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Ce n’est pas tant la valeur du vol – six paires de lunettes, dont cinq ont été restituées – mais le calme et la détermination du voleur armé d’un couteau que le tribunal correctionnel a jugé hier. Deux ans de prison, dont un avec sursis, soit un an ferme.

Le mois dernier, C.S., un métropolitain d’une trentaine d’années, entre dans une boutique de lunettes du West Indies Mall. Il essaie une paire de Gucci, demande à la vendeuse de les mettre de côté, puis passe au rayon Cartier, où il hésite entre cinq paires de lunettes parmi les plus chères. Les six paires sélectionnées étant disposées sur un comptoir, il «réfléchit» et demande à la vendeuse qui se trouve derrière lui s’il peut payer avec une carte bancaire. Oui, bien sûr. C’est alors qu’il se retourne, fait face à la jeune femme, sort un couteau de son sac banane et lui dit «Ne bougez pas, c’est un braquage,» avant de se saisir des lunettes et de prendre la poudre d’escampette. Choquée et en pleurs, la vendeuse donne l’alerte. Le voleur sera rapidement retrouvé et rendra les cinq paires de lunettes Cartier. Aux gendarmes, il raconte qu’il avait un petit couteau sur lui, au cas où on l’agresse, car l’île est dangereuse. Il nie avoir menacé l’employée avec et dit l’avoir jeté à la mer une fois son forfait commis. Pourquoi a-t-il volé ces lunettes? Juste parce qu’il en avait envie et ne pouvait pas se les offrir. «C’est du grand n’importe quoi!» lance le juge. Le commerçant et la vendeuse ont chacun demandé 1000 euros de dommages et intérêts, le premier pour la paire de Gucci qu’il n’a pas récupérée, la seconde pour le traumatisme subi. Leurs demandes ont été reçues par le tribunal.
 

 
Les insultes, même gratuites, ont un prix
 
Pas une audience correctionnelle sans insultes aux forces de l’ordre… Hier, M., né en 1988 à Saint-Martin était jugé pour avoir traité les gendarmes de «F***ing c****ards» le 16 août 2015. Cette nuit-là, un contrôle routier a lieu rue Saint-James. M. est à pied, passablement éméché, et agresse verbalement les gendarmes, qui lui demandent de s’éloigner. Il rejoint un groupe sur une terrasse avoisinante, d’où il invective les hommes en bleu. Puis il revient vers eux en titubant, une bière à la main. Les militaires décident de le contrôler, il s’y oppose et les injurie copieusement. Les gendarmes lui passent alors les menottes, non sans difficultés. Devant le juge Égron-Reverseau, M. conteste s’être moqué des gendarmes avant son contrôle. Mais trois procès-verbaux attestent du contraire et détaillent des faits qui sont établis. «Pourquoi agir ainsi? Il n’y a aucune raison, sinon faire le malin devant un groupe d’amis,» constate le magistrat. M. a été condamné à 70 heures de travail d’intérêt général à effectuer dans un délai de 18 mois, sous peine d’écoper de deux mois de prison. L’un des gendarmes ayant demandé des dommages et intérêts, il devra lui verser 100 euros.
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