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Le public présent jeudi soir à «Kozé Agoa» sait tout sur le sanctuaire des mammifères marins, créé en 2012 et couvrant toute la zone marine des Antilles françaises pour protéger ces animaux.

Le sanctuaire des mammifères marins Agoa est la première aire marine protégée au monde dotée d’un statut international, inscrite dans la convention de Carthagène. Elle est gérée par l’Agence des aires marines protégées et dirigée par un conseil de gestion composée de 53 membres. Après une première réunion en Martinique le 21 mai 2015, ce conseil a tenu son second meeting à Saint-Martin, vendredi dernier (lire par ailleurs). La veille au soir, 200 personnes environ ont assisté à «Kozé Agoa», une conférence organisée au Centre culturel de Sandy Ground. On y a appris, grâce à Sophie Bedel, qu’au moins 25 des 31 espèces de mammifères marins de la Caraïbe fréquentaient le sanctuaire, dont certaines espèces peu connues, comme la baleine à bec de Gervais. Daniel Langlois, directeur du Parc marin canadien de Saguenay Saint-Laurent et membre du conseil de gestion, a présenté un court-métrage sur les baleines à bosse, qui se nourrissent dans les eaux canadiennes en été afin de prendre des forces avant de descendre passer l’hiver dans les eaux de la Caraïbe, où elles se reproduisent et mettent bas.
 
Yarari, Le nouveau sanctuaire néerlandais
Jean-Pierre Concaud, opérateur de «whalewatching» en Martinique, a parlé d’une activité en plein essor, une vingtaine de sociétés s’adonnant à l’observation des mammifères marins en Martinique et une dizaine en Guadeloupe, avec obligation de respecter une stricte réglementation, arrêtée par la préfecture. La directrice de l’Office du tourisme, Kate Richardson, lui a succédé en évoquant la nécessité de mener une politique de tourisme durable, notamment en développant l’écotourisme et pourquoi pas le «whalewatching». Paul Hoetjes, coordinateur de la politique de la nature au ministère néerlandais des affaires économiques et de la nature, a présenté le sanctuaire Yarari. Yarari, comme Agoa, est un terme amérindien que l’on pourrait traduire par «havre de paix» ou «lieu de bien-être». Comme pour Agoa, il s’agit de protéger les mammifères marins, mais aussi les requins et les raies. Concrètement, une réglementation détaillée définit la protection de ces animaux marins dans les domaines les plus divers, comme le transport maritime, les compétitions de bateaux à moteur ou l’interdiction formelle de pêcher un requin. Yarari concerne les eaux nationales de Saba et de Bonaire, toutes deux partie intégrante du royaume des Pays-Bas, et bientôt Saint-Eustache. Sint Maarten, Curaçao et Aruba ont fait connaître leur intérêt pour le projet, mais devront le soumettre au vote de leurs élus. L’idée est de multiplier les aires marines protégées dans toute la Caraïbe, où les mammifères marins sont encore parfois chassés, comme à Saint-Vincent, Bequia et dans les Grenadines.
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