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Un an après la signature du Contrat local de Santé antre l’ARS et la COM, les autorités ont tenu à faire le point sur la concrétisation des objectifs affichés.

Afin de mieux prendre en compte les besoins de la population locale et du territoire en matière d’offre médico-sociale, le Contrat Local de Santé (CLS) était signé en décembre 2014 entre l’Agence régionale de santé (ARS) et la Collectivité, pour une période de trois ans. Vendredi dernier un premier bilan était dressé au regard des six objectifs affichés. « Au terme de cette première année les choses avancent » affirmait le directeur général de l’ARS Guadeloupe / Îles du Nord, Patrice Richard.
 
Pour lutter contre le surpoids et l’obésité, première priorité affichée, les autorités ont entrepris de travailler sur la sensibilisation à la nutrition et les activités physiques. Des séances d’éducation nutritionnelles devraient donc voir le jour dans les Maisons de Solidarités et Familles. Dans ce cadre l’ARS a budgété l’installation d’écrans pour projeter des films pédagogiques. De son côté la Collectivité a mis en place depuis près d’un an des sessions zumba dans les quartiers, histoire de faire bouger ses administrés. Ce sont surtout les très attendus « parcours santé », projet porté de longue date par la vice-présidente Ramona Connor, qui vont permettre d’agir au quotidien. Trois installations seront réalisées : au Galion (en partenariat avec la Réserve naturelle), à Marigot et à Concordia. L’ARS doit financer l’intervention quotidienne (deux heures) d’éducateurs sportifs spécialisés.
 
GARE AUX MALADIES DU MOUSTIQUE
Si la Dengue et le Chikungunya se font aujourd’hui discrets, le CLS prévoit néanmoins une attention particulière portée à la prévention sur les maladies vectorielles. D’autant que le Zika, cousin du Chikungunya déjà implanté au Brésil, guette dangereusement notre territoire : « il est vraisemblable que le Zika atteigne la Caraïbe » confirmait le directeur général de l’ARS Patrice Richard (lire aussi notre édition du 14 août sur ce sujet). En un an, la Collectivité a fait procéder à l’enlèvement de 183 épaves et tente de discipliner la population sur la gestion des déchets dits encombrants. En la matière, la tâche est encore vaste.  
 
SANTÉ MENTALE: AMÉLIORER LA PRISE EN CHARGE
Pour favoriser la coordination des acteurs et traiter plus efficacement les situations individuelles, le Contrat local de santé prévoyait l’installation d’un Conseil local en santé mentale. C’est chose faite depuis le 23 novembre. Sur le gros dossier du handicap, qui nécessite une attention toute particulière des pouvoirs publics compte tenu de l’indigence des infrastructures, le partenariat COM / ARS doit permettre de faire baisser l’incidence des cas non décelés. Le médecin traitant de la PMI va donc engager des visites dans les écoles maternelles et les structures d’accueil de la petite enfance. Autre action qui prendra place dès le début de l’année prochaine : la formation des aidants sur la maladie d’Alzheimer et dans la même veine, la reconduction d’un colloque sur cette pathologie. L’ARS prévoit aussi d’intervenir en matière d’aide à la parentalité dans le cadre des Maisons de Solidarités et Familles afin de favoriser la relation entre parents et enfants atteints de handicap.
 
HANDICAP, SENIORS ET JEUNESSE
Le Plan santé jeunes, qui figure parmi les objectifs du Contrat local de santé, a lui bénéficié d’une forte concrétisation avec l’inauguration de l’Espace santé jeunes la semaine dernière (notre édition du mardi 1er décembre). Objectif : « favoriser aux jeunes l’accès aux droits » précisait M. Richard. La jeunesse, point phare du Contrat local de santé, suscite aussi les préoccupations des autorités sur la lutte contre l’obésité : « nous allons favoriser l’installation de distributeurs d’eau dans les écoles » avançait le directeur de l’ARS. La lutte contre les addictions, la sensibilisation sur les vaccinations et la sexualité retiennent également l’attention des autorités et donneront lieu à des actions ciblées.
 
Quant au pôle médico-social qui doit permettre de faire face au réel besoin d’accueil et de prise en charge des personnes âgées et handicapées, il est déjà sur les rails. « L’utilité de la structure n’est plus à démontrer » justifiait la vice-présidente Ramona Connor, qui avait présenté le projet lors du dernier Conseil territorial. La Collectivité a en effet acté le lancement des procédures visant à solliciter les crédits auprès de l’Europe, de l’Etat et de la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie) pour ce projet de 27 millions d’euros qui permettra à l’EHPAD de passer de 40 à 70 places, de créer 20 places pour l’accueil des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, 44 places pour les jeunes atteints de déficience mentale et autisme, une maison du handicap de 40 places, un établissement et service d’aide pour le travail de 15 places et un centre d’action médico-social précoce de 15 places pour les jeunes présentant des retards ou des difficultés, ainsi qu’un SESSAD appelé à suivre une quarantaine d’enfants en intégration scolaire.
 
Le Contrat Local de Santé entre la COM et l’ARS arrivera à son terme à fin 2017. D’ici là, les objectifs affichés sont censés donner lieu à des actions concrètes. A suivre.  
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