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Dans un communiqué l’ARCHA (association des restaurateurs, commerçants, hôteliers et artisans de Grand-Case) revient sur la décision votée en Conseil Exécutif le 17 novembre dernier confirmant l’interdiction de transats sur la plage et de certaines activités nautiques. 

Le bureau de l’ARCHA ayant pris connaissance de l’adoption par le conseil exécutif de la Collectivité d’un arrêté portant notamment sur l’interdiction de certaines activités nautiques et de l’occupation illégale du domaine public, tient à informer la population de sa profonde inquiétude quant à la perception par nos élus des enjeux économiques et sociaux auxquels est confronté notre territoire. Cette décision représente un formidable gâchis tant politique qu’économique que nous ne pouvons que dénoncer ».
L’ARCHA reconnaît que « le contenu de l’arrêté englobe diverses problématiques dont le fondement juridique ne saurait être contesté (obligation de bacs à graisse, absence d’AOT, etc…) », mais affirme « regretter au niveau politique le manque de concertation avec les principaux intéressés, alors qu’il existe une association représentative, pouvant faciliter le dialogue ». « On préfère se passer de l’avis des principaux acteurs pour analyser objectivement une situation et prendre les mesures correctes pour satisfaire le plus grand nombre ».
L’association de Grand-Case déplore également « qu’une décision aussi importante n’ait été adoptée, selon nos informations, que par une seule voix (pas une voix de plus, non, mais par une voix et 5 abstentions…) ».
 
DES RESPONSABILITÉS « PARTAGÉES »
« Nos élus se laissent parfois abuser par une minorité active qui, revêtant les habits du généreux défenseur de l’intérêt général, décide de demander l’appui de la force publique forcément irréprochable pour combattre d’autres citoyens devenus tout à coup d’égoïstes profiteurs prêts à toutes les violations. Le sentiment d’injustice est d’autant plus ressenti que l’occupation du domaine public par des transats semble être une faute bien légère comparée à d’autres transgressions dans ce domaine.
Une bonne politique consiste à organiser la vie de la cité dans l’intérêt de tous en essayant de réduire les tensions et de satisfaire le plus grand nombre par la concertation et le compromis. Il s’agit, bien sûr, également, de faire respecter la loi; mais quand pour satisfaire la demande de plus en plus pressante de leurs clients certains ont demandé des autorisations non entendues; quand le laxisme a été préféré à la rigueur et à la compréhension des attentes de nos touristes, il nous semble que les responsabilités, dans cette occupation abusive, soient pour le moins partagées ».  
 
PRÈS DE 50% DE PERTES
Sur le plan économique, l’ARCHA déplore « une prise de décision ne tenant compte d’aucune information initiale sur son impact économique. Pour certains établissements, cela représente la perte de plus de 50% de leur chiffre d’affaires du lunch; se résoudre à cette perte c’est s’obliger aux licenciements et à la perte d’une part importante de TGCA ».
« Si les restaurateurs ont été nommés comme les principaux contrevenants, quel sera le sort des petits hôtels et résidences touristiques disséminés tout le long de la plage? Peut-on concevoir que des investisseurs interdisent dorénavant à leurs clients, ayant choisi un hébergement sur la plage, qu’ils ne pourront plus s’y installer confortablement? Il est difficile de délivrer des permis de construire pour résidence hôtelière sans tenir compte des prestations qui doivent en découler. On ne peut affirmer que le tourisme soit notre seule industrie sans consentir certains droits à ceux qui en sont les acteurs ou les clients ».
 
LES PROPOSITIONS DE L’ARCHA
« Certes, la plage de Grand-Case ne peut et ne doit subir le développement vécu par la Baie Orientale. Grand-Case est un village préservé qui se doit d’affirmer son identité en respectant son environnement. C’est cette authenticité qui en fait justement le village le plus apprécié par nos visiteurs. Ce sentiment est partagé par les habitants et les commerçants (qui bien souvent sont les mêmes…) quoi que certains en disent ».
« L’économie ayant horreur du vide, tôt ou tard, la plage sera réinvestie par des transats ou par tout autre concept attirant le tourisme. Doit-on encore attendre des occupations sauvages alors que les solutions pérennes et les cadres légaux existent pour satisfaire la population, les commerçants, la Collectivité ? »
« Les restaurateurs et les hôteliers ne demandent qu’à respecter la loi. Négocions avec la Collectivité la création et l’octroi d’AOT pour les activités existantes. Celles-ci, limitées en surface, soumises à des servitudes strictes (nombre de transats permis, distance de la mer, etc..) limiteront les occupations sauvages et feront de leurs détenteurs les gardiens du statu quo créé et les collaborateurs attentifs des pouvoirs publics. Inutile de souligner que ces AOT constitueraient un revenu supplémentaire, par ces temps de disette, pour les finances publiques ».
En ce qui concerne les activités nautiques, l’ARCHA prône la « recherche de solutions viables dans le respect des lois pour que ceux qu’on a laissé investir puissent exercer, en accord avec le respect et la sécurité des usagers de la plage ».
L’ARCHA « espère et veut croire que nos élus comprendront nos préoccupations et nos inquiétudes, notre volonté de compromis, notre indéfectible désir d’aller de l’avant, tous ensemble, pour préserver notre cadre de vie tout en forgeant les outils de notre développement commun ».
 
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