Temps de lecture estimé : 6 minutes
Les insultes à gendarmes, lorsqu’elles sont accompagnées de menaces de mort, sont jugées par le tribunal correctionnel réuni en audience collégiale, comme ce fut le cas jeudi dernier.

Pédé! Je te promets que si tu restes à Saint-Martin t’es mort! Je te percute avec ma voiture». Même proférés sous l’empire d’un état alcoolique indéniable, ce genre de propos adressés à un gendarme a toutes les chances de vous envoyer devant le tribunal correctionnel. C’est ce qui est arrivé à T.R., né à Saint-Martin en 1972, poursuivi pour outrage à personne dépositaire de l’autorité publique, mais aussi violences sur sa compagne. Le soir du 22 mai 2015, dans un bar de Quartier d’Orléans, T.R., considérablement alcoolisé, fait le joli cœur avec une jeune femme. Manque de chance, sa compagne travaille dans la supérette située juste en face et assiste à la scène en direct. Elle traverse la rue pour remettre les pendules à l’heure et est accueillie par des insultes. Elle l’attrape au col, il la pousse, elle tombe, il lui donne un coup de bouteille sur la tête, la frappe au visage, elle se relève, attrape une chaise pour se défendre, il s’empare d’une queue de billard juste avant que, appelés par une bonne âme, les gendarmes arrivent. Mais leur arrivée ne calme pas T.R.
 
«ELLE S’EST FAIT MAL TOUTE SEULE ?»
Alors que les militaires s’adressent à sa concubine, l’individu se rapproche, leur dit qu’ils peuvent s’en aller et recommence à se montrer agressif avec elle. L’un des gendarmes le repousse et, vu son état d’ébriété, il tombe sur le dos. Finalement, les gendarmes escortent la femme jusqu’à sa voiture pour qu’elle récupère son sac avant d’aller aux urgences, et c’est là que les insultes fusent.
Devant le tribunal, T.R. fait amende honorable en ce qui concerne les injures et la menace de mort, il regrette et s’excuse. Pour les coups, il modère sa responsabilité : «elle s’est fait mal en tombant sur le billard». «Elle s’est fait mal toute seule?» lui rétorque le président Égron-Reverseau. De toute évidence, ce monsieur à l’alcool agressif, comme le constate le procureur Michaël Ohayon avant de requérir une peine de 90 jours-amende à 10 euros. Son avocate explique que le couple existe depuis 14 ans, que c’est la première fois qu’il la frappe et qu’ils se sont expliqués depuis. Il a été condamné au paiement de 90 jours-amende*.
 
*En cas de défaut total ou partiel de paiement, le condamné sera incarcéré pour une durée correspondant au nombre de jours-amende impayés. L’exécution de l’emprisonnement le libérera de sa dette.
 

 
Faux billets et vrais mensonges
 
Entre mai et septembre 2014, une dizaine de commerçants s’étaient plaints d’avoir été payés en faux billets de 20 et 50 dollars. Des billets de piètre qualité, mais qui avaient pu faire illusion au moment du paiement.
 
En septembre 2014, trois individus avaient été interpellés par les gendarmes chez un commerçant de Hope Estate, juste après qu’une commerçante de Cul-de-Sac, pas dupe, ait fourni leur signalement et leur numéro de plaque d’immatriculation à la gendarmerie. Deux d’entre eux ont été jugés jeudi dernier en correctionnelle. Devant le tribunal, les faussaires tombent des nues. Le premier a trouvé dans une poubelle la planche de dollars contrefaits découverte à son domicile pendant la perquisition. L’autre dit qu’il ignorait totalement que ces billets étaient faux, que tout le monde sur l’île en avait à cette époque-là et que c’est quelqu’un qui les lui a donnés. Également jugé pour le vol d’un ordinateur portable, il se demande par quel miracle ses empreintes digitales ont pu être relevées à l’intérieur du volet roulant bloqué pendant le cambriolage. Le fait que tous deux aient déjà été condamnés et, pour l’un, incarcéré, pour vol aggravé, recel et vol avec violence ne joue pas en leur faveur. Et il y a des preuves. La perquisition a permis de mettre la main sur des billets portant le même numéro que ceux donnés aux commerçants et des photos de billets de banque posés sur une photocopieuse ont également été découvertes dans le téléphone portable de l’un des faussaires. Ils ont tous deux été condamnés à six mois de prison ferme. Les deux prévenus absents ont également écopé de peine de prison.  
 

 
Des mouvements bancaires suspects
 
C’est en raison d’un signalement de Tracfin au procureur de la République qu’un garagiste a comparu jeudi dernier devant le tribunal correctionnel.
 
Après avoir été alerté par les banques locales, dans l’obligation de le faire, la cellule de «Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins» à Bercy – Tracfin – s’est inquiétée de constater entre 2010 et 2012 des mouvements de change importants sur les comptes personnel et professionnel de ce garagiste. 250.000 euros, 284.000 euros, 176.000 dollars… De quoi mettre la puce à l’oreille aux renseignements qui en ont informé le parquet. Pendant sa garde à vue, ce commerçant – gérant de fait pendant la maladie du gérant de droit – a reconnu avoir déposé 100.000 euros en chèques sur son compte personnel, «parce que les chèques sont encaissés en 24 heures sur un compte personnel et en plus d’une semaine sur un compte professionnel». Et qu’il avait rapidement besoin de beaucoup de cash pour payer les véhicules qu’il achetait aux enchères aux Etats-Unis pour ses clients de Saint-Martin. L’enquête a mis en lumière plusieurs infractions, sans retenir toutefois l’escroquerie ni la fraude. «Quand on l’entend, on a l’impression qu’il débarque,» remarque le procureur avant de rappeler comment fonctionne une société. «Les sociétés commerciales sont définies par le code du commerce, elles ont leur vie propre, leur vie sociale, leurs actifs, leurs passifs». Et de poursuivre : «S’est-il personnellement enrichi sur l’appauvrissement de sa société? On ne condamne pas de la même manière un patron qui part se promener autour du monde et ce prévenu. Mais il y a des victimes, notamment les impôts et l’URSSAF». Une peine d’avertissement de huit mois d’emprisonnement avec sursis, assortie d’une amende, a été requise. Mis en délibéré, le jugement sera rendu le 17 décembre prochain.
 

 
L’inquiétude des parents d’élèves
 
Suite à notre article paru le 20 novembre dernier, relatant une audience du tribunal correctionnel où un enseignant était poursuivi pour attouchements sexuels, l’Union des parents d’élèves de Saint-Martin (UPESM) interpelle les autorités. 
 
Nous, représentants élus de l’UPESM, sommes stupéfaits de lire dans le journal le St-Martin’s Week et le Pélican du vendredi 20 novembre 2015 des faits relatant une affaire devant la justice concernant un enseignant du lycée. Nous sommes conscients du caractère privé de cette affaire, mais sommes néanmoins inquiets de savoir que nous confions chaque jour nos enfants à des personnes censées les accompagner dans leur apprentissage. Nous leur faisons confiance pour nous aider à faire de nos enfants de futurs citoyens respectueux de la morale. Nous ne pouvons pas comprendre qu’un enseignant puisse avoir un tel comportement.
Nous exigeons de part de monsieur le Recteur et de son représentant à Saint-Martin une explication, et prennent les décisions indispensables afin que cet enseignant ne se trouve plus devant nos enfants ».
Commenter avec Facebook

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.