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A l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, les associations saint-martinoises se mobilisent.

Parmi les structures qui prennent en charge les victimes, Le Manteau de Saint-Martin se mobilise afin de marquer la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, célébrée le 25 novembre : le centre d’accueil organise une projection en avant-première du film Les Suffragettes à Sandy Ground, ce vendredi à 19h30 (et non mercredi pour des raisons de disponibilité du cinéma). Un film dramatique de la réalisatrice britannique Sarah Gavron, avec les actrices Carey Mulligan, Helena Bonham Carter et Meryl Stripp, autour du combat des femmes pour pour obtenir le droit de vote au début du XXème siècle en Angleterre. La projection sera suivie d’un débat avec une avocate et une psychologue afin de connaître les droits des femmes et comprendre le fonctionnement psychologique d’une femme battue.
 
Chaque année en France, plus de 216.000 femmes de 18 à 59 ans sont victimes de violences physiques ou sexuelles de la part de leur ancien ou actuel partenaire. Ce chiffre ne couvre pas l’ensemble des violences au sein du couple puisqu’il ne rend pas compte des violences verbales, psychologiques, économiques ou administratives. Par ailleurs, 86.000 femmes indiquent avoir été victimes de viol ou de tentative de viol, et seules 10% d’entre elles déposent plainte. Ces chiffres soulignent l’ampleur de ces violences inacceptables qui ont de très lourdes conséquences sanitaires, psychologiques, économiques et sociales. A Saint-Martin, plus de 200 plaintes sont déposées par an.
 
SORTIR DE LA DÉTRESSE ET DE L’EMPRISE
Il convient de rappeler que les portes de l’Espace écoute à Concordia sont ouvertes le jeudi matin de 10 heures à 12 heures. « En cas de problème, on peut toujours se tourner vers Le Manteau de Saint-Martin ou la gendarmerie, qui peuvent mettre en place un dispositif d’hébergement d’urgence, assure Audrey Gil, la présidente du centre d’accueil. Le travail entrepris par ces femmes victimes de violence avec les professionnels leur permet de trouver de l’aide, de se reposer, de reprendre leur vie en main, de passer de la détresse et de l’emprise à l’autonomie et à la liberté. Notre objectif est de protéger les femmes victimes de violences mais aussi leurs enfants. »
IMAGES ET SLOGANS CHOC
Comme à chaque Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le club-service Soroptimist prépare une initiative. Cette année, pas de manifestation sur le Front de mer de Marigot mais une campagne de sensibilisation par des images et des slogans choc qui débutera ce mercredi sur les murs de l’île. « En tant que club de femme, on se mobilise au quotidien pour la condition des femmes et des enfants, commente la Past President Janine Hamlet. Et on profite de cette journée pour rappeler que les femmes doivent lutter contre les violences grâce à l’éducation et au leadership. »
 
UN CERTAIN MANQUE D’UNITÉ
Ce jeudi, Fanm Vayan et des jeunes du lycée des Iles du Nord partiront à l’assaut des ondes. « Ces jeunes sont victimes ou témoins de violence et en parleront au micro de SOS Radio, en compagnie de Billy D, explique Lena Constant, la présidente de l’association. Les jeunes savent parfois beaucoup plus de choses que leurs aînés sur cette question des violences faites aux femmes. Nous avions d’ailleurs été surpris l’an dernier à l’occasion d’une opération similaire. » L’action se poursuivra en décembre à la Maison des ados, certainement un samedi, avec des jeunes et leurs parents.
La présidente de Fanm Vayan regrette toutefois le manque d’unité entre les structures locales qui viennent en aide aux femmes victimes de violences. « La semaine dernière en Guadeloupe, une centaine d’associations de femmes de la Caraïbe étaient réunies, dont des associations de Saint-Martin, de Saint-Barthélemy et d’Anguilla. Ici, nous sommes trois associations mais on n’arrive pas à faire des choses ensemble. »
 
 
Oranger le monde !
 
La campagne du Secrétaire général des Nations Unies « Tous UNiS pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes » a proclamé tous les 25 du mois une « Journée orange », nous invitant tous à porter du orange pour appeler à l’élimination sans réserve, hésitation ni délai de la violence contre les femmes. La première « Journée orange » de la série a été célébrée le 25 juillet 2012. Initiée et dirigée par la campagne de l’unité du réseau Global des Jeunes, l’objectif est de mener une sensibilisation permanente du public à la question de la violence contre les femmes et les filles, et non plus seulement une fois par an, à l’occasion de la célébration de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes (le 25 novembre). La Journée orange vise à susciter l’intérêt dans le monde entier sur le fait que la violence contre les femmes et les filles est une violation des droits de l’homme et d’appeler à son éradication sans réserve ni équivoque.
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