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Les attentats meurtriers de Paris ont suscité une série de mesures dont la déclaration de l’état d’urgence, qui ne s’applique pas en Outre-mer.

Les 15, 16 et 17 novembre ont été déclarés jours de deuil national en hommage aux victimes des attentats commis à Paris le 13 novembre. Lundi, François Hollande s’est exprimé devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles. « La France est en guerre » a déclaré d’emblée le chef de l’Etat, qui a ensuite annoncé plusieurs mesures. « J’ai demandé une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU » a t-il poursuivi, afin d’adopter « une résolution marquant cette volonté commune de lutter contre le terrorisme ». Le président de la République a également annoncé une intensification des frappes en Syrie, un décret pour « prolonger l’état d’urgence de trois mois ». Il a aussi proposé d’interdire de séjour sur le territoire les individus binationaux qui présentent « un risque de terrorisme ». François Hollande s’est en outre engagé sur la création de « 5000 emplois supplémentaires de policiers et de gendarmes d’ici deux ans », « 2500 postes » pour le ministère de la Justice et sur le renflouement de l’administration des douanes à hauteur de 1000 postes supplémentaires. « Je considère que le pacte de sécurité l’emporte sur le pacte de stabilité » a enfin martelé le chef de l’Etat.
 
QUE VEUT DIRE « ÉTAT D’URGENCE »
L’état d’urgence décrété par le président de la République dans la nuit du 13 au 14 novembre est en place sur l’ensemble du territoire de France métropolitaine, mais pas dans les Outre-mer. Le Conseil des ministres réuni le 14 novembre à minuit a en effet adopté un décret, publié au Journal officiel le 1jour même, qui ne concerne pas les territoires ultramarins. L’état d’urgence est une disposition exceptionnelle prévue par la loi du 3 avril 1955. Celle-ci autorise notamment les préfets, dans un contexte de trouble grave à l’ordre public, à instaurer des couvre-feux sur les territoires où ils le jugent nécessaire et élargit les possibilités de perquisition de jour comme de nuit.
 
En métropole et en Corse, les préfets de chaque département sont donc désormais en mesure de restreindre la liberté d’aller et venir des personnes en mettant en place des zones de protection ou de sécurité, ou en interdisant la circulation dans certains lieux. Ils peuvent également interdire le séjour dans certaines parties du territoire à tout individu susceptible de créer un trouble à l’ordre public, réquisitionner des personnes ou des moyens privés, autoriser des perquisitions administratives, interdire certaines réunions publiques ou fermer provisoirement certains lieux de réunion. Enfin, les représentants de l’Etat peuvent assigner à résidence toute personne dont l’activité s’avère dangereuse pour la sécurité et l’ordre public.
 
A noter que des contrôles sont renforcés aux frontières par les forces de l’ordre et par les douanes.
 

 
Pas d’état d’urgence mais une vigilance renforcée à Saint-Martin
 
L’état d’’urgence a été décrété par le Président de la République sur le territoire métropolitain et en Corse mais ne s’applique pas aux Outre-mer actuellement. « Le plan Vigipirate reste appliqué dans la posture actuelle de vigilance renforcée » indique la préfecture. La préfète a donc demandé aux forces de gendarmerie et de police d’accroître les dispositifs de sécurité des ports, des aéroports, et des sites sensibles. A l’heure actuelle, il n’y a pas d’interdiction générale des manifestations : « la tenue des rassemblements et événements est appréciée conjointement par le préfet et les maires à la fois sous l’angle de la sécurité et sous l’angle de la compatibilité avec le deuil national décrété par le Président de la République » indique la préfecture de Région.
 

 
RÉACTIONS
 
Les élus locaux condamnent les attaques meurtrières de Paris
 
La présidente de la Collectivité a fait part, dès vendredi soir, de sa peine après les attentats de Paris. « L’attaque massive qui vient de se dérouler à Paris a touché notre pays en plein cœur. La capitale a été plongée dans le chaos, et une fois encore, ce sont des innocents qui sont la cible de la barbarie terroriste. Mes premières pensées vont aux victimes et aux nombreuses familles qui sont endeuillées en ce bloody Friday 13. Je pense aussi au pays tout entier, aux Français de métropole, aux Français de l’étranger, aux Français de l’outre-mer et aux Saint-Martinois, qui ont reçu cette nouvelle avec beaucoup d’effroi et une grande tristesse. En ce moment difficile pour notre pays, restons unis autour des valeurs fondatrices de liberté, égalité et fraternité qui font la force de la France. Ces valeurs, nous devons les brandir en toutes circonstances pour qu’elles continuent à illuminer notre pays. De nombreux Saint-Martinois vivent à Paris ou y sont actuellement en vacances ou en déplacement, je leur demande de suivre scrupuleusement les consignes du gouvernement et d’éviter autant que possible de sortir de chez eux.
Je suis en contact régulier avec la préfète Anne Laubies qui se trouve à Paris et qui me tient informée des directives du gouvernement.
Le premier ministre de Sint Maarten Marcel Gumbs m’a téléphoné, afin d’adresser un message de soutien et de coopération à notre pays. Le gouverneur de Sint Maarten Eugène Holliday m’a lui aussi assurée de tout son soutien et a présenté ses condoléances. J’ai adressé un message au Président de la République via son conseiller outre-mer Marc Visy et à la ministre des Outre-mer, George Pau-Langevin, afin de témoigner du soutien indéfectible de la population de Saint-Martin à l’ensemble des Français. Tous deux ont été sensibles à nos messages et remercient chaleureusement les Saint-Martinois pour leur solidarité ».
 
Le député et le sénateur, actuellement en métropole, ont également condamné les attentats de Paris sur les réseaux sociaux. Daniel Gibbs : « Je suis sans voix, alors que la France est encore touchée au coeur par des attentats dans sa capitale. Toutes mes pensées aux victimes et aux forces de l’ordre ». Guillaume Arnell : « Paris a été lâchement frappée par des attentats. Solidarité et pensée pour les victimes ».
 
 
Le Barreau de Guadeloupe déplore des actes « atroces »
 
Le Barreau de la Guadeloupe, Saint Martin, Saint Barthélemy condamne « avec la plus grande fermeté les actes atroces et la violence aveugle qui ont endeuillé Paris la nuit du 13 novembre 2015 ». « Il partage l’indignation et l’émoi unanime suscités par ces actes ignobles. Il s’incline humblement devant la mémoire des victimes innocentes dont la vie a été injustement fauchée. Il tient à exprimer sa compassion et sa profonde solidarité envers les familles et les proches des personnes disparues et envers les blessés marqués à tout jamais dans leur esprit et dans leur chair.
Ces atrocités proches de nous frappent nos consciences et nous interpellent au plus profond de nos êtres. Elles nous rappellent que d’autres victimes innocentes à travers le Monde paient quotidiennement le tribut du sang et de la désolation au fanatisme, à l’obscurantisme et à la haine ».
Le Barreau en appelle « au sens du discernement et de la responsabilité de tous et de chacun » et appelle « à éviter toute forme de récupération, d’amalgame et de stigmatisation d’une partie de la population en raison de sa religion ou de ses origines ». Il entend aussi rappeler « son attachement indéfectible aux valeurs de Justice et d’Humanisme et invite chacun d’entre nous à œuvrer chaque jour davantage pour la construction d’une Humanité plus fraternelle ». Le bâtonnier Jamil Houda a tenu à conclure par une citation de Georges Bernanos : « L’espérance est la plus grande et la plus difficile victoire qu’un homme puisse remporter sur son âme. »

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