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La société Verde-SXM transforme désormais les algues brunes en compost. Les premiers sacs de seront disponibles en janvier.

Depuis plusieurs années, sur l’Ecosite des Grandes Cayes, la société Verde-SXM fabrique du compost à partir de déchets verts, de boues de stations d’épuration ainsi que de vidanges de fosses septiques et de bacs à graisses. A présent, il faudra ajouter un apport de 10 % de sargasses dans la composition de ce mélange organique, certes peu ragoûtant sur le papier mais dont les plantes raffolent.
Depuis le début de la campagne de ramassage des algues brunes sur notre littoral, l’Ecosite en a déjà reçu 200 tonnes. « Au début de la campagne, il y en avait peu, raconte Jean-Pierre Tey, directeur d’exploitation de Verde-SXM. Depuis octobre, ça arrive plus rapidement grâce aux brigades vertes. Et puis c’est bien fait. » Pour sa part, Anne Marie Bouillé, directrice de l’environnement et du cadre de vie à la COM, se réjouit de la mise en service de la machine Scarbat à la Baie Orientale. «  Les algues sont vraiment criblées. Elle est tip top ! »
 
UN COMPOST SOUS CONTRÔLE
 
Pour un bon compost, que le ramassage soit manuel ou mécanique, il est important que les sargasses soient correctement égouttées et séparées du sable avant qu’elles n’atteignent le site des Grandes Cayes. Sur place, les algues continuent à être égouttées à l’air libre pendant un mois, puis elles entament un processus de huit semaines de compostage. Dès janvier, après réception des résultats d’analyses de l’équilibre carbone/azote (C/N), Verde-SXM commercialisera son compost et son mix à base de sargasses. « On fait attention pour qu’il n’y ait pas d’excès en métaux lourds, explique Jean-Pierre Tey. Tous les trois mois, on fait analyser des prélèvements. Jusqu’à présent, ça va toujours alors on va faire en sorte que ça continue. »
 
VENTE AU DÉTAIL
 
L’autre nouveauté est que Verde-SXM propose maintenant ses produits au détail. Habituée à travailler avec la Collectivité et les paysagistes, la vente au détail devrait permettre à la société d’attirer une clientèle de particuliers soucieuse de faire des économies et de consommer local. Quant à la qualité, le compost estampillé « Fabriqué à Saint-Martin » n’a rien à envier à ses concurrents d’Europe ou d’Amérique. A titre d’exemple, le directeur d’exploitation rapporte une expérience personnelle. « A la maison, j’ai un pied de tomates qui est monté à 3 mètres de haut. Je n’ai rien fait d’autre que de lui mettre un peu de compost au pied. » Les conditions climatiques ont fait le reste. Prix de départ : 4,20 euros pour un « petit sac » de 25 kg. Information et commandes: 06 90 82 32 14 ou 06 90 73 13 30.

Huit semaines de maturation, 1200 tonnes par an
 
À Saint-Martin, le compost mature en seulement huit semaines au lieu de huit mois en France. Jean-Pierre Tey enfile sa blouse de biologiste. « Pour que les bactéries se développent, il leur faut un environnement entre 25 et 35 degrés. On y est tout le temps à Saint-Martin. En plus, il leur faut à manger, il leur faut de l’eau et il leur faut de l’air. » Remuez le tout pendant 8 semaines, à raison d’une fois par semaine, et vous obtenez un compost prêt à l’usage. « Il ne faut pas le laisser à maturation trop longtemps sinon ça minéralise et il ne reste plus rien. » Un précieux gain de temps mais aussi de surface pour Verde-SXM qui produit 1200 tonnes par an de compost (produit fini) sur seulement 500 m2. En France, son activité compost se serait étendue sur près de 2 hectares.

Apports sales : 150 euros par tonne
 
Le directeur d’exploitation de Verde-SXM est exaspéré et met en garde les usagers : « Pour que le compost soit propre, arrêtez de balancer des plastiques et des bouteilles en verre avec les déchets verts. Dès janvier, on va commencer la chasse. On va taper dans le portefeuille. Tous les apports sales seront facturés 150 euros la tonne. Si tout le monde fait n’importe quoi, on ne va pas y arriver. Donc il va falloir mettre en place le tri à la base. Mieux c’est trié et moins c’est cher ! Je ne peux pas sortir les bouteilles une par une dans le compost, alors que c’est facile de ne pas en mettre. Il faut éduquer les gens. » Jean-Pierre Tey fait allusion en particulier aux entreprises d’entretien d’espaces verts et à leurs employés.
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