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Vendredi dans la soirée, le Sénat a adopté la loi prolongeant l’état d’urgence dans les mêmes termes que l’Assemblée nationale, ce qui enclenche une promulgation rapide du texte par le président de la République.

Appelé à intervenir en discussion générale du projet de loi relatif à la prorogation du dispositif sur l’état d’urgence et au renforcement de ses dispositions, le sénateur Guillaume Arnell, qui s’est exprimé pour le groupe RDSE, a apporté son soutien à l’action du gouvernement. « Mes premiers mots comme mes pensées vont d’abord vers les victimes innocentes et pleines de vie des attentats odieux perpétrés il y a une semaine à Paris, ainsi qu’à leurs familles plongées dans la peine et l’incommensurable douleur » a indiqué en préambule le sénateur de Saint-Martin. Il également transmis ses pensées « aux forces de sécurité et aux services de secours qui ont fait preuve d’un grand courage et d’une grande efficacité dans leurs interventions ».  
Guillaume Arnell a ensuite justifié la position de son groupe vis-à-vis des mesures prises par le gouvernement au lendemain des attentats meurtriers de Paris. « L’instauration de l’état d’urgence a permis des mesures d’exception. Monsieur le Premier ministre, comme l’a exprimé le Président Mezerd à la tribune du Congrès, nous vous soutenons lorsqu’il s’agit de prendre des mesures visant à rétablir la sérénité de nos concitoyens et leur droit à la sécurité, condition sine qua non de l’exercice de toutes les libertés : parmi lesquelles celle d’exprimer librement ses pensées, celle d’avoir ou de ne pas avoir de religion, celle d’aller boire un verre à une terrasse ou celle d’écouter la musique de son choix ».
 
«À SITUATION TRÈS EXCEPTIONNELLE, MESURES EXCEPTIONNELLES»
 
« Nous faisons aujourd’hui face aux agissements d’une secte terroriste qui peut frapper n’importe où » voulait rappeler le sénateur de Saint-Martin. « Ces fanatiques sont pour la plupart nés et ont grandi sur notre sol. Cela interroge sur la faillite de nos politiques en direction de quartiers qui sont trop souvent devenus des zones de non-droit. Il ne faut pas s’y tromper, les jeunes qui partent faire le djihad, embrigadés et animés par une haine féroce de notre société, révèlent un malaise profond, à la fois social et identitaire. Sans oublier la faillite éducative de parents dépassés, n’ayant plus la moindre autorité sur leurs enfants. Il nous faut agir à la racine du mal, si l’on veut tarir le recrutement du terrorisme islamiste ».
A la tribune du sénat, Guillaume Arnell a interpellé ses collègues sur le principe de laïcité, qui doit « reprendre le dessus et irriguer nos politiques publiques ». Il a aussi confirmé que son groupe soutenait la réponse militaire apportée par le gouvernement au lendemain des attaques de Paris : « nous approuvons et nous soutenons la réorientation de notre stratégie par le Chef de l’Etat, comme il l’a indiqué devant le Congrès, tout simplement parce que sur cette question la fin justifie très clairement les moyens ».
Sur la modification de la loi du 3 avril 1995 qui permet de proroger l’état d’urgence et de renforcer ses dispositifs, le sénateur de Saint-Martin a confirmé la position de son groupe : « à situation très exceptionnelle, mesures exceptionnelles » non sans rappeler que « l’état d’urgence n’a pas vocation à être pérennisé et le blanc-seing que nous vous accordons aujourd’hui n’a de sens qu’avec un véritable contrôle du Parlement, suivi d’un retour à une situation conforme au respect des libertés fondamentales ».
« Comment ne pas approuver le texte présenté, tant celui-ci apparaît nécessaire, comme le démontre depuis une semaine le travail de nos forces de l’ordre. On comptait mercredi matin 414 perquisitions, 600 interpellations, 157 assignations à résidence, 705 armes saisies dont 11 de guerre. Et ces chiffres ont encore augmenté… Les mesures autorisées par l’état d’urgence permettent l’assignation à résidence d’individus potentiellement dangereux. Nous savons que cette potentialité constitue le principal enjeu de la lutte contre le terrorisme puisqu’il faut pouvoir intervenir avant le passage à l’acte ». « Monsieur le Premier ministre, nous vous soutenons et nous approuvons l’adoption conforme du texte ».
Le groupe de Guillaume Arnell a néanmoins interpellé le gouvernement sur une question de procédure : « Ne faudrait-il pas que vous saisissiez le Conseil constitutionnel avant la promulgation de la loi, comme cela avait été fait pour la loi du 13 novembre 2014 relative à la lutte contre le terrorisme et celle du 24 juillet 2015 relative au renseignement ? ». Le sénateur de Saint-Martin a conclu son allocution en revendiquant « une réflexion de long terme » lorsqu’il s’agira de sortir de l’état d’urgence.
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