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Jugé hier à l’audience du tribunal correctionnel, ce jeune homme de 21 ans prévenu pour recel de vol s’est emmêlé dans ses explications.

En février 2014, les vigiles de la Baie Orientale remarquent un homme portant un sac à dos volé une semaine plus tôt, reconnaissable grâce aux images d’un vol à l’arraché enregistrées par la vidéosurveillance, sur lesquelles le voleur n’est pas identifiable. Appelée, la gendarmerie contrôle l’individu, qui reconnaît avoir été présent sur la Baie Orientale vers midi, à l’heure du vol, mais raconte qu’il a trouvé le sac à dos par terre. Une montre GPS Garmin se trouvait dans le sac et sera retrouvée lors de la perquisition à son domicile. Comment l’a-t-il obtenue? Devant le tribunal, il raconte que la montre était dans le sac quand il l’a trouvée. Le juge Égron-Reverseau lui rappelle alors qu’il a déclaré aux gendarmes l’avoir achetée 100 dollars à quelqu’un dans la rue. Où est la vérité? «Je ne me souviens pas, c’était il y a longtemps,» répond-il en se grattant la tête.
 
LE RECEL PLUS GRAVE QUE LE VOL
Le fait qu’il ait été condamné pour vol aggravé juste après ces faits à 3 ans de prison, dont la moitié avec sursis, ne plaide pas en faveur de sa bonne foi. Le procureur Michaël Ohayon, s’il ne peut pas démontrer que cet individu est l’auteur du vol, remarque toutefois qu’il est poursuivi pour recel de vol, un délit plus sévèrement puni que le vol simple, le receleur connaissant la provenance frauduleuse de l’objet et s’étant bien gardé de signaler sa «trouvaille» aux autorités. Condamné à trois mois de prison avec sursis et 120 heures de travaux d’intérêt général à effectuer dans un délai de deux ans, il essaie de négocier sa peine contre une amende, parce qu’il n’a pas envie de travailler pour rien. Mais il finit par se taire, le juge l’ayant informé qu’il disposait d’une batterie d’autres sanctions s’il insistait.
 

 
Déni de violences conjugales
 
Selon lui, tout est de sa faute à elle. Mis il n’a pas convaincu le tribunal, réuni en audience correctionnelle hier matin à Marigot.
 
En octobre dernier, une femme vient porter plainte à la gendarmerie pour violences conjugales. La veille, de retour d’une soirée bien arrosée, son concubin jaloux a commencé par l’agresser verbalement, parce qu’il l’avait vu embrasser un homme sur les deux joues devant le Calmos Café. Dans leur appartement de Grand-Case, il a rempli un seau d’eau qu’il a renversé sur elle alors qu’elle était couchée, mais aussi sur le petit lit de leur enfant de trois ans. La tension monte et le couple en vient aux mains. Mais elle est la seule à porter les marques de cette violence, comme le prouvent les photos et l’ITT accordée par le médecin. Et ce n’est pas la première fois qu’il la frappe, c’était déjà le cas le mois précédent, ainsi qu’elle désire le préciser dans sa plainte. Lui, un jardinier haïtien de 53 ans, nie tout en bloc. Non, il n’avait pas bu, répond-il au juge, «seulement des bières».
Il ne boit pas, n’est pas violent, mais…
Et c’est elle qui est jalouse et qui l’a frappé. Les marques qu’elle porte sur les bras et les épaules? Elle a une peau qui marque dès qu’on la touche. Il n’est pas violent… mais a été condamné en 2008 à 18 mois de prison dont un an avec sursis pour violences sur sa concubine. Il ne boit pas… mais son alcootest s’est révélé positif lors d’un contrôle de la route en avril dernier. Ils vivent toujours ensemble, la concubine a retiré sa plainte et n’est pas présente à l’audience. Pourquoi ne le quitte-t-elle pas? Peut-être parce qu’elle dépend de lui et en a peur. Si ces violences, comme c’est le plus souvent le cas, se sont déroulées entre quatre murs et sans témoins, il existe des éléments objectifs. «Il dit qu’il l’a maintenue, pas frappée, mais on est dans le domaine de la violence avec les hématomes et les lésions constatés par le médecin,» considère le procureur. «Voulez-vous ajouter quelque chose?» lui demande le juge, «Non, je n’ai pas de problème». Il a été condamné à trois mois de prison avec sursis.
 

 
Condamné pour abandon de famille
 
Le père jugé pour abandon de famille à l’audience correctionnelle du 3 décembre dernier a été condamné à trois mois de prison avec sursis et mise à l’épreuve sur deux ans. Cela signifie qu’il devra verser la pension alimentaire qu’il doit à la mère de ses enfants sous peine d’être incarcéré. Il a également été condamné à payer 3000 euros de dommages et intérêts à son ex-épouse, ainsi que 1500 euros pour ses frais de justice. Il avait invoqué le fait qu’il voulait bien payer, mais qu’il ne le pouvait pas, en raison des crédits qu’il réglait pour la voiture de son ex et son domicile. En réaction à cette explication, le juge avait remarqué que ce monsieur pouvait fort bien constituer un dossier de surendettement et ainsi respecter ses obligations vis-à-vis de sa famille.
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