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Le comité de suivi des fonds européens s’est réuni à Saint-Martin mardi et mercredi derniers.

Notre territoire parviendra t-il à mobiliser les 69 millions d’euros disponibles dans la nouvelle génération de fonds européens ? Manifestement « tous les voyants sont au vert » selon le représentant de l’autorité de gestion Eric Berthon, secrétaire général aux affaires régionales de Guadeloupe. Cette manne financière de la programmation 2014-2020 doit permettre de financier les infrastructures, le développement économique, la formation, le secteur agricole et la pêche, ou encore des projets de coopération avec Sint Maarten. Pour en évaluer l’état d’avancement, un comité de gestion se réunit deux fois par an.
 
Cette semaine, l’instance s’est donc mobilisée pour la deuxième fois en 2015 afin d’éplucher l’évolution de la programmation européenne à Saint-Martin. Ceci, en présence de correspondants de la Commission européenne, des services du SGAR (secrétaire général aux affaires régionales) de Guadeloupe, de la présidente Aline Hanson et de tous les partenaires (Education nationale, CCISM…). Cet organe décisionnel définit en effet les grandes orientations de la programmation en cours.
 
DES FONDS DÉJÀ MOBILISÉS
A Saint-Martin, la programmation 2014-2020 est « dynamique » selon M. Berthon, qui s’est satisfait d’un « excellent » comité de suivi. « Il y a déjà énormément de fonds attribués » confirmait Aline Hanson. Le FEDER, qui a doté notre territoire de 38,6 M€ sur 2014-2020, est en effet déjà mobilisé à hauteur de 10%.
 
Des enjeux importants existent aussi dans la mobilisation des crédits du FSE, qui ont doté Saint-Martin à hauteur de 17 M€ pour financer les politiques en faveur de l’emploi, la lutte contre le chômage longue durée et la formation.
Le FEADER (Fonds européen agricole pour le développement rural) vient tout juste d’être adopté par la commission européenne et octroie à Saint-Martin 3 M€, ce qui représente une progression importante par rapport à la précédente programmation (68.000 €). Elvira Bakker, de la direction générale de l’agriculture à la commission européenne, se félicitait elle d’une bonne anticipation : « cette programmation a déjà suscité la création de nouvelles organisations (ndlr : dans la filière élevage et la pêche). On se dote de structures pour utiliser les fonds européens, on anticipe ».
A noter que le FEAMP (Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche) doit être validée par la commission européenne d’ici la fin de l’année. Saint-Martin devrait en bénéficier à hauteur de 769 000 €.
« Dès le début de l’année 2016 il sera possible d’utiliser toute la panoplie d’aides » annonce le SGAR.
 
PLUS D’AUTONOMIE POUR ST-MARTIN
La grande nouveauté de cette nouvelle génération de fonds européens réside dans la montée en puissance de l’autonomie de gestion pour notre territoire. « On a franchi une étape » confirme M. Berthon. En 2013, la Collectivité avait d’ailleurs préparé le terrain en créant la direction des politiques contractuelles pour le suivi des subventions versées par l’Etat et l’Europe. Ce service dispose aujourd’hui d’une gestion directe pour ce qui concerne une bonne partie de l’enveloppe FSE : sur les 17 M€, 10,3 M€ peuvent être ventilés par la Collectivité en partenariat avec les services de la préfecture des îles du Nord. La validation par la préfecture de Région en Guadeloupe, n’intervient que dans un second temps. Quant au FEDER, Aline Hanson entendait rappeler que « beaucoup de porteurs de projets ont été validés localement ».
 
Restera à convaincre les porteurs de projets à mobiliser les fonds disponibles pour cette programmation 2014-2020 : sur la précédente période, le représentant de l’Etat alors en fonction avait déploré une trop faible mobilisation. Et ce qui n’est pas demandé, n’est pas donné.
 
 
L’Europe, ça vous parle ?
 
La notoriété de l’intervention européenne sur le territoire de Saint-Martin fait actuellement l’objet d’une étude afin de définir une stratégie de communication adaptée. L’enjeu, c’est que les crédits alloués soient correctement mobilisés pour éviter qu’ils ne restent à Bruxelles car les porteurs de projets n’auraient su / pu se les approprier. Cette enquête a été lancée au mois d’octobre et apporte déjà ses éclairages. Dans la population saint-martinoise « l’Europe est associée à une forme d’ouverture mais aussi de restrictions, les normes sont perçues comme contraignantes » détaillait la consultante du cabinet Qualistat. L’institution génère donc quelques sentiments positifs : « diversité, aspect multiculturel, monnaie forte, passeport européen, puissance économique ». Mais la lointaine Europe suscite aussi des sentiments plus critiques : « hausse des prix, perte de la souveraineté des états, bureaucratie ». Quant aux fonds européens ils « cristallisent les frustrations d’une population qui a le sentiment de ne pas pouvoir prendre toute sa place dans le développement du territoire ». L’étude de notoriété a déjà conclu qu’il faut « utiliser l’anglais ». Ceci, pour « montrer que tous les saint-martinois peuvent en bénéficier ». Elle prône donc une communication adaptée : « si on veut que les Saint-Martinois se sentent concernés, il faut aller vers les supports qui sont les leurs et qui leur permettent d’accéder à l’information ».
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