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Une vaste enquête de santé incluant la population des deux côtés de l’île débute. C’est la première action forte de l’Observatoire de Santé, instance de coopération entre Saint-Martin et Sint Maarten.

La population de Saint-Martin / Sint Maarten est-elle en forme ? Pour réaliser cette photographie épidémiologique, une enquête de santé inédite et menée à l’échelle de toute l’île vient juste de démarrer sous le slogan « How healthy is Sint Maarten Saint-Martin ». Quelque 4000 personnes d’âge adulte (hors celles hospitalisées), qu’elles résident au Sud comme au Nord, ont été tirées au sort et vont être invitées à y participer jusqu’à fin décembre. Dès aujourd’hui, et si vous résidez sur l’île depuis au moins six mois, attendez-vous donc à peut-être recevoir la visite de l’un des 62 enquêteurs spécifiquement formés à ce type d’exercice. Ils parlent anglais, français, espagnol, créole, et se présenteront dans les foyers, en journée ou en soirée. Ces interviewers très spéciaux seront munis d’un badge professionnel permettant de les identifier. Dans chaque foyer, la personne qui sera soumise à enquête sera l’adulte dont la date anniversaire est la plus récente.
 
Les données recueillies resteront anonymes et seront liées à un numéro qui ne pourra être retracé qu’à des fins de contrôle. Il n’y a aucune obligation de se soumettre à cette enquête, qui reste cependant d’une importance capitale pour faciliter les prises de décision des gouvernements et rendre leurs programmes de santé publique plus performants.
 
QUE VA-T-ON VOUS DEMANDER ?
Les personnes qui accepteront de jouer le jeu se prêteront à un entretien d’environ une heure. On vous demandera par exemple votre pays de naissance, votre situation professionnelle, l’état de votre vision, de votre audition. Vous serez aussi interrogés sur vos aptitudes physiques, vos éventuels problèmes de santé et vos antécédents ; Seront également passés au crible la santé mentale (stress, médication…), le niveau d’activité physique, l’alimentation, la consommation d’alcool et de tabac, etc.
 
Pour obtenir une image complète de l’état de santé de la population, l’enquête inclut également un libre examen physique, auxquels les interviewers ont également été formés pour l’exécuter. Il s’agira par exemple de mesurer la tension artérielle, le taux de glycémie, la taille, le poids. Une petite goutte de sang pourra également être prélevée.
 
À QUOI SERVIRONT LES RÉSULTATS ?
Au terme de l’enquête, les données ainsi recueillies et traitées permettront, par exemple, d’ajuster les politiques de vaccination locales et d’évaluer les besoins de la population en ce qui concerne la prévalence des maladies présentes sur le territoire. Les conclusions de l’étude seront donc mises à disposition des chercheurs, des décideurs et du grand public. Quant aux instances qui gouvernent chaque côté de l’île, elles seront plus éclairées pour mener des actions communes et concertées en matière de santé. Il va, par exemple des épidémies qui se déclarent sur l’île comme ce fut le cas pour le chikungunya et qui doivent absolument recevoir une réponse commune. En matière de santé, sur un territoire aussi exigu que le nôtre où circulent librement les biens et les personnes, il n’y a pas de frontière.
 
 
Des enquêteurs prêts à l’action
 
Ce sont les « interviewers » qui vont toquer à votre porte si vous avez été tirés au sort pour participer à l’enquête de santé. Ils ont été formés à l’University of St Martin (Philipsburg), avec le concours de l’université des îles Vierges Britanniques. Les formateurs sont venus des Etats-Unis pour apprendre aux 62 hommes et femmes, déjà impliqués dans des carrières sanitaires et sociales, à relever correctement les indicateurs de santé. Faites-leur bon accueil !
 
 
Santé : la coopération peut enfin démarrer
 
La coopération transfrontalière en matière de santé peut désormais prendre son envol grâce à l’Observatoire de Santé, association loi 1091 implantée en partie française et principalement financée par des fonds européens.
 
L’étude de santé actuellement lancée sur toute l’île constitue le point de départ opérationnel de l’Observatoire de Santé. Fruit d’une longue gestation, puisque créée en octobre 2010, l’instance est née d’une volonté de coopération entre la Collectivité de Saint-Martin, chef de file du projet, le gouvernement de Sint Maarten et le centre hospitalier Louis-Constant Fleming. D’un coût total de 1,01 millions d’euros, l’Observatoire est principalement financé par le Fonds européen de développement régional (FEDER) au titre du programme INTERREG Caraïbes IV (programme européen visant à promouvoir la coopération entre les régions européennes et le développement de solutions communes). Le projet a bénéficié d’une première dotation de 578.777 € grâce à une convention attributive d’une subvention FEDER signée entre la présidente Aline Hanson et le président de l’Observatoire, Louis Jeffry. Dans un premier temps, la COM a attribué la somme de 200.000 € pour les actions menées en 2015. Au total, l’Observatoire de Santé est financé à 75% par la COM (qui bénéficie des fonds européens) et à hauteur de 25% par le gouvernement de Sint Maarten (qui finance de sa poche).
C’est le 4 septembre dernier que se tenait la première assemblée générale extraordinaire de l’Observatoire de Santé, sous la houlette de son président le docteur Louis Jeffry. S’y trouvaient notamment la vice-présidente de la COM en charge du pôle Solidarité et Famille Ramona Connor, la vice-présidente en charge de la CTOS Rosette Gumbs-Lake, la ministre de la Santé de Sint Maarten Rita Bourne-Gumbs ou encore du directeur de l’ARS Pascal Godefroy.
L’Observatoire de Santé mènera d’autres enquêtes que celle qui vient de débuter. Ses travaux permettront d’établir une cartographie des maladies chroniques et d’obtenir ainsi des statistiques précises. Un enjeu important à l’échelle de l’île.
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