affaire n’a été retrouvée que récemment par les forces de l’ordre. Entendue par les gendarmes, cette dernière a déclaré «ne pas savoir ce qui lui est passé par la tête». «Je ne suis pas habituée à ce genre de malversations et à l’époque, j’étais démunie et déprimée», a-t-elle affirmé, selon le procès verbal lu par Gérard Egron-Reverseau, le président du tribunal.
A la barre, hier, la prévenue explique avoir accepté un «cadeau empoisonné» de la part de G. G. avec qui elle s’entendait très bien. Selon sa version, la mamie dont elle s’occupait lui aurait volontairement dit de prendre sa carte bancaire afin de lui offrir un présent. «Même sa fille me faisait des cadeaux», insiste-t-elle, avant de poursuivre : «dans la profession, on sait que c’est un risque d’accepter les cadeaux de ce genre car cela peut se retourner contre nous. Je l’ai pris et c’était une erreur», se défend la quadragénaire qui dit avoir travaillé pendant quinze ans dans le social, sans avoir commis un seul faux pas. Le président du tribunal rejette cet argument : «je ne vois pas le risque dont vous parlez. On vous propose un cadeau et vous avez juste à dire «non», à refuser, point barre», rétorque-t-il, tentant de lui faire percevoir sa «drôle de manière de percevoir les choses». Surtout, il souligne son changement de version entre sa déposition et ses allégations le jour de l’audience. La suspecte nie en bloc. «Je ne vois pas les choses comme vous», conclut-elle, en s’adressant à Gérard Egron-Reverseau.
L’avocate de la défense, Delphine Tissot, a d’abord essayé de faire valoir l’exception de nullité de la citation, au motif qu’elle était incomplète. Ce qui a été rejeté par le tribunal qui a décidé de débattre et de juger l’affaire. L’avocate a plaidé la relaxe de sa cliente. Dans cette perspective, elle a mentionné l’absence de constitution de partie civile de la victime, qui, par ailleurs, n’a pas été entendue par les gendarmes. «Les liens entre ma cliente et G. G. n’ont pas pu être éclairés, de même que la remise volontaire ou non de cette carte bleue, ce qui est fort dommageable», note Delphine Tissot qui tente de démontrer que le délit n’est pas caractérisé et que des éléments manquent dans ce dossier.
Le tribunal verra l’affaire différemment et reconnaîtra la prévenue coupable des faits d’abus de confiance. Celle-ci est condamnée à six mois de prison avec sursis. Elle devra s’acquitter d’une peine d’amende de 1 000 euros.
 

 
89 pieds de cannabis pour sa consommation personnelle
 
Un homme de 27 ans comparaissait devant le tribunal correctionnel de Saint-Martin pour détention illégale de stupéfiants. Le 14 juin 2014, 89 plants de cannabis ont été retrouvés chez lui, à l’occasion d’une perquisition effectuée par les gendarmes dans le cadre d’une autre enquête. L’individu, au casier judiciaire vierge, explique que cette plantation était destinée à un usage strictement personnel. Lors de l’audience, son avocate, Delphine Tissot, a mis en avant l’argument selon lequel cette consommation, bien qu’absolument proscrite et répréhensible aux yeux de la loi, était liée à l’adhésion de son client au rastafarisme. Celle-ci s’appuie aussi sur l’absence d’homogénéité dans les plantes retrouvées – de taille diverses – qui dénote, selon elle, le fait que le suspect n’a rien du «dealer». Le prévenu est reconnu coupable par le tribunal et est condamné à un mois de prison avec sursis et 300 euros d’amende.
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