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Face à l’effroi que les attaques du 13 novembre ont suscité dans le monde, le nord et le sud de l’île ont fait corps et témoigné leur soutien à une France endeuillée.

Alors que l’état d’urgence a été déclaré sur l’ensemble du territoire métropolitain, Saint-Martin, où le plan Vigipirate a tout de même été renforcé, a tenu à rendre hommage aux victimes des attaques terroristes du 13 novembre à Paris. Hier lundi, dans les jardins de la Collectivité, dignitaires des deux parties de l’île et simples citoyens ont répondu à l’appel de la présidente Aline Hanson. Près de trois cents personnes sont ainsi venues faire une minute de silence ainsi que déposer des fleurs ou allumer une bougie au pied du monument aux morts. Aucun discours n’a été prononcé. Seuls l’émotion et le recueillement étaient de mise, en particulier lors d’une vibrante Marseillaise interprétée avec justesse par notre jeune chanteuse Tamilia Chance.
 
La veille dimanche, un rassemblement pour la paix s’était tenu sur la jetée de Marigot. Vêtues de blanc, près de cent cinquante personnes ont manifesté leur « compassion » et leur « amour pour les victimes » des attentats, mais aussi pour les « vies péries sur notre île et dans le monde entier » comme le rappelle Séverine, à l’origine de cette mobilisation qui s’est organisée via les réseaux sociaux. « Forcément comme tout le monde, j’ai été très touchée par les événements de Paris. Mais je suis aussi très touchée quotidiennement par ce qui se passe sur notre île. L’idée, c’était de faire un rassemblement POUR la paix et non d’être CONTRE quelque chose. »
 
SE RASSEMBLER, UNE ÉVIDENCE
 
Pour Patrick, restaurateur bien connu de la place, ce rassemblement était une évidence. « Je suis certainement un des premiers à avoir relayé ce rendez-vous sur Facebook. C’est important de se réunir et je pense que tout le monde est d’accord avec moi. C’est très triste ce qui s’est passé. Ca aurait pu arriver à n’importe qui ! » Magali, maman de deux enfants, partage ce sentiment et apprécie d’autant plus de vivre dans la Caraïbe. « C’est vrai qu’ici on est privilégié. On n’est pas exposé au terrorisme comme en métropole. Même si on n’est pas sur place, on est solidaire de ce qui se passe là-bas et des victimes. » Affectée, la jeune femme reconnaît avoir versé quelques larmes à l’écoute des témoignages dans les médias.
 
 
Réactions dans le milieu scolaire
 
Les images et les discours, qui ont suivi les attentats du 13 novembre à Paris, ont ému les adultes mais aussi les plus jeunes.
Hier lundi, dans les différents établissements de l’île, le sujet a été ouvertement abordé par les maîtres et les professeurs avec leurs élèves. Une enseignante de premier cycle (CM1) raconte qu’avec les enfants, « ils ont abordé les valeurs de paix et réfléchi sur le vivre-ensemble à travers des écrits et des dessins. »
 
Dans le second cycle, une professeure de français en classe de 4ème a été surprise par le nombre d’élèves qui portaient un T-shirt noir ou arborant un « I Love Paris. » « Spontanément, plusieurs délégués de classe ont demandé le droit de chanter la Marseillaise pendant la récréation. J’ai eu le sentiment qu’ils avaient le besoin d’être rassurés sur les raisons de ces attaques et sur la notion de guerre. Il y a eu beaucoup de questions comme «est-ce qu’il y a des terroristes à Saint-Martin ?» ou «est-ce qu’ils vont bombarder la France ?».
 
Au lycée, un professeur d’histoire-géographie rapporte qu’il a surtout travaillé à dissiper les amalgames entre musulmans et islamistes. « Nous avons remis les événements en perspective dans le contexte géopolitique et fait un parallèle avec les attentats de Charlie Hebdo ainsi qu’une mise en garde sur les informations qui circulent sur internet. » La journée a donc été placée sous le signe de l’échange mais aussi du recueillement puisqu’une minute de silence a été observée dans les établissements du bassin.
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